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16ES RENCONTRES CINÉMATOGRAPHIQUES DE BÉJAÏA

fleurs de l'espoir

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fleurs de l'espoir

Trois films des plus poignants qui se rejoignent dans une même thématique, celle du destin des hommes abandonnés du monde entier, ont été projetés dimanche.

Le premier intitulé L'Héroïque Lande (La frontière brûle) est un documentaire de 3h45 signé par Nicolas Klotz et Michel Alger. Le synopsis?En hiver 2016, la jungle de Calais est une ville naissante en pleine croissance où vivent près de 12.000 personnes. Au début du printemps, la zone sud, avec ses commerces, ses rues, ses habitations, sera entièrement détruite. Les habitants expulsés déplacent alors leurs maisons vers la zone nord, pour s'abriter et continuer à vivre. En automne, l'Etat organise le démantèlement définitif de la jungle. Mais la jungle est un territoire mutant, une ville monde, une ville du futur même détruite, elle renaît toujours de ses cendres». D'emblée, la durée du film vous semble éreintante, rebutante, mais il suffit de plonger dans cette espèce d'odyssée pour ne plus voir le temps passer. Il y a de cette intimité qui s'installe et qui a nécessité le temps qui passe justement. Car, nos deux réalisateurs ont mis un an à tourner, afin de traduire cette oeuvre qui semble mêler documentaire et fiction. D'ailleurs, pour le coup, la complémentarité du duo a servi pour réaliser un document d'une rare beauté. (Réalisé avec petite caméra. L'un fera le son et l'autre l'image). Présenté comme un «épisode ignoré» de l' histoire de l'exil contemporain, ce film qui évoque la guerre et les actes de survie, nous présente des hommes et des femmes venus notamment d'Afghanistan, du Darfour, d'Irak ou encore de Syrie. Ils ont échoué dans cette jungle située dans le nord de la France. Attendant un hypothétique départ vers l'Angleterre. Loin des fils barbelés des frontières, les cinéastes ont pris le parti de les contourner et d'aller à la rencontre de jeunes gens pleins de vie qui rêvent d'un avenir meilleur. Ces derniers vont se confier en toute simplicité à cette caméra et raconter leurs déboires, ce qu'ils ont fui et ce qu'ils attendent. Oubliant même cette caméra intrusive, ils continueront à mener leur vie dans cette communauté bien soudée où les gestes simples, comme préparer à manger, nettoyer sa maison, discuter, chanter, rire prennent tout un sens. Un retour à l'état naturel des choses et de l'existence, exacerbé par ces éléments de la nature, tout autour tel le feu, l'eau, l'air et la mer. Le documentaire a quelque chose qui relève du mystique par moment. Car, de l'élévation il sera toujours question. Le film redonne humanité à ces gens dont on ne connaît souvent que les chiffres. De la beauté au milieu du chaos. De la poésie est ainsi sans cesse captée. Ici et là un sourire, un regard complice, des fleurs sur une bicyclette, des chansons, des gestes tendres, même si parfois la solitude pèse, le temps se rallonge et la température baisse...

