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YANIS KOUSSIM, RÉALISATEUR, À L'EXPRESSION

"J'ai voulu filmer la frontière entre la réalité et la fiction"

Par
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Réalisateur et scénariste algérien, Yanis Koussim travaille actuellement sur son premier long métrage qu'il avait laissé en stand-by depuis quelques années suite à des désagréments avec ses anciens producteurs. Aujourd'hui confiant, il est en plein montage de son long métrage expérimental intitulé «Alger By night».
Il découlerait sans doute de son amour de la nuit, déjà abordé dans un Web doc sorti en 2015. Pour rappel, c'est au cours de ses études de droit, qu'il poursuivait dans sa ville natale, Sétif, que Yanis Koussim décide de devenir cinéaste. Il commence alors à faire des courts documentaires, en Algérie et à Paris, puis apprend le métier sur le terrain en devenant assistant sur des tournages, ce qui lui permet d'approcher des réalisateurs tels que Philippe Faucon et Costa-Gavras. Après un bref passage par la Femis, Yanis Koussim tourne son premier court de fiction non amateur Khti («Ma soeur») en 2007 (il avait déjà tourné deux courts de fiction auparavant), sélectionné dans divers festival dans le monde (Maroc, Émirats arabes unis, France, Espagne, etc.). Khti reçoit deux Prix de la réalisation en Algérie, et le Silver Award au Damascus International Film Festival. Le dernier court métrage de Yanis Koussim, Khouya («Mon frère»), salué par les critiques en Algérie, a décroché des prix à Locarno, Amiens et Corte et a été sélectionné en compétition internationale aux JCC, au Fespaco et au Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand. En novembre 2011, Khouya («Mon frère») et Coup de coeur France Télévision. Yanis Koussim a également deux longs documentaires à son actif, les deux en post-production, Mon papa est une légende... et Taxis d'Alger pour la chaîne Al Jazeera. Son long métrage qui déclare son amour à la nuit n'en est pas moins une loupe grossissante sur Alger et ses gens de la marge. La femme se taille aussi la part belle. Ce qui ne saurait nous étonner.... De quoi parle «Alger By night»? Plongeons donc dans ses méandres avec le réalisateur qui répond à nos questions, un soir, dans la pénombre des escaliers d'un immeuble...

L'Expression:Votre film a connu pas mal de péripéties. Il a été entamé il y a 4 ans, là vous êtes au stade du montage. Concrètement vous-en êtes où?
Yanis Koussim:
J'ai réussi après 4 ans à récupérer les droits du film. Ils appartenaient à une boîte de production et ils ont été transférés à une nouvelle boîte avec laquelle j'ai repris là où je m'étais arrêté. Je devais tourner une cinquième semaine qui était prévue contractuellement et je l'ai tourné. J'ai enchaîné avec le montage. Aujourd'hui, je considère que je suis arrivé à une étape assez avancée du montage. Il reste la post-production, du son, de l'étalonnage... Le film est fini, disons à 70%.

Qu'avez-vous rajouté de plus en termes de tournage?
Comme c'est un film assez expérimental, que ce soit dans la narration ou même dans la fabrication, j'avais projeté dès le début à partir du moment où j'ai su qu'on avait l'argent pour tourner le film, de tourner quatre semaines et d'aller en montage et tourner une 5e semaine, selon ce qui se passera...

C'est-à-dire?
A la base, le film est un documentaire, sauf que les personnes que je voulais filmer pour le doc n'ont pas voulu parler face à la caméra. Aussi, j'avais mis de côté le scénario et j'avais commencé à travailler sur un autre long métrage. J'aime la nuit à Alger. Ça me manquait. Je voulais absolument faire ce film, alors j'en ai fait une fiction qui reste très imprégnée du réel. Je me suis dit que je vais tourner comme si je réalisais un documentaire. Au départ, avec mes comédiens on a répété, puis je les ai lâchés dans un décor et je tournais comme si je suivais des personnages documentaires. Comme c'est une fiction, je me suis dit qu'on allait tourner quatre semaines et après au niveau du montage. J'allais voir comment ça se passe. C'est avec cette 5e semaine de tournage que j'allais écrire cette fiction en vrai. Dans le projet, c'était conceptualisé comme ça.

