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MOHAMED AZIZ, AUTEUR DE «J'ACCUSE LA FRANCE»

"Un hommage aux maquisards de Makouda et Tigzirt"

Par
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Mohamed Aziz vient de publier son premier roman aux éditions «El Amel «de Tizi Ouzou. Il s'agit du livre «J'accuse la France «où il raconte la guerre d'Algérie vécue par des djounoud de l'ALN (Armée de Libération nationale) ayant combattu la France dans les maquis et les villages des daïras de Makouda et Tigzirt, notamment dans le massif de Mizrana, et les localités limitrophes. Dans cet entretien, cet ancien professeur de français, parle de son roman et de notre guerre d'indépendance.

L'Expression: La majorité des écrivains, surtout algériens, commence presque toujours son parcours en écrivant un roman autobiographique. Vous avez failli à cette règle et choisi un autre chemin, pourquoi?

Mohamed Aziz:
Je vais être sincère, je ne suis pas vraiment différent de mes concitoyens. J'ai essayé d'expliquer qu'est-ce que «écrire» pour moi et j'ai écrit avant le préambule» en soulignant: je panse mes plaies purulentes». C'est la preuve que je suis directement concerné par ce récit. Et si j'ai suivi un autre itinéraire pour le faire, c'est pour marquer ma différence et me démarquer des autres, une autre façon de faire, une façon plus originale à mon sens. Raconter les affres vécues par les petits djoundis, la révolution vue d'en-bas par un simple citoyen qui s'était engagé dans la bataille pour la liberté sans aucun autre calcul. Ensuite, la lettre ouverte à Remi Serres est réelle, l'entrevue au musée de Tizi Ouzou, dont je parle, a vraiment eu lieu.

Votre roman relate des faits historiques véridiques, pourquoi avez-vous choisi de narrer ces événements sous forme de roman au lieu d'écrire tout simplement un livre d'histoire?
Pour écrire un livre d'histoire, il faut être historien et je ne le suis pas. J'ai été professeur de lettres françaises au collège pendant trente ans, je suis actuellement en retraite. En histoire, il faut être très précis et méticuleux sur les dates, les lieux, mais le roman vous permet certaines libertés.

Certains événements, comme les opérations armées des maquisards de l'ALN contre l'armée coloniale, vous les racontez avec le moindre détail. Cette précision est-elle le produit de votre imagination ou bien avez-vous vraiment recueilli des témoignages très précis à ces sujets?
En 2011, j'avais travaillé avec une boîte de communication, nous sillonnions notre région de la Kabylie: Tigzirt, Makouda, Tizi Ouzou, Azeffoun et nous interviewions les maquisards encore en vie pour garder leurs mémoires et c'est là que j'ai appris beaucoup plus que ce que j'ai narré. Quand on parle de la révolution algérienne, nous avons tendance à ne parler que des dirigeants tels Krim, Abane ou autres. Nous oublions que des milliers de jeunes de chez nous, qui avaient à peine 20 ans, dans nos villages, se sont vaillamment engagés et sacrifiés pour se réapproprier la liberté perdue et retrouver leur qualité d'hommes. J'ai appris de la bouche de ces maquisards que notre région foisonne de héros, de faits d'armes et d'actes de bravoure et surtout d'espoirs pour ce pays, mais ces derniers étaient souvent méconnus. J'ai tenu à les faire connaître et leur rendre hommage. Ces actes de bravoure étaient racontés par des vieux qui n'ont plus la mémoire fraîche auxquels j'ai fait appel à beaucoup d'imagination pour relater les détails des accrochages, des attaques ou des précisions glanées par-ci par-là au fil des discussions.

Quelle est la part de vérité et de fiction dans votre roman?
Dans ce récit il y a beaucoup de vérités et beaucoup de fiction aussi, c'est pour cela que j'ai choisi l'appellation de roman. Ce dernier est une fiction historique où j'ai tenu à rendre un vibrant hommage à nos héros locaux méconnus de leurs concitoyens tels que:
«Couscous «de Boudjima, Mouh L'Indochine de Tarihant, Chemchem de Tazrart, Akli Babou d'Attouche, Amar L'bass...... et beaucoup d'autres anonymes qui se sont sacrifiés pour qu'on puisse vivre libres aujourd'hui. Ces faits réels qui se sont déroulés dans le maquis de Mizrana leur fief, secteur III, Région III, Wilaya III historique, narrés par des témoins vivants, mais baignent dans un tissu narratif imaginaire, sont des segments de notre histoire locale, un pan entier de notre Histoire nationale.

«J'accuse la France «, le titre de votre roman est provocateur et accrocheur. Comment est née l'idée d'un tel titre et pourquoi ce choix?
La France est notre colonisateur, elle a réduit notre peuple à la misère, à l'indigence et à l'esclavage. De tout temps depuis 1830,1847,1857,1871, et à partir de 1924, ce peuple a juste demandé de vivre libre dans son pays comme les Français qui venaient de se libérer du joug nazi en 1945, avec l'aide de nos compatriotes. La France les avait froidement assassinés. Je l'accuse de ces assassinats. Je l'accuse d'avoir assassiné mon père et un million et demi d'Algériens.

Quelle est l'origine de votre grande passion pour l'histoire de la guerre de Libération nationale?
Dans mon livre, j'ai répondu à cette question qui explique l'intérêt que je porte à la guerre de Libération nationale dans le texte après la lettre ouverte, titré «A mes compatriotes «où je dis: «Je me poserai toujours cette question lancinante quand je pense à mon pays: comment un peuple inculte et désarmé, comme un seul homme se souleva contre son puissant ennemi? Au bout de sept années de guerre, il chassa le colon parasite de sa patrie. Et maintenant où est-il ce peuple d'antan? Je ne le reconnais plus. Je ne comprends plus, nos pères étaient prêts à mourir pour ce pays et actuellement, les jeunes le fuient comme la peste? Qu'est-il arrivé en route?

Les jeunes des nouvelles générations semblent ne pas connaître vraiment notre histoire et ils n'ont pas l'air de s'y intéresser vraiment, à quoi cela est-il lié d'après vous? Est-ce important que les jeunes postindépendance prennent exemple de l'histoire de la guerre de libération et en tirent des leçons?
Les jeunes actuels aiment leur pays, mais sont désespérés. Ne sachant quoi faire, ils fuient par tous les moyens vers d'autres cieux plus cléments. D'ailleurs, c'est le thème d'une discussion entre le personnage Amine et le moudjahed Hand dans les pages 97 et 98. Le conseil du vieux a été: A ces jeunes naïfs que je comprends un peu, tu leur diras qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire pour atteindre l'idéal de ceux qui se sont sacrifiés, mais de grâce, faites qu'ils ne soient pas morts pour rien. A chaque génération sa révolution pour faire évoluer les choses, ce n'est pas en migrant, c'est une fuite en avant. Ces jeunes accusent ouvertement les anciens d'avoir chassé le colon juste pour le remplacer et s'approprier les richesses du pays en s'autoproclamant héritiers de la révolution et en se légitimant seule famille révolutionnaire pour s'octroyer des rentes faramineuses.

L'écriture est pour vous un accident de parcours ou comptez-vous continuer?
Moi comme chacun de nous, j'ai envie de m'exprimer, dire ce que je pense. Chacun le fait à sa manière par la musique, la peinture, la poésie.... Ecrire a toujours été ma meilleure façon de dire ma passion. Maintenant que j'ai commencé, je n'arrêterai pas en si bon chemin. Le deuxième livre est presque terminé. Il aura toujours le thème «Algérie» mais se déroulera pendant l'autre hécatombe: «La décennie noire.»

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