16ÈMES RENCONTRES CINÉMATOGRAPHIQUES DE BÉJAÏA

Va-t-on vers une fédération algérienne des ciné-clubs?

Va-t-on vers une fédération algérienne des ciné-clubs?

Du 1er au 6 septembre 2018 la cinémathèque de Béjaïa connaîtra la projection de 24 films dont 21 en avant-premières algériennes et ce, en présence d'une flopée d'invités d'ici et d'ailleurs dont des cinéastes, représentants de ciné-clubs et autres directeurs de festivals...

Amine Hattou, Leïla Aoudj, Nabil Aït Saïd et Khalil Redouane Madani, respectivement responsable de la Rencontre des ciné-clubs et de focus Afac, directrice artistique des RCB ainsi que les deux responsables du ciné-club algérois Cinuvers ont animé dimanche un point de presse afin de dévoiler les détails du programme de la 16e édition des Rencontres cinématographiques de Béjaïa qui se tiendront cette année du 1er au 6 septembre prochain à la cinémathèque de Béjaïa. Cette année encore, pas de thématique particulière ni cette envie de se métamorphoser en festival, mais l'envie farouche de renforcer sa philosophie, ce à quoi tend cette manifestation cinématographique qui existe depuis tant d'années, à savoir assurer les échanges et le partage entre férus de cinéma. En effet, le mot «Rencontre» prend davantage son sens et ancrage dans ce raisonnement pratique à travers l'organisation de plusieurs activités en parallèle des projections-débats. Comme le soulignera la directrice artistique Leïla Aoudj, il s'agira cette année «de outre recentrer la notion de rencontre des films avec le public, il s'agira d'organiser des rencontres entre des festivals internationaux, mais aussi entre les ciné-clubs et les associations». Au programme, on notera également une master class le 3 septembre à 10h au niveau du théâtre régional de Béjaïa avec Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval auteurs du documentaire poignant qui fait 3h40 intitulé L'héroïque lande sur les réfugiés de Calais, master class qui sera animée par l'habitué des RCB, le critique de cinéma Saâd Chakali. L'autre nouveauté cette année est le Focus Afac qui consistera en la projection de quatre films ayant bénéficié du soutien financier de ce dernier. Parmi ces films, lesquels seront projetés durant la journée de mercredi 5 septembre, on citera le court métrage tunisien And Roméo married Juliette de Hind Boudjemaâ, Nhabek Hedi de Mohamed Ben Attia et le documentaire fiction In the last day of the city de l'Egyptien Tamer El Said. Parmi les autres films à voir, on relèvera pêle-mêle les longs métrages, notamment de Yasmine Chouikh, Jusqu'à la fin des temps, Fortuna du Suisse Germinal Roaux, Ours de cristal au festival de Berlin et Grand Prix international du jury au même festival, La bataille d'Alger, un film dans l'histoire, un documentaire de Malek Bensmaïl qui enregistre un bon succès dans les festivals, le poétique long métrage égyptien Fleur de cactus de Hala Elkoussy ou encore celui de Neil Beloufa, appelé Occidental. Une sélection de films subjective, à voir. Notons que le film d'ouverture sera signé par le journaliste et cinéaste Nadir Dendoune. Intitulé Des figues en avril, il dresse le portrait comme le fera remarquer Leïla Aoudj «d'une femme ordinaire, mais qui apparaît extraordinaire dans le film».Le film de clôture sera aussi un documentaire signé Bahia Bencheikh El Fegoun. Avec un titre comme Fragments de rêves, nous sommes d'emblée pétris de promesses par cette réalisatrice qui jusqu'à présent ne nous a pas déçus..

