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NÉJIB AYAD DIRECTEUR DES JOURNÉES CINÉMATOGRAPHIQUES DE CARTHAGE, À L'EXPRESSION

"Les JCC sont une fête populaire avant tout"

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Succédant à Brahim Letaief, le nouveau directeur des Journées cinématographiques de Carthage depuis 2017 était un des invités prestigieux du festival de Annaba du film méditerranéen qui s'est tenu récemment du 21 au 27 mars dernier. L'occasion de revenir avec cet ancien producteur et critique sur ses appréciations dudit festival et les préparatifs du premier grand festival cinéma et culturel en Tunisie...

L'Expression: Un mot sur votre présence ici au festival de Annaba du film méditerranéen...
Néjib Ayad: J'adore Annaba, le directeur Said Ould Khelifa est un ami de très longue date. Pour moi c'est important que des festivals comme celui de Annaba existent, qu'ils soient pérennes et qu'ils grandissent. Malheureusement, l'Algérie n'a pas beaucoup de festivals. Contrairement au Maroc ou à la Tunisie. C'est un grand point d'interrogation. Je ne comprends pas pourquoi par exemple il n'y ait pas un grand festival de cinéma en Algérie depuis l'indépendance. Évidemment, être là, ça me permet de voir des gens, dans des conditions qui ne sont pas celles d'un grand festival où tout le monde s'active. L'intérêt de celui d'ici réside dans le fait toutefois d'être dans un festival convivial où l'on peut réellement discuter avec les gens.

La Tunisie n'est pas l'invité d'honneur, mais on a ressenti sa forte présence quand même...
C'est une belle présence. Et ce n'est que justice car le cinéma tunisien ces dernières années a pris de l'ampleur et il est en train de connaître une période faste, ce qu'on n'a pas vu depuis le milieu des années 90. C'est bien. Le film algérien est en train de venir aussi. C'est très important.

Comment s'est fait le choix de ces films tunisiens et ces cinéastes auxquels on a rendu hommage, notamment à Réda Bahi et Tayeb Louhichi?
Il y a eu d'abord Réda Bahi, avec son film Fleur d'Alep. Beaucoup de gens ne le savent pas, mais c'est celui qui a à son actif le plus de films en Tunisie. Il a réalisé neuf films longs métrages, ce qui dans mon pays est une vraie prouesse. La plupart de ces films sont intéressants et importants. Il y a eu aussi Tayeb Louhichi qui vient de décéder et qui est une grande figure du cinéma et un vrai militant. C'est quelqu'un qui, il y a 10 ans, a eu un accident. Il est devenu tétraplégique. Il ne bougeait plus. Vers la fin, il a commencé à bouger les mains. C'est quelqu'un d'un courage spécial puisqu'il a pu, dans cet état là, faire deux longs métrages. C'est quelqu'un à qui il est important de rendre hommage surtout que c'est une personne qui adore l'Algérie. Il a tourné un film en Algérie, qui a fait connaître des hommes très connus aujourd'hui comme Safy Boutella et qui sont, maintenant, des icônes.
Il y a eu aussi la projection du film de Selma Baccar qui est une expérience assez spéciale. C'est une dame probablement la doyenne maintenant des réalisateurs et réalisatrices de cinéma en Tunisie. C'est bien de montrer son dernier film qui a eu beaucoup de succès en Tunisie. Qu'il puisse être montré dans ce festival et puisse être probablement présenté après au public algérien. C'est une belle expérience de production et de réalisation, mais ça rappelle aussi des choses que nous avons nous-mêmes oubliés. Dar Jouad est quelque chose qui a existé chez nous. Je ne sais pas si cela a existé en Algérie. Ça a dû exister puisque c'était la même logique. Les femmes qui refusaient de vivre avec leurs maris, on les mettait pratiquement en prison jusqu'à ce qu'elles acceptent de revenir vers leurs maris. Elles sont dans une maison, mais elles n'ont pas le droit de sortir ni de faire quoi que ce soit.

Un mot sur les préparatifs de la prochaine édition des JCC?
S'il y a quelque chose qui me fait plaisir aujourd'hui c'est le fait que nous ayons enfin une équipe permanente. Il n'y a jamais eu d'équipe qui travaille à l'année depuis que les JCC existent. Nous l'avons fait. C'est un acquis. Nous avons également aujourd'hui des locaux totalement à nous. Contrairement à avant. Ça changeait à chaque fois. Nous avons nos locaux définitivement. Enfin je l'espère. Et c'est à la nouvelle Cité de la culture.

