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ECRIVAIN, ROMANCIER, DRAMATURGE, POÈTE

Une cerise pour le doyen

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Un ressourcement mémoriel et patrimonial collectif au mausolée Sid Ahmed Benyoucef de Miliana, a eu lieu le samedi 30 juin 2018, en compagnie de Kaddour M'Hamsadji et de son épouse (5e et 6e à partir de la gauche)Un ressourcement mémoriel et patrimonial collectif au mausolée Sid Ahmed Benyoucef de Miliana, a eu lieu le samedi 30 juin 2018, en compagnie de Kaddour M'Hamsadji et de son épouse (5e et 6e à partir de la gauche)

La veille de la commémoration du 56e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, a inspiré l'Association des Amis de Miliana art et culture, présidée par le persévérant Lotfi Khouatmi pour célébrer dans la symbolique du savoir le livre et la littérature algérienne au souvenir de la première Union nationale des écrivains algériens qui a vu le jour le 28 octobre 1963.
C'est dans ce contexte d'historicité et de mémoire que l'un de ses membres, le Doyen Kaddour M'Hamsadji, qui fut le Secrétaire général adjoint de cette prestigieuse institution présidée par l'icône littéraire Mouloud Mammeri, a constitué l'évènement culturel par sa présence en qualité d'hôte d'honneur de la ville de Miliana.

Sid Ahmed Benyoucef et la baraka «d'El Khassa»
Le mausolée Sid Ahmed Benyoucef a été la première destination pour une visite de ce lieu mythique, par une nombreuse procession ravie par la réfection et la mise en valeur de ses infrastructures d'art et de raffinement séculairement chargées d'histoire et de rituel populaire de sa «El Khassa», une source d'eau bénite dit-on, offerte en breuvage aux visiteurs du jour dans la «baraka» de sainteté de ce protecteur légendaire des monts du Zaccar.
Ceci en prélude de la rencontre littéraire organisée au théâtre Mahfoud Touahri qui a rassemblé un auditoire avide de culture littéraire et livresque, très attentif à la brillante rétrospective magistralement soutenue par Kaddour M'Hamsadji, à l'évocation de son riche et prolifique parcours romanesque et dramaturgique qui demeure un véritable palmarès anthologique d'oeuvres de célébrité. Une évocation circonstancielle au rappel, notamment de la première naissante «la Dévoilée» en 1959, suivie du «Silence des cendres» adaptée en film cinématographique de grand succès, et premier roman algérien traduit en langue chinoise à Pékin par l'Union des écrivains chinois; une notoriété d'universalisation pour la littérature algérienne de l'Indépendance, ainsi que «La quatrième épouse», plus récente en 2016, et «Khayt Erouh» «le fil de l'âme» complétée par «le Juste qui sommeille» une ode poétique d'affection à la mémoire de Mouloud Mammeri, son illustre ami de toujours pour ne citer que celles-ci car nombreuses et issues d'une matrice de créativité esthétique et expressive d'un écrivain au long cours littéraire, dramaturgique et poétique.

Au souvenir de l'Union nationale des écrivains algériens
Ainsi, la genèse de la littérature et des écrivains de célébrité a pédagogiquement été développée par le critique avisé Kaddour M'Hamsadji qui a retracé la dimension universelle de celle-ci à la satisfaction d'un auditoire captivé par la redécouverte de Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun, Malek Haddad, Moufdi Zakaria, Mohamed Laid Khalifa, Taos Amrouche, Tahar Djaout, Assia Djebar, des références de grande notoriété parmi d'autres.

Ali la Pointe, Miliana et la casbah d'Alger
L'érudition de la femme de la casbah d'Alger a également été revisitée à travers la littérature d'oralité ressuscitée un instant par le jeu génial de la «Boqala» avec une éclatante déclamation de splendides strophes poétiques de toute beauté, interprétées par la jeune Amar Fella âgée de 17 ans, qui est l'arrière-petite-fille de Amar Ali, le légendaire héros de la révolution, Ali la Pointe, un repère historique majeur affectivement lié à Miliana, sa ville natale et à la casbah d'Alger, son terroir génétique d'adoption dès l'adolescence. Par la pensée du souvenir d'un Mardi 3 juillet 1962, date de la refondation de la nation algérienne qui a héroïquement arraché l'Indépendance de sa chère patrie, engloutie dans les ténèbres d'un long joug colonial français des plus barbares et de déni d'humanité, Kaddour M'Hamsadji a remémoré en la circonstance les sacrifices et le courage de la femme algérienne devenus proverbiaux dans les contrées les plus reculées de l'Algérie profonde où ils sont toujours chantés en émouvantes proses à la gloire de ces fidèles résistantes de lutte permanente et de combat acharné pour la libération de l'Algérie.

