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YASMINE CHOUIKH, RÉALISATRICE DE CINÉMA, À L'EXPRESSION

"L'amour est l'expression la plus visible de la vie"

Par
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Son premier long métrage a été projeté jeudi après-midi au théâtre régional Azzedine Medjoubi de Annaba où il est inscrit en compétition officielle dans le cadre de la 3ème édition du festival de Annaba du film méditerranéen.
L'occasion de poser trois questions à sa réalisatrice, Yasmine Chouikh, sur notamment, la fabrication de son scénario son idée de base ainsi que le pourquoi de sa thématique dont le sujet de la femme semble être une des problématiques cruciales, souvent développé dans sa cinématographie. Le nom du film? «Jusqu'à la fin des temps».
Un film fort et poignant. Un film intimiste autant qu'il est sensuel et vrai. Gageons qu'il recevra un prix.

L'Expression: D'où vous est venue l'idée du scénario?
Yasmine Chouikh: A la base, le scénario c'était plutôt spontané. Les personnages sont venus tout seuls. Il y a eu bien sûr une première version que j'ai corrigée après pour pallier peut être les incohérences. À la base je n'avais pas une idée précise et je me suis mise à écrire.
Les personnages ont évolué tout doucement. Bien évidemment il y a un background en tant qu'individu, Algérienne vivant dans notre société et dans le monde. Si j'explique d'où est venu le sujet, c'est possible d'en trouver la raison. Mais un thème c'est une chose, et l'histoire en est une autre.
Le thème c'est de se dire d'accord, je vis dans une société algérienne. Nous vivons comme si nous étions dans un grand cimetière. Compter les morts quotidiennement, c'est devenu chose normale, ordinaire. Il y a ceux qui prennent le choix de vivre et d'autres qui prennent le choix d'arrêter de vivre alors que l'âme l'habite toujours. Je me suis posé ce genre de questions: à quel moment l'homme peut-il décider que sa vie est finie? Il y a la vie et il y a la mort. J'ai trouvé en fait que l'amour pour moi est l'expression la plus visible de la vie. Pour moi vivre veut dire: j'aime. C'est le premier sentiment attaché à la vie. C'est sacré. L'amour, je peux le filmer. Si je suis amenée à expliquer aujourd'hui la source de cette histoire je dirais que j'ai grandi dans une société, un monde qui ressemblerait à un grand cimetière. D'où le fait de m'interroger: qui a choisi de vivre et qui a décidé de prendre la direction de la mort et d'arrêter de vivre donc.

Parlez-nous de votre expérience avec Midi talent ou d'autres ateliers d'écriture et peut-on savoir ce qu'ils vous ont apporté dans votre nouvelle vision scénaristique, vos modifications du scénario?
En fait, j'ai fait plusieurs ateliers d'écriture, pas seulement Midi talent. J'ai fait aussi un atelier en Jordanie qui s'appelle Rawi qui est soutenu par le festival Sundance. J'ai fait aussi Sud Ecriture, en Tunisie. Tout ça m'a permis de mieux développer le scénario parce quand tu écris toute seule, il y a des choses qui apparaissent évidentes. Je suis aussi auteur-réalisateur donc je sais ce que je vais tourner. Finalement non. Car un scénario est un outil.
Ces personnes qui m'ont entourée, ce sont des scénaristes, des réalisateurs, producteurs. Ils ont travaillé avec moi pour déceler les choses qui n'étaient pas vraiment claires au niveau du scénario avant qu'on passe à la phase du tournage et où ce sera trop tard pour rectifier le tir. Où Il n'y aura pas moyen de récupérer. Je peux me dire que je vais le fabriquer toute seule. C'est faux! Scénariste c'est un des métiers qui demandent de travailler en équipe. C'est important pour le confronter après aux autres gens qui savent lire un scénario. L'apport de ces ateliers d'écriture a été important car ça a grandi le scénario et même moi en tant qu'auteure cela m'a grandi aussi.

On a remarqué que depuis le début de votre filmographie avec vos courts métrages que ce soit Bab ou encore Djinns et enfin avec votre premier long métrage la question de la condition de la femme dans notre société semble un sujet qui vous importe beaucoup. Parlez-nous en un peu..
Je suis une femme algérienne je ne peux échapper aux questions de la condition de la femme. Même si je suis amenée à écrire sur un mur ou sur une fleur, je serais toujours acculée à parler de cette condition humaine. Condition de l'homme aussi, pas que de la femme; condition de l'être humain. Peut-être que dans les scénarii de mes anciens courts métrages j'avais développé beaucoup plus l'aspect féminin dans l'accomplissement de l'être dans notre société. J'ai l'impression que dans ce scénario-ci j'ai essayé de travailler aussi sur l'homme. Pas que la femme. C'est vrai que nous, les femmes, on souffre d'un vrai problème de manque de liberté, mais quand on analyse la société, on se rend compte que l'homme souffre de la même chose. Juste l'image est différente. Je comprends peut-être moins ses difficultés comme la femme. Je pense qu'il faut avoir du courage aussi d'écrire sur un homme et tenter de le comprendre. Se dire peut-être qu'il me ressemble, que ressent-il? Avec bien sûr des données qui diffèrent. Donc je ne peux pas échapper à la condition de la femme. Je suis obligée d'en parler. Je dirai de l'être humain tout court. Car il doit vivre. Je dirai que c'est un être vivant. Je serai prête aussi à parler des droits d'un chien, ou d'une poule je le ferai. Peu importe notre croyance, mais si on croit en une entité qui a créé l'être humain, normalement il n'y aurait pas un être supérieur à l'autre sur cette terre.

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