Racontez-nous un peu ce film alors...
C'est l'histoire d'une photographe qui déambule dans Alger et entame son travail en vue de faire une expo qui s'appelle «Alger by night». Qui donne le titre au film. C'est à travers sa vision d'Alger, des personnages qu'elle prend en photo, qu'on rentre dans le film et qu'on rentre dans la vie de ses personnages. Et ce, l'espace d'une nuit. C'est vraiment une fenêtre ouverte sur la nuit d'Alger, mais seulement une nuit. Le film suit cette photographe qui prend en photo ces personnes. Elle ne les croise pas. On ne sait pas si elle leur a demandé l'autorisation ou pas. Elle est dans une voiture avec son mari et elle prend les gens en photo. Durant cette nuit, elle prend en photo quatre personnes et un groupe de jeunes gens. Nous avons un vagabond, un jeune homme qui se prépare à sortir, plutôt aisé, une prostituée, une femme médecin qui fait des gardes de nuit et un groupe de jeunes rollers qui font un raid à Alger pour coller des affiches, car ils préparent une exhibition.

Pourquoi ces personnages-là?
Ce sont des personnes que j'ai déjà rencontrées en vrai. Ce sont des gens que je voyais souvent quand je sortais la nuit. Le vagabond, je le voyais dans un café qui restait ouvert 24h sur 24. Les jeunes en roller, j'en croisais tout le temps. Les prostituées, il y en a. La femme médecin je l'ai inventée et j'ai décidé qu'elle va être médecin. A la base, c'est une femme que je croisais très souvent. C'est un peu bizarre de croiser une femme plutôt d'un certain âge et classe dans les rues d'Alger, à pied, la nuit. Elle n'avait pas l'air d'être folle. C'est bizarre de penser qu'une femme dehors, dans la nuit, ne peut être que folle. C'était une dame qui sortait dehors pour fumer. J'avais des informations sur ces gens que je connaissais et j'ai essayé de remplir des blancs là où il y en avait. Ils sont dans le film et là où ça me manquait en terme d'infos ou de matière disons, c'est là où la fiction est intervenue. Sauf que j'ai vraiment voulu être dans le mode documentaire. La photographe en fait, prépare une expo. On sent qu'il y a une équipe de tournage qui la suit. J'interviens parfois dans le film. On entend ma voix aussi. Je donne des indications. Cela renvoie au processus de fabrication d'un projet où il y a de la photo, du cinéma, du documentaire et où la fiction va faire irruption dans le réel. J'ai voulu filmer la frontière qui existe entre la réalité et la fiction en fait.

La nuit renvoie à cette lisière, entre le rêve et l'éveil, le songe, le moment où tout peut basculer vers le possible, où l'on plane...
Ce qui est bien avec la nuit c'est qu'on peut se projeter dans tout ce qu'on veut. Chaque personne a sa propre nuit. Une pierre dans la nuit n'est pas la même en plein jour. La nuit peut être chargée de fantasme, de rêve, de magie, de possible...

Comment avez-vous financé ce film?
Le film bénéfice de l'aide du Fdatic. J'en suis supercontent et fier, car le sujet du film est assez délicat. On montre un aspect d'Alger qu'on ne connaît pas vraiment.
Les gens de la marge. Qu'on ne voit pas le jour. Le film est financé presque à hauteur de 80% par l'Algérie. J'en suis content. Après, on a eu le fonds du cinéma du monde du CNC français, l'aide d'un fonds norvégien, et le fonds d'aide à la production de Doha film Institute au Qatar. C'est comme ça que le film a été financé.

Etes-vous confiant quant à l'avenir de votre film Alger by night en Algérie?
Je pense que je n'aurai pas été quelqu'un de confiant et optimiste à la base avec tous les problèmes que j'ai eus avec ce film, je me serai déjà arrêté...J'entends des problèmes qui ne sont pas inhérents au film lui-même, pas d'ordre artistique ou technique. Toutefois, j'espère que je n'en aurai pas pour les prochaines étapes, mais j'entendais des problèmes d'ordre de production et d'organisation qui ont fait que le film a dû s'arrêter pendant 4 ans. Donc, si je n'avais pas été optimiste et persévérant... Oui on est obligé! Je pense à tous les gens qui ont travaillé dessus et soutenu le film, à toute l'équipe, les gens qui ont aimé mon travail, les comédiens etc. Je pense surtout à eux, c'est grâce à leur énergie qui fait que j'ai continué, si je n'étais pas optimiste, je crois que j'aurai tout arrêté. Donc, je reste optimiste. C'est surtout un film qui est financé par l'argent public de mon pays. Je ne peux pas en faire n'importe quoi. Je dois, non seulement mener à terme ce film, mais bien surtout. Je me dois de lui donner tous les moyens et la qualité requise d'un bon film.

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