 

Afac film week
Cette année donc un focus est consacré aux films qui ont eu du succès outre-mer et que les RCB ont jugé utile de les faire connaître au public béjaoui. La nouveauté est que ce focus va se prolonger à Alger via le ciné-club Cinuvers qui a eu la mission de choisir quelques films parmi la banque de données de Afac afin de présenter une palette de films de diverses nationalités et genres entre comédie, drame etc. et ce dans les différentes catégories (long, court métrage, documentaire). Aussi et durant trois jours, ces projections se tiendront du 8 au 10 septembre à la salle Atlas. Avant cela, à Béjaïa donc aura lieu la rencontre maghrébine des ciné-clubs puisque ont été conviés à se réunir différents ciné-clubs, que ce soit d'Algérie ou encore de Nouakchott (Mauritanie) et la célèbre fédération des ciné-clubs de Tunis qui active beaucoup sur le terrain faut- il le constater. Tous ces acteurs cinéphiles vont se retrouver à Béjaïa dans l'espoir dira Amine Hattou «de voir émerger un travail en commun, donnant lieu ou naissance à de nouveaux contacts et pourquoi pas déboucher, on l'espère, grâce à ce réseau des ciné-clubs, à une fédération maghrébine des ciné-clubs». En effet, dans un contexte miné par l'absence de salle de cinéma, relève-t-on mais aussi de difficultés administratives liées à l'obligation de visa d'exploitation, certains ciné-clubs jettent l'éponge au fil des années. D'autres continuent à résister. Aussi, cette première rencontre maghrébine des ciné-clubs se déclinera durant les RCB sur deux jours. La première journée sera consacrée essentiellement à la présentation des expériences de chacun. Le deuxième jour abordera les éventuelles collaborations en termes de formation, mais aussi des sujets tels que le Networking et probablement l'idée d'un festival international et entamera «surtout une réflexion sur une possibilité de créer une fédération algérienne des ciné-clubs». Notons que parmi les ciné-clubs d'Algérie seront présents, notamment ceux de Mascara, Tlemcen, Alger, Annaba, Bordj Bou Arréridj etc. Cette rencontre des ciné-clubs, nous assure-t-on, aura ainsi pour but de montrer ce que des jeunes de la société civile, énergie émanant de motivations individuelles, peuvent faire. Autre nouveauté cette année, faire se rencontrer les responsables de différents festivals de cinéma dans le monde à l'instar du Festival des cinémas d'Afrique du pays d'Apt, le festival du film court métrage de Nouakchott, le festival du film engagé, le festival du film amazigh, ou encore le festival du film de Corse. Tous ces festivals auront ainsi l'occasion de piocher dans la liste des films projetés et pourquoi pas en sélectionner quelques-uns. Celui du film engagé a de quoi en effet se mettre sous la dent avec les différents documentaires de très bonne qualité qui seront à l'affiche aux RCB. Notons que cette année les RCB ont reçu 500 films. Ont été sélectionnés 24 films dont 21 seront présentés en avant-premières algériennes.

 

Bilan positif du Béjaïa Film Laboratoire
Profitant de l'occasion donnée par cette conférence de presse, Amine Hattou directeur du Béjaïa film laboratoire annoncera que désormais ce dernier se fera tous les deux ans. Une façon de mieux reculer pour avancer en allant chercher encore plus de financements et prendre le temps, surtout de bien structurer ce forum de production qui dira-t-il «après trois ans d'expériences et des bourses octroyées pour des réalisateurs, notamment dans la post-production, nous sommes bien satisfaits du résultat, car trois ont vu le jour et seront probablement montrés l'année prochaine aux RCB». Rappelons que organisées annuellement depuis 2003, les Rencontres cinématographiques de Béjaïa - RCB, sont la plus ancienne manifestation internationale cinématographique en Algérie dont la particularité est d'être indépendante, avec un budget annuel qui se situe entre 7 et 9 millions de dinars. Elles ont pour objectif d'offrir un espace d'échange et d'expression aux professionnels du cinéma, elles sont également une occasion pour le public de découvrir des films récents en provenance de plusieurs pays.
Organisées par l'association Project'Heurts, ces rencontres sont devenues un rendez-vous cinématographique incontournable pour le public algérien. «Cette fidélité du public est le reflet de notre engagement où chaque spectateur, chaque citoyen vit l'expérience du cinéma pour un partage des valeurs, nouer les liens et réduire les distances entre les sociétés et les peuples», soulignent les organisateurs dont une bonne partie de l'équipe, faut- il le rappeler, est bénévole.