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NADJIB BOUZNAD, PHOTOGRAPHE À L'EXPRESSION

"Aujourd'hui il est difficile d'ouvrir des portes"

Par
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La photo c'est sa passion, il a quasiment tout laissé tomber pour s'y consacrer. Aujourd'hui, Nadjib Bouznad se dit préoccupé par ce qui se passe dans sa société. Son oeil aiguisé l'a déjà dirigé à monter différents projets ou à prendre part à d'autres. Aujourd'hui, le jeune artiste, la trentaine à peine entamée, se lance dans l'installation. C'est ce qui l'anime et le motive avec l'aide souvent de pas mal d'amis photographes. Nadjib Bouznad a des idées plein la tête et l'oeil sensible en éveil, il n'a pas fini de vous surprendre...

L'Expression: Pourriez-vous nous parler de votre travail actuel, autour de cette installation de porte, déclinée en deux actes?
Nadjib Bouznad: Il y a eu deux actes effectivement, mais il y en a d'autres aussi. C'est un projet qui s'étalera sur le long terme. Il va m'accompagner durant ma petite vie. Le projet consiste en des installations photos de portes. Ça peut provoquer déjà un effet en trompe-oeil car c'est posé dans un milieu urbain, à l'extérieur, pour interpeller surtout les gens, les amener à réfléchir. La première installation a été placé dans la rue Burdeau, à Alger-Centre.
La seconde a eu lieu à Bab El Oued dans un bâtiment qui est chargé d'histoire, un très beau lieu. J'ai bien aimé jouer aussi sur les mots. Dans «Bab El Oued» il y a aussi le mot bab. Le premier lieu est venu par hasard, mais ça donnait bien visuellement. Après six mois, l'installation est encore présente. Le quartier a bien accepté cet objet et moi j'ai atteint mon objectif qui est celui de donner l'art au peuple. Un peu comme disait Kateb Yacine à propos du théâtre à la fin de sa vie: il faut faire sortir l'art dans la rue et aller vers les gens. La rue ce n'est pas que les voyous, c'est un théâtre social où toutes les classes se mélangent. C'est l'écho de la société. L'art doit être près du peuple. C'est important et primordial. Après on pourra parler de galeries d'art..

C'est quoi donc la métaphore de la porte?
C'est toute une symbolique. Je suis arrivé à un moment dans ma vie où je me suis dit qu'il était très difficile d'ouvrir des portes et pas que pour moi, pour la plupart des gens de la société.
Il faut galérer, trimer, avoir des connaissances. Pour avancer d'un pas, il faut en faire 10 pour pouvoir arriver à ouvrir cette porte. Ouvrir une porte c'est un appel à l'évasion, à l'évolution, à l'ouverture, à aller de l'avant, Je ne suis pas le seul à éprouver cela. Dans mon entourage l'Algérien se sent un peu cloisonné.

Vous pensez déjà à un troisième acte?
Je l'ai en tête. Je sais comment ça va être. Mais je préfère laisser le temps à la réflexion.

Quel est le but de tout ça?
Raconter une histoire bien que ce ne soit pas entièrement abouti, effectivement, je le reconnais, mais le projet est amené à évoluer avec moi. Ce n'est pas quelque chose de défini. J'ai une idée et de ligne conduite dans ma tête, mais après, ça va évoluer avec ma propre évolution en quelque sorte. J'ai plusieurs déclinaisons de ce projet en tête. Reprendre par exemple les sept portes d' Alger car à l'époque il y avait sept portes à Alger. Pour l'instant je préfère laisser ceci de côté et rester d'actualité, me projeter vers quelque chose de plus contemporain..

Qu'est-ce qui a été le déclencheur de ces installations?
Quand on est dans une situation de confort, on n'est pas créatif. Encore une fois, c'est ma vie, mon quotidien qui m'ont impulsé cette idée. Cela relève aussi de mon travail en tant que photographe. Je m'intéresse trop à l'humain, à notre société. Il y a un côté très socioculturel dans mon approche. En parallèle j'ai eu d'autres projets comme ceux du couffin, celui de Ghardaïa.
C'est toujours fait avec la même énergie, la même inspiration, le peuple, l'Algérie..

Vous avez fait quoi récemment à Ghardaïa justement?
C'était une sorte de petit reportage photo. Je l'ai appelé «Carré» en référence à la mentalité carrée ou conservatrice qu'on colle aux gens de Ghardaïa et j'ai utilisé le format carré dans mes photos. Et d'ailleurs, coïncidence, le drapeau algérien que j'ai trouvé à Ghardaïa est en format carré bizarrement. Les choses se sont enchaînées. J'ai essayé de parler de ce carré qui exprime plutôt la rigueur, le sérieux, une structure qui ne laisse pas l'énergie s'éparpiller disons. Le carré c'est une attitude, une façon d'être. A Ghardaïa ça leur réussit ce carré.

L'image que vous faites n'est pas une simple photo figée, mais elle a des portées philosophiques que la simple photo n'a pas...
Pour moi, le langage de la photo c'est quelque chose de très puissant.

Vous n'êtes pas seulement photographe, mais vous tendez beaucoup plus vers l'art visuel aujourd'hui.Vous le faites en collaboration souvent avec des amis...
J'aime bien le travail en groupe. Je pense qu'on a besoin d'être uni. C'est primordial pour moi qu'à chaque projet j'invite d'autres artistes dans mon projet pour m'aider, pour créer de l'impact et donner plus de valeur à ce projet.
Seul, on ne peut pas faire grand-chose et nombreux on peut faire de belles choses et de grandes choses. C'est ce qu'on a vu à Béjaïa avec le festival des couleurs et à El Medreb notamment...

D'autres projets en perspective en dehors de celui de la porte?
Il y a le projet photo El Ouama que je vais très prochainement concrétiser. Le shooting photo je l'ai fait l'année dernière en effet. Mais j'ai pris le temps pour tout structurer. Je devais faire une expo, mais en postant un texte sur les réseaux sociaux, j'ai reçu un feed back assez étrange.
Je me suis retrouvé un peu dans la polémique sociétale autour du sujet de femme, qui est très délicat. J'ai préféré prendre de la distance. Je vais en faire un livre photos. J'ai préféré faire quelque chose de plus sérieux et professionnel.
En fait, il s'agit d'un modèle shooting qui a été fait en pleine plage, à Saint-Eugène. Depuis 1962 aucune fille n'est rentrée dans cette plage. Je me suis inspiré d'El Ouama, la chanson du groupe de rap MBS.
J'accompagne les photos de textes. C'est pour cela que je voudrais en faire un petit livret photos. Ce sera financé non à compte d'auteur mais à compte de débrouillardise, je dirai beaucoup plus..

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