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TIZI OUZOU A PERDU UNE À UNE SES SALLES OBSCURES

Une ville privée de cinéma

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Une ville privée de cinéma

Dans les années 60 et 70 jusqu'au milieu des années 80, il y avait toute une culture du cinéma.

Le Festival national du film amazigh vient de clôturer sa 18ème édition, sans attribuer l'Olivier d'or pour le long métrage, faute de film de qualité. La leçon est comprise, il faut travailler encore plus dur. Mais, le fait met en lumière aussi de nombreux problèmes, comme l'absence de salles de cinéma. Il est admis que la vie du cinéma est dans les salles. Mais aujourd'hui, beaucoup de voix s'élèvent et vont plus loin encore au point de se poser la question «s'il existe encore des cinéphiles. Ya-t-il encore un public pour les films?» En fait, le salles de cinéma ouvertes aujourd'hui, renseignent si besoin, sur une ébauche de réponse. Ce n'est pas le grand engouement pour les films projetés. Dans le meilleur des cas, les quelques ombres qui languissent encore dans le noir des salles se comptent sur les doigts d'une seule main. Pour un jeune rencontré dans une salle à Tizi Ouzou, les cinéphiles sont une race en voie de disparition. Ce sont des fantômes qui hantent les salles. Mais pourquoi les salles se sont-elles vidées?

Une question de culture perdue
Beaucoup de jeunes sont aujourd'hui plus accros aux écrans tactiles que leurs aînés des années 70 aux écrans géants des cinémas. «Je regarde en moyenne trois à quatre films par jour. J'adore regarder les films» reconnaît un jeune que nous avons interrogé. Mais, en fait nous ne sommes pas en présence d'un cinéphile. Karim est un accro des films mais en vidéo sur son téléphone portable et micro-portable. Beaucoup de jeunes aiment les films même s'ils sont anciens, mais ne veulent pas les voir dans une salle de cinéma. Beaucoup de témoignages corroborent ce fait, alors, nous nous sommes rabattus sur l'ancienne génération. Et là, nous avons découvert les traces d'un titanesque gisement hélas perdu. Beaucoup racontaient des souvenirs des films vus dans les salles de cinéma de la ville de Tizi Ouzou. «Dans les années 70, nous avions les programmes de toute la semaine dans toutes les salles de cinéma de la ville de Tizi Ouzou. Nous allions en groupe depuis le village. Arrivés en ville, nous nous séparions selon les goûts et les préférences», raconte avec nostalgie Arezki, la soixantaine.
Curieux et admiratif de la période, nous avons tenté de comprendre ce qu'il entendait par goûts et préférences pendant ces années où les villages vivaient sans électricité. Finalement, dans les années 60 et 70 jusqu'au milieu des années 80, il y avait toute une culture du cinéma. «Chacun achetait un ticket pour voir le genre de film qu'il aimait. Moi, par exemple, je préférais aller dans la salle l'Algeria. C'était une salle spécialisée dans les films hindous et les films égyptiens», ajoutait-il. Son ami, du même âge nous expliquait comment il se séparait de ses amis venus du village pour aller dans la salle Djurdjura. C'était la salle dédiée aux films américains. En ces temps-là, la grande salle de la Maison de la culture et le théâtre communal (actuel théâtre régional) projetaient des films quotidiennement. «A la fin des années 80, nous faisions l'école buissonnière pour regarder des films», racontait un autre homme avec amertume.
En 2017, en France, le CNC (Centre national du cinéma) établissait que le taux de fréquentation des salles de cinéma est estimé à 209, 2 millions d'entrées. Qui peut dire combien d'Algériens entrent dans une salle de cinéma en une année? Par les chiffres, le cinéma peut être diagnostiqué avant la réflexion à des solutions. Aujourd'hui, refaire les salles ne suffit pas. Faire des films ne suffit pas aussi.
La question est comment rappeler les cinéphiles pour les faire revenir dans les salles. «Je me souviens, il y a deux ou trois ans, j'étais à Alger, je me baladais en attendant un rendez-vous le soir. Je suis rentré dans une salle de cinéma. Nous étions deux seulement. La projection a été annulée, parce que le responsable qui nous a priés de sortir nous expliquait qu'il fallait au moins quatre personnes pour projeter. Imaginez un peu l'ampleur de la catastrophe», témoigne Omar. C'est pourquoi, aujourd'hui, personne n'a été étonné par la non-attribution de l'Olivier d'or du film amazigh.

Chiche, un indice de fréquentation pour le cinéma algérien
Une autre façon de concevoir le cinéma doit être recherchée car avant tout, le film vit par les entrées, donc par la multiplication des salles. Des salles, que seuls les films de qualité peuvent remplir. Et c'est paraît-il, de l'avis de beaucoup de personnes interrogées, la condition pour faire ressusciter les cinéphiles. Enfin, au vu de l'évolution rapide du monde contemporain, les nouvelles technologies pourraient ne pas laisser le temps de renaître aux cinéphiles. Ce mot lancé dans les années 50 d'ailleurs, a-t-il toutes les raisons pour exister...du moins chez-nous?

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