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8ES JOURNÉES DU THÉÂTRE DANS LE SUD À ALGER

L'angoisse existentielle entre rires et larmes

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L'angoisse existentielle entre rires et larmes

La pièce de théâtre «Ightireb», une mise en garde contre le fatalisme social et intellectuel, a été présentée dans un registre tragi-comique, devant un public relativement nombreux.

Au quatrième soir des 8es Journées du théâtre dans le Sud, qui a coïncidé avec la Journée internationale du théâtre, célébrée le 27 mars de chaque année, l'association «Ichraq» pour les arts de la scène de Biskra a présenté, au Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi (Tna), un spectacle qui restitue le climat social frappé par le fatalisme de la classe ouvrière et la démission des intellectuels. Adaptée par Fatima Baroudi de l'oeuvre originale, «Les Emigrés» (1970), du dramaturge polonais Slawomir Mrozek (1930-2013), la pièce» Ightireb» a été soumise à une réécriture dramaturgique, signée Smail Soufit, mise en scène par Hocine Mokhtar. Deux comédiens, Aissa Lekhal et Tahar Rezzag, interprétant les rôles du journaliste et de l'ouvrier, respectivement, colocataires d'une pièce délabrée en terre d'exil, entrent dans un débat existentiel, où le premier tente de faire prendre conscience au second sur sa condition d'homme inconsidéré, exploité dans les chantiers des riches, pendant que son interlocuteur, assumant sa misère, lui rappelle son éloignement de la réalité et son égarement dans le débat stérile des intellectuels. D'une durée de 60 minutes, le spectacle a permis aux deux antagonistes d'entretenir une dualité, passant en revue l'ensemble des problèmes qui ont poussé au déracinement, dans des situations aux limites de l'absurde et aux échanges alternant rire et colère pour finir dans la douleur et la désillusion. Des pénuries d'eau entre autres, et la précarité des soins dans les hôpitaux, au manque de considération subi ailleurs, dans les chantiers et les milieux intellectuels, chacun des deux personnages allait de son argumentaire dans des dialogues au rythme ascendant et soutenu. Servi par un éclairage judicieux et une scénographie, signée Hamza Djaballah faite d'une vieille porte annonçant la précarité de la cahute, d'un mur et d'un cadre sur lesquels des dessins aux traits gras et aux formes différentes, consignaient les souvenirs et les blessures morales, le spectacle a été relevé par les chants nostalgiques bédouins du regretté Ahmed Khelifi (1921-2012), un des maîtres de la chanson algérienne. Auparavant, marquant la Journée internationale du théâtre, une série d'hommages a été rendue à plusieurs figures du 4e art, l'académicienne, Djamila Mustapha Zegaï, les comédiens-dramaturges et metteurs en scène, Driss Chakrouni, Abdelhamid Rabia, Zahir Bouzerar, Haroun Kilani, Khider H'mida, Lamri Kaouane, Mekki Soudani et Fethi Sahraoui, entre autres. Programmées au TNA du 24 au 29 mars, les 8es Journées du théâtre dans le Sud, qui accueillent le Soudan en invité d'honneur, se sont poursuivies hier, avec les pièces, «Aswat El Hamich wa El Kanadil» de Laghouat et «Achbah wa tawila» de Djelfa.

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