Les réfugiés, ce combat du futur...
Mais dans cette zone de transit, la vie n'est pas de tout repos, non plus. Ces jeunes réfugiés sont gazés, pourchassés par la police...ils sont pour ainsi dire dans le purgatoire ne sachant où aller. Aujourd'hui, lors du débat, nous apprenons qu'une partie d'entre eux a pu rejoindre l'Angleterre. La jungle de Calais, pour rappel est un endroit qui est tout près de Paris. Il fut le symbole de tout ce drame humain, engendré suite aux guerres des uns et des autres (Printemps arabe par exemple) et la faillite de certains pays européens de prendre leur responsabilité ou tout simplement prendre à bras-le-corps le cri de détresse de ce microsme humain en péril, qui n'a de solution que de se réinventer et réapprendre à vivre, et a fortiori en adoptant de nouvelles règles de survie, celles-ci tant bannies justement par les gouvernements en place. Bouleversant est ce documentaire, qui lève le voile sur les conséquences désastreuses des conflits politiques qui se répercutent sur les hommes, obligés de laisser familles et maisons pour survire. Pour les réalisateurs, filmer le coeur de cette jungle était une urgence a fortiori, en allant marcher dans cette zone aux côtés de ces gens, capter leurs paroles, parfois dans leur intérieur bien propret et pas qu'en les filmant de l'extérieur. Filmer la douleur, certainement, mais leur bravoure aussi, leur désinvolture et leur espoir, c'est ce qui ressort de ce documentaire plein d'émotion et de force.
Un parti pris esthétique où l'image parvient à resituer la chaleur qui se dégage de cette jungle, avec réalisme, et une tendresse bienveillante, ajoutée à cela la bande-son musicale et ces silences qui succèdent juste après, comme cette magnifique séquence qui clôt le film de façon époustouflante:un homme dansant sur la plage filmé de loin, une revanche en chorégraphie, une danse de la vie sur sa cruauté qui s'acharne. Une danse de la vie qui rappelle l'engagement que ces jeunes gens ont pris pour atteindre leur objectif. Une résistance qui se lit comme une partition musicale tragique qui pourtant remplit le coeur de joie, à se pousser des ailes. Résistance des réalisateurs qui ont fait ce choix d'un sujet difficile à filmer pendant des heures, sans équipe technique, résistance au politiquement correct des formats de tournage pour un combat comme l'a si bien souligné le réalisateur, celui du futur, autrement en réalisant une oeuvre qui incite à la réflexion et non à la consommation stérile. Voilà pourquoi ce film est tant nécessaire à regarder et doublement même car sa valeur cinématographique est tellement omniprésente qu'on se laisserait happer avec plaisir pour fondre dans ce cadre et se laisser se mouvoir aussi devant ses vagues...

De l'esthétique du chaos
Ours de cristal et Grand Prix international du jury au festival de Berlin 2018, ayant fait l'ouverture du Festival du film des droits humains à Genève, Fortuna pour sa part est une fiction signée par le réalisateur suisse Germinal Roaux. Nous sommes dans les montagnes suisses. Le film est tourné en noir et blanc. Photographe de formation, le cinéaste qui a toujours travaillé en noir et blanc, se plaît à inviter le spectateur à terminer cette image manquante qui se cache sous ce choix chromatique. Il en sera question dans son film où le silence et le peu de personnages qui jouent vont donner place à juste titre à ce pendant imaginaire. En y introduisant d'abord l'histoire et le secret que cache cette jeune fille, de 14 ans, appelée Fortuna, par petites doses. Une jeune Ethiopienne qui se retrouve perdue dans un monastère perché dans la neige. Le film a des allures d'une fable ou d'un conte, mais qui n'a rien de magique. Venue par bateau et ayant perdu ses parents, Fortuna n'a que Kebir, un jeune Ethiopien comme elle sur lequel elle va s'appuyer. Mais l'histoire est plus complexe que ça... «Sommes-nous capables ou pas d'accueillir ces gens? C'est notre destin à nous aussi.» Au-delà des questionnements religieux, ces hommes de foi évoqueront des sujets bien essentiels, telle la responsabilité de qui décide ce qui est bien et mal pour l'autre. et notamment pour les réfugiés. Ainsi, à l'image du documentaire français, ce film invoque un langage de la poésie et de la contemplation qui donne à sentir, à saisir le temps en suspension dans ce no man's land immaculé. De la pureté factice, celle du refugié qui redevient vierge ou perdant sa virginité et est obligé de passer un nouveau cap dans sa vie pour se reconstruire. Tel un migrant qui a tout perdu et devra refaire sa vie, ailleurs. Progressivement, l'étau de cette noirceur du plan se desserre dans le film, et une sorte de lumière va éclairer la destinée de cette jeune fille qui finira par prendre une mûre décision devant un cercle de feu. L'enfance perdue ou comment grandir vite, quand on se retrouve dans un pays étranger, tel est aussi le sujet traité dans le court métrage projeté juste avant et tourné également en noir et blanc. Il s'agit de Toprak de Onur Yagiz. Ou comment un enfant d'un couple turc se retrouve à faire la traduction à sa mère enceinte et son père, des propos du médecin lors de son rendez-vous médical. Tout le film repose sur cette métaphore des coeurs en synchronisation lorsque le petit se met à entendre les coeurs de ses soeurs jumelles qui risquent de mourir avant leur naissance. De là, naît l'importance de l'idée de l'origine et du cordon ombilical, qui se rompt brutalement chez les réfugiés a fortiori, lorsque des parents sont séparés de leurs enfants comme on le voit aujourd'hui même aux USA.

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