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UN HOMME ET TROIS JOURS PROJETÉ AU FIOFA

Du chaos intérieur...

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Du chaos intérieur...

Eminemment psychologique, le film du cinéaste syrien Joud Saïd, en compétition officielle au Festival d'Oran du film arabe évoque, le désordre personnel qui résulte de la perte d'un pays...

Un homme metteur en scène, vivant tranquillement en ville au Liban, reçoit un coup de fil du village natal en Syrie. Alors qu'il était parti avec les comédiens de sa compagnie de théâtre en boîte, à la sortie on lui fait savoir que son cousin a été retrouvé mort et qu'il faut rapatrier son corps. Le film commence par la vue d'un homme qui court, d'une barque, à terre jusqu'à l'arrivée à une maison remplie d'hommes et de femmes, une lettre à la main qu'il fera attention à ne jamais laisser choir. Il s'agit de l'annonce de la mort de Barham dont le corps devra être rapatrié par Majd, le fameux bel homme, grand de taille, charismatique au regard de lynx. Et quand arrivé dans un camp de l'armée, des soldats ne cesseront de le harceler pour qu'il leur répète une scène culte d'un feuilleton dans lequel il est le héros. Au milieu de la dramaturgie, Joud Saïd parvient toujours à désamorcer la tension par petite touche d'humour.
Héros à la scène, oui, mais pas dans la vie, Majd se sent incapable de remplir sa mission, retourner chez lui, dans sa maison natale, au village parental, milieu qu'il pensait avoir oublié définitivement et coupé même les ponts avec. Un homme et trois jours est un film éminemment psychologique. L'on ne verra pas d'images de guerre à proprement parler mis à part entendre le tir d'un sniper sur une ambulance, mais la puissance de cette histoire réside dans les dialogues et le discours humaniste du réalisateur qui, de son point de vue d'artiste, plaide pour la vie à tout prix dans une Syrie aujourd'hui meurtrie. Le film de Joud Saïd - qui a été projeté au festival d'Oran du film arabe cette semaine- évoque les déchirures, l'incapacité de vivre aujourd'hui dans le chaos, a fortiori lorsqu'on ne se sent pas bien dans sa peau et dans sa tête. La guerre oui, mais au sein d'un couple. Celui de Majd et Nour qui sont sur le point de divorcer et puis celui d'un autre, réfugié qui, las de survivre, demande à Majd de l'enterrer après sa mort. Une scène cocasse au début du film témoigne des imprévus absurdes qui font la beauté de notre existence malgré tout: un homme se jette du 4ème étage, mais ne meurt pas. Il dit être en vie après avoir humé l'odeur du poulet. La vie a cela de particulier, ces petites choses simples comme boire du vin et manger du poulet? Peut-être... Mais, chacun a surtout le droit de choisir sa destinée et comment mener sa vie? Ne pas se sentir obligé de se fondre dans un moule, un monde atroce fait de sang et de fausses promesses quand une vie humaine se fait monnayer aujourd'hui au profit d'autres intérêts obscurs. Le film Un homme et trois jours tire par moment en longueur, mais il retient notre attention toujours, l'acteur principal Mohamed Al Ahmad qui joue le rôle de Majd crève l'écran.
La tristesse est un poison qui vous ronge de l'intérieur tout comme votre conscience. Joud Saïd parvient avec son énième long métrage fiction à nous donner une claque grâce à son majestueux film en donnant à voir un film fort qui conduit cet homme à aller jusqu'au bout de lui -même en apprenant beaucoup sur les morts, notamment à s'éduquer soi-même et se reconstruire, enfin à se retrouver pour avancer à nouveau.
Le prix cher à payer pour atteindre la liberté de conscience. Majd affirme en effet que c'est son cousin mort qui lui a permis de retourner dans son village et ainsi de se réconcilier avec ses racines. Un happy end malgré tout en dépit de tout le parcours dramatique par lequel passe le personnage. Lutter contre ses démons est certes un rude combat à mener. C'est ce combat contre lui-même que le réalisateur nous offre à voir avec maestra. Celui de ne jamais douter de ses convictions et être droit et engagé dans ses positions. N'est-il pas viscéralement pour la vie, pour l'amour de son pays? Incontestablement. Après sa participation au festival de Annaba du film méditerranéen avec Rain of homs, voilà Joud Saïd qui prend part donc à nouveau cette fois au festival d'Oran du film arabe dont il est un habitué maintenant. Gageons que le jury de la section long métrage présidé par ailleurs, par Merzak Allouache saura regarder et évaluer à bon escient les films en compétition cette année. En effet, Aux côtés de la Palestine représentée par Wajib de Anne Marie Jacir, le Maroc par Kilikis, La cité des hiboux de Azlarabe Alaoui Lamharzi, la Tunisie par «Tunis by night» de Elyes Baccar, L'Égypte par Photocopy de Tamer Ashry, les Émirats par Fan of Amoory de Amer Salmeen Al Murry, l'Irak par The journey de Mohamed Al Daradji et le Liban par Nour de Khalil Dreyfus Zaârour, il y a lieu de citer la Syrie présente à la 11e édition du festival d'Oran du film arabe par le long métrage fiction Un homme et trois jours de Joud Saïd dont le cinéma se bonifie de plus en plus avec le temps et donne à voir un regard profondément personnel et à la fois universel sur le désordre qui prévaut dans le Monde arabe.
Un regard à la fois tendre, mais lucide...

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