Un modèle de l'héroïsme et du sacrifice
Relayé à ce propos par votre serviteur Lounis Aït Aoudia présent avec une délégation des membres de l'Association des amis de la rampe Louni Arezki Casbah, qui a tenu à évoquer un témoignage poignant vécu lors des glorieuses manifestations patriotiques du 11 Décembre 1960 à la casbah d'Alger, plus précisément, au rappel de la toponymie des lieux, à l'ex-rue de la Lyre actuellement Ahmed Bouzrina.
Ce jour-là, des femmes très jeunes au demeurant, se sont glorieusement distinguées par un courage d'intrépidité en affrontant pacifiquement en première ligne avec pour seules armes leurs haïks et leurs stridents youyous, une impressionnante armada de l'armée française qui, balle au canon, a bloqué l'élan d'un immense cortège de manifestants déterminés à rejoindre l'ex-Belcourt, Belouizdad présentement, où sont tombés la veille de nombreux citoyens d'une foule immense qui revendiquait haut et fort au slogan de «Tahya el Djazair» l'Indépendance de l'Algérie dont la très jeune porte-drapeau Saliha Ouatiki, âgée de 12 ans cyniquement ciblée, qui, emblème national en main, fut fauchée par les balles assassines de la soldatesque colonialiste française.
Celle-ci, en violation du code d'éthique, de moralité et d'honneur militaire, a vraisemblablement été réduite à une psychose généralisée de la fougueuse détermination de ces femmes, en répliquant avec la lâcheté criminelle d'une fusillade meurtrière qui, en un instant fatidique, a transformé en bouillies ensanglantées des colombes de paix, de blanc vêtues, scandant avec ferveur dans la rue et à la face du monde ainsi tenu à témoin, la revendication existentielle de tout le peuple algérien à la libération de sa chère patrie spoliée. A cet exemple, il a été judicieusement rappelé la bravoure révolutionnaire de la femme algérienne qui s'est également illustrée par le rôle capital et décisif qui fut le sien lors de la tenue de l'historique congrès de la Soummam. D'une importance primordiale, celle-ci avait pour mission stratégique d'assurer le déroulement «organique-vital» de cet évènement fondateur de la révolution en matière d'organisation, de logistique, de restauration et d'hébergements hautement sécurisés pour plusieurs centaines de participants représentatifs de l'ossature dirigeante de la guerre de libération, à l'image de Abane Ramdane, Larbi Ben M'hidi, entre autres et des responsables politico-militaires de toutes les régions du pays. Et ceci, comble de l'ironie, en toute quiétude, au nez et à la barbe de plusieurs postes militaires de surveillance avancée de l'armée française insouciante de la dimension de l'héroïque épopée qui s'accomplissait sous ses yeux ainsi détournés par une ruse tactique de la guérilla révolutionnaire. Ce point d'histoire, attentivement suivi par l'ensemble de l'assistance, a suscité de très fructueux débats, particulièrement avec les femmes présentes en nombre et visiblement réconfortées par l'évocation de cette phase cruciale du combat libérateur hélas insuffisamment connue et parfois ignorée de la jeunesse algérienne à ce jour.
Un intermède foisonnant d'échanges culturels qui a impulsé une émouvante intervention du Doyen des écrivains et auteurs algériens Kaddour M'Hamsadji qui a exhorté un auditoire enthousiaste à aimer davantage l'Algérie, une patrie meurtrie, miraculeusement ressuscitée d'un long et lugubre naufrage colonialiste par le sacrifice suprême des meilleurs de ses enfants qui ont volontairement servi d'offrandes humaines collectives pour atrocement et victorieusement arracher leur souveraineté enfin reconquise dans l'honneur et la dignité en modèle d'universalité historique d'abnégation en direction de la postérité et des générations montantes. Comme à l'accoutumée, cette chaleureuse communion livresque de Miliana s'est clôturée par une cérémonie d'un hommage affectif et unanime de l'ensemble de l'assistance à l'endroit de Kaddour M'Hamsadji et de son épouse Mme Samya M'Hamsadji, une enseignante pédagogue de référence qui, inlassablement, a oeuvré avec motivation à l'accompagnement et au soutien de l'écrivain dans son prodigieux et fécond parcours littéraire.
Sous une ovation d'applaudissements nourris et de youyous d'allégresse, un cadeau honorifique a été remis à Si Kaddour ému par ce présent iconographique d'une belle et expressive photographie sous verre, illustrative d'une rencontre en 1964 à l'opéra d'Alger des écrivains et poètes Moufdi Zakaria, Ahmed Sefta, Mourad Bourboune et Kaddour M'Hamsadji invités officiels à un mémorable hommage célébré à l'endroit de l'Emir Abdelkader Une évocation symbolique très fortement imagée par le souvenir d'une génération historique de la littérature algérienne qui, par enchantement, a réapparu à la commémoration de l'éternel juillet 1962 à Miliana dans une liesse de réjouissance d'une assistance subjuguée par l'événement.
Pour pérenniser les vertus du livre et de la lecture, longuement étayées par Kaddour M'Hamsadji à travers une démarche de communication pédagogiquement appropriée, une vente-dédicace d'ouvrages de l'auteur organisée en la circonstance, a révélé par l'affluence générée, la place privilégiée de la culture livresque à Miliana. Selon le rite d'hospitalité d'une tradition ancestrale de Miliana, la famille Benhadj de renommée populaire dans la région a tenu à inviter les hôtes de leur ville pour, chaleureusement, nous accueillir dans une ambiance de convivialité et de partage d'un intense moment de bonheur. «IKRA-LIS»: Un précepte de recommandation civilisationnelle de l'Islam des Lumières Une fois de plus, le Café Littéraire de Miliana a ainsi renouvelé une démonstration d'initiatives culturelles susceptibles d'impulser un engouement citoyen motivé par la réappropriation sociétale du Livre dont le précepte «IKRA-LIS» incarne la voie éclairante de l'univers du savoir et de la connaissance par l'érudition de la lecture.

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