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3E FESTIVAL DE ANNABA DU FILM MÉDITERRANÉEN

L'être et ses démons...

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L'être et ses démons...

Entre «Fleur d'Alep» du Tunisien Réda Bahi et le film égyptien «Cheikh Jackson» notre préférence jeudi ira sans contrefaçon vers celui-ci.

Trois films ont marqué le premier jour des projections de films en compétition du 3e festival de Annaba du film méditerranéen jeudi dernier.
Une journée bien riche, qui succédera à l'ouverture, mercredi dernier, sous les coups de la zorna, de la liesse folklorique et cette cérémonie officielle, laquelle a vu la projection du film «Une famille syrienne». Jeudi donc, l'après-midi, le théâtre Azzedine Medjoubi a vu la projection en préambule d'un très bon film égyptien qui nous a bien remués tant par la subtilité du scénario traité que par les effets spéciaux utilisés et la pertinence du sujet abordé. «Cheikh Jackson» est une comédie dramatique de Amr Salama. Son synopsis: la mort de Michael Jackson provoque une crise identitaire chez un religieux musulman.
Le résumé semble incongru, voire délirant et pourtant, au rire s'imposera l'exubérance audacieuse d'un scénario qui sonde ô combien la personnalité du principal personnage qu'il finit par nous le rendre attachant, très crédible. Aussi, la vérité du scénario, ici, prime dans cette fiction inventée de toutes pièces.
L'histoire est en réalité tragique. C'est celle d'un petit garçon brimé dans son enfance, qui verra sa mère disparaître tôt et lui, vivre sous la tyrannie d'un père qui veut coûte que coûte le transformer en homme selon ses propres codes. Si ce n'est que le jeune garçon espère séduire une jeune femme de sa classe en devenant fan comme elle de Michael Jackson, jusqu'à apprendre à danser et s'habiller comme lui. Mais son père ne le voit pas d'un bon oeil.
Un jour le jeune «Jackson» quitte son père agressif pour aller se réfugier chez son oncle, homme religieux qui lui inculquera les règles cette fois de «Dieu» sur cette terre pour l'Au-delà.
Devenu imam, marié, la mort de Michael Jackson, des années plus tard, réveillera en lui des vieux démons cachés qu'il tentera de déterrer en se faisant psychanalyser entre autres. Pourquoi cette boîte de Pandore est venue s'ouvrir maintenant? Pourquoi cette «tombe» est-elle toujours là? Qu'est-ce que cet homme n'a pas encore fini de résoudre dans son existence pour «être» et pourquoi enfin a-t-il cessé de pleurer? C'est ce que nous allons comprendre au fur et à mesure que cet imam cherchera à comprendre en voulant crever l'abcès de son passé torturé.
Un film profond, réalisé avec justesse et surtout donnant à voir une écriture bien maîtrisée sur le plan psychologique, ce que le film Fleur d'Alep de Reda Bahi a échoué de faire, à notre sens. Projeté à la dernière séance, le film du réalisateur tunisien, invité d'honneur du festival, nous a, en effet, peu convaincus malgré l'importance aussi et la gravité du thème développé dans son film. L'on regrette en effet le manque d'épaisseur dans le traitement du personnage principal qu'est ce jeune garçon de 18 ans, perdu, dont les parents sont en cours de divorce et qui se retrouvera en Syrie aux côtés des islamistes «dits modérés» de la faction d'El Nasr, entraîné pour combattre le courant plus radical, Daesh. Pour le réalisateur, il fallait montrer cette nuance qui existe chez ces salafistes qui, estime-t-il sont «tous des victimes quelque part»... Si comme dans le film de Rachid Bouchareb, «Sur la route d'Istanbul» c'est toujours la mère qui part à la recherche de son enfant (ici dans Fleur d'Alep il s'agit de Hind Sabri dans le rôle d'une mère urgentiste se disant infirmière qui part en Syrie pour récupérer son fils), les périphéries semblent se ressembler et parviennent à finir par se résoudre à une caricature de la nébuleuse islamiste en Syrie.
Un sujet bien délicat qui avait mieux été cerné par un autre réalisateur tunisien, à savoir Nouri Bouzid avec son film «Making of». Pour le réalisateur Réda Bahi, ce genre de sujet, actualité oblige, reviendra souvent à coup sûr dans le cinéma mondial aujourd'hui. Encore faut- il bien le traiter, sinon en faire un documentaire, sommes-nous tentés de dire. Ce serait plus intéressant, voire constructif.

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