Parlez-nous de l'espace qui a été inauguré récemment en plus de sa cinémathèque...
Pour nous, c'est réellement une très belle réalisation. La Cité de la culture est quelque chose qui a démarré il y a 26 ans. Dont les travaux ont duré plus de 10 ans. Ça vient tout juste d'être inauguré et c'est une très belle réalisation. Pour nous, plus qu'une réalisation c'est la consécration entre autres du cinéma. La cinémathèque tunisienne a été lancée avec ses propres locaux, sa propre logique, une très belle équipe.

Ça va un peu désengorger les JCC. La cinémathèque va-t-elle servir pendant le festival?
Toutes les salles vont servir. L'importance et l'originalité des JCC est qu'elles se passent sur l'avenue Bourguiba, en plein centre de Tunis. Et cela ne va pas changer. En tout cas avec moi cela ne changera pas.

Qu'en est-il des grandes lignes du programme?
L'Algérie était l'invité d'honneur l'année dernière. J'ai lancé l'année passée une logique un peu différente de ce qui s'est fait ces dernières années, c'est-à-dire revenir aux fondamentaux.
Les JCC c'est d'abord un festival africain et arabe. Dédié à ces cinématographies-là. On l'a un peu oublié. Il y a eu un programme sur des cinémas qui ne nous ressemblent pas et qui ne nous intéressent nécessairement pas, en tout cas dans le cadre de ce festival.
Équilibrer entre l'Afrique et les pays arabes c'est important pour moi. Parce qu'à un moment donné, ce sont les pays arabes qui se sont taillé la part belle. Je compte faire en sorte qu'il y ait plus de films de pays africains. En fait, le festival est aussi tricontinental. A part les films africains et arabes il va y avoir les cinématographies d'Asie et d'Amérique latine. C'est ce qui a fait l'originalité des JCC depuis le début des années 70 jusqu'aux années 2000.
Ceci a été un peu oublié ces dernières années. Nous allons renforcer cette partie. C'est pour cela, que nous avons eu l'année dernière quatre pays invité d'honneur, un pays africain qui était l'Afrique du Sud, un pays arabe qui était l'Algérie, un pays asiatique qui était la Corée du Sud et un pays d'Amérique latine. Pour 2018 ça va être le Sénégal, l'Irak, le Brésil, et l'Inde. ça, c'est déjà en branle. Une bonne partie du programme est en marche. Pour le reste, ça dépendra du cru des films africains et arabes. On essayera de montrer les meilleurs. Il y en a.

Avez-vous commencé à sélectionner les films algériens?
Pas encore. La sélection commencera réellement à partir du moment où l'appel à candidature sera clôturé. Or, ça vient tout juste d'être lancé. Nous aurons les résultats à l'occasion du festival de Cannes. Pour nous, c'est important qu'il y ait des films africains et arabes qui sont sélectionnés lors de festivals importants comme Berlin, Cannes, Venise etc. ça nous fait plaisir. Nous ne sommes pas gourmands.
Demander une première mondiale ou internationale ce n'est pas notre objectif. C'est surtout faire en sorte que des films africains et arabes circulent le plus possible de par le monde. Le but est de montrer ces films, de faire une belle sélection et de ramener les gens qu'il faut et aussi que le public des JCC qui est absolument unique et fabuleux soit toujours au rendez-vous. Aussi, investir les salles et être présents. Quand on sait que les JCC en moyenne c'est 180 films, c'est un peu beaucoup mais ça reste un gros challenge.
Cette année il y aura un peu plus d'une quinzaine de salles de projection, probablement autour de 20 salles. C'est à peu près 200.000 spectateurs en l'espace d'une semaine et c'est à peu près 2 millions de personnes sur l'avenue Bourguiba. Pour le festival. Ce sont les chiffres du ministère de l'Intérieur. Pour moi, c'est une fête populaire.
Les JCC ne sont pas uniquement un festival de cinéma destiné aux professionnels, mais réellement une fête populaire avec des spectacles partout sur l'avenue Bourguiba, une salle de cinéma en plein air, des animations de partout, des conférences, des master class, des rencontres-débats etc. C'est le festival le plus important du pays clairement. En Tunisie c'est le plus grand, toutes spécialités confondues. Sur le plan arabe et africain, je pense que c'est le plus important. Non seulement je le pense, mais tous ceux qui connaissent les JCC le disent et ça c'est important.

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