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JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DE LA FEMME

Regards pointus sur société misogyne

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Regards pointus sur société misogyne

Placée sous le thème de «l'égalité» et organisée par ONU Femmes, une belle exposition a été dévoilée, jeudi dernier, à la villa Abdellatif.

Cette exposition est le fruit d'une résidence de création artistique qui s'est tenue du 15 au 24 février à Alger. Elle a été organisée conjointement avec le ministère de la Culture, l'Aarc et ONU Femmes à la villa Abdellatif. 12 jeunes artistes (photographe, peintre, vidéastes, plasticiens) représentant différentes régions (Alger, Sidi Bel Abbès, Constantine, Mostaganem et Béjaïa) se sont réunis pendant une dizaine de jours autour d'une thématique centrale: l'égalité. Pendant le séjour à Alger, ces jeunes artistes au talent avéré et vraiment prometteur pour certains et confirmé pour d'autres, ont été encadrés par des professionnels des arts plastiques et visuels et ont participé à des conférences-débats et des projections de films qui abordent la thématique de l'égalité (harcèlement sexuel, violences faites aux femmes...). Ces rencontres ont été animées par des figures connues, comme les militantes Soumilla Salhi ou l'avocate Nadia Ait Zaï et autres intellectuels et artistes.
«Contribuer à renforcer l'engagement de la jeune communauté artistique algérienne dans la promotion des valeurs d'égalité, à travers les arts est l'objectif principal de ce projet» nous a-t-on indiqué. Car, faut-il le préciser, cette expo s'inscrit dans le cadre du programme de coopération entre le gouvernement algérien et ONU Femmes, intitulé «Renforcement de l'effectivité de l'égalité des droits entre les hommes et les femmes en Algérie.»
Soutenu par le gouvernement de la Belgique, ONU Femmes a donc tenu à rendre hommage aux luttes des femmes pour leurs droits à travers l'expression artistique de jeunes talents pour porter, nous a-t-on fait savoir «des messages d'égalité et de non-discrimination et rendre ces principes inscrits dans la loi algérienne». Voilà pourquoi cette expo a coïncidé avec la journée du 8 Mars, Journée internationale pour la lutte pour les droits de la femme. Aussi, force est de constater que la plupart des oeuvres tournaient autour de la condition de la femme dans la société et le regard que porte sur elle cette dernière.
Un regard souvent accusateur et sévère. Pour introduire cette exposition plusieurs allocutions ont été données en préambule par Samil Oulebsir, secrétaire général au ministère de la Culture, S.E. Pierre Gillon ambassadeur du Royaume de Belgique en Algérie, Eric Overst, coordinateur résident des opérations du système des Nations unies en Algérie et enfin Imane Hayef coordinatrice nationale des programmes ONU Femmes, en Algérie. Parmi les artistes exposants, on citera l'homme à la main du peuple. Ce dernier présentera une toile peinte en acrylique intitulé Homme et femme.
Avec juste un jeu subtil des doigts de la main donc Hadj Abderahmane Merine soulignera l'aspect sexuel de chacun, avec aussi un jeu de couleurs spécifiques pour l'un et l'autre en totale proportion, égale au niveau du tableau et de la taille des deux personnes suggérées. Dans une installation constituée de 32 fioles contenant du sang non coagulé, appelé «La femme est interdite et son sang est autorisé», l'artiste a voulu travailler sur la symbolique du sang et le chiffre 32. Je voulais sortir de mon travail, de la main du peuple et partir vers un autre travail, explorer une nouvelle chose. L'installation reste dans l'esprit de la main du peuple. 32 c'est deux puissance cinq. Deux mains puissance 5. Le 32 c'est aussi le chiffre qui renvoie à la justice et l'égalité entre la femme et les hommes chez le peuple phénicien. Aussi, c'est la multiplication des chromosomes pour faire un bébé. Quand on inverse le chiffre, ça nous donne 23.
Cela renvoie au chromosome 23, xx ou xy, c'est lui qui choisit le sexe du bébé», aussi poursuit-il: «Le sang a deux sens, un, médical et un autre, social/ le sang de la virginité. Toute la valeur d'une femme est dans sa virginité. Le côté médical, c'est parce que je l'ai vécu vraiment dans mon boulot car je suis infirmier anesthésiste à la base. J'ai eu le cas d'un homme qui ne voulait pas que sa soeur vienne le voir à l'hôpital parce que pour lui, elle doit rester à la maison, mais quand il a eu besoin de son sang pour une transfusion suite à une opération il n'a rien pu dire.»
Dans une vidéo appelée simplement «La cage», Mohamed Soumeur donne à voir une femme en plein patio, vue de haut, qui tourne en rond comme si elle était dans une cage. La surplombant un homme sur un toit assis, dominant la vue, semble être assis en train de l'épier tranquillement. Une façon de souligner le pouvoir qu'a l'homme sur la femme qui, lui, vit sans pression contrairement à la femme qui redouble de stress dans un environnement hostile et emprisonnant comme le nôtre. Luisa Belamri présente quant à elle trois oeuvres.
La première intitulée Union se déclinant en bois et mosaïque donne à voir un cercle présentant le centre de la terre ou «l'origine du monde», car en effet au milieu une bouche rouge pulpeuse où des lèvres sont bien discernables. Au milieu nous apercevons un ovule et un spermatozoïde. Faut-il une explication à cela? Dans un autre registre et travaillées cette fois sur un miroir, plusieurs taches de baisers en différentes couleurs sont visibles sur un miroir. En fait, il s'agit plutôt de baisers de garçon et ne provenant donc pas de bouches de filles.
Moralité de l'histoire: l'artiste qui nous induit en erreur express en donnant à voir des bouches de garçons, fait savoir que «le baiser est asexué». La photographe Mounia Gadouchi exprime quant à elle l'idée de l'égalité homme/femme à travers cette image d'une femme et d'un homme collés l'un à l'autre par le dos sans qu'ils puissent se voir donc, mais de cette façon c'est la forme une sorte de pilier, titre de cette oeuvre. Dans une courte vidéo bien sympathique, Daouya Feriel donne à voir de façon décalée «moughamarate el makhlouka» à travers la bande dessinée de Wonder Woman qu'elle fera parler en langue arabe.
Cette dernière se fait illico presto agressée par la voix d'un homme qui la somme de rentrer chez elle. A la fois drôle et réaliste, cette démarche assez spéciale donne une troisième lecture à cette BD qui la fait sortir de son carcan pour la plaquer à notre drame social et faire ressortir d'un coup les dysfonctionnements comportementaux des rapports hommes/ femmes chez nous. Ludique, cette vidéo très originale fait directement mouche. L'égalité est aussi sensuellement présentée dans la vidéo de El Heithem Ameur. Dans Skin, le jeune vidéaste nous plonge dans les dédales d'une peau à travers ses fragments de chair et de sillons. Parfois des cheveux longs viennent nous détourner de notre première impression. Est- ce un garçon ou une fille en fait? Beau travail en somme.

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