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RACHID TAHA INHUMÉ VENDREDI À SIG (WILAYA DE MASCARA)

Le dernier adieu à l'interprète de Ya Rayah...

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Le dernier adieu à l'interprète de Ya Rayah...

C'est à Sig dans la wilaya de Mascara, que Rachid Taha devait être inhumé hier, après un dernier hommage que lui ont rendu jeudi à Paris ses amis et proches...

Rachid Taha dont l'annonce de sa disparition a suscité une vraie onde de choc tant chez les artistes que dans la société civile en Algérie, en France et même à l'étranger, a fait réagir plus d'un. Rachid Taha est décédé, rappelons-le, dans la nuit du mardi à mercredi, suite à une crise cardiaque à l'âge de 59 ans dans son domicile à Paris. Mais c'est dans sa ville natale que le corps a été transporté sur demande d'un chanteur algérien habitant en France, selon une source bien informée. Le chanteur, connu pour sa reprise de Ya Rayah de Dahmane El-Harrachi, a fait l'unanimité sur les réseaux sociaux. Mieux! Que ce soit d'Algérie, de France, du Sénégal ou du Burkina, l'artiste a fait pleurer plus d'un. En France il est celui «qui nous a ouvert les portes et le chemin» affirment des journalistes en France lorsqu'on évoque la première marche des Black- Blanc Beur et l'affirmation citoyenne de l'immigration qui était jusque-là cantonnée souvent dans l'ignorance et la clandestinité des ghettos. Rachid Taha chantait pour la reconnaissance de ces gens-là quand il mettra pour la première fois son pied à l'étrier avec son groupe Carte de Séjour. Des chansons et un répertoire engagé et mixte qui sonnent encore d'actualité jusqu'à aujourd'hui. Une musique rock tel The Clash assaisonné à un raï électrique des plus entraînants. Sa disparition n'aura laissé personne indifférent. La ministre française de la Culture, Françoise Nyssen, a ainsi rendu hommage sur son compte Twitter à celui qui «savait tout chanter, tout réinventer - The Clash autant que Trenet. Il nous quitte aujourd'hui mais les mélodies orientales de 1,2,3 Soleils, elles, ne nous quitteront jamais». De son côté président de l'Institut du Monde arabe, Jack Lang, a twitté «C'était un ami pour qui j'avais une grande et profonde affection. Rachid Taha était talentueux, original et généreux. C'était un artiste à la fois créatif et atypique. Il incarnait un idéal, une fraternité en actes, combative et militante», alors que le producteur de musique Pascal Nègre a évoqué des souvenirs professionnels en citant le succès de Ya Rayah, le concert historique de 1,2,3 Soleils, des fêtes, «des discussions et des rires jusqu'à la fin de la nuit». «Quelle tristesse..! RIP l'ami», a-t-il écrit dans un twitt. Les guitaristes algériens de renom, Lotfi Attar et Khliff Miziallaoua ont eux aussi salué le «talent d'un rockeur d'exception» en évoquant son génie et son travail remarquable dans Rock The Casbah et dans l'élaboration d'un répertoire universel et ancré dans la musique algérienne. Dans un message de condoléances adressé mercredi à la famille du défunt, le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, avait salué le parcours d'un artiste qui a «toujours porté ses racines algériennes sur les scènes internationales» et qui a donné «un écho» à la culture de son pays à travers ses chansons. L'ancien ministre et candidat à la présidentielle de 2017, Benoît Hamon, a exprimé dans un twitt sa «tristesse», évoquant ses «souvenirs» liés au chanteur qui surfait aisément entre le rock, le punk et le raï. L'ambassadeur d'Algérie en France, Abdelkader Mesdoua, a exprimé, dans un tweet, sa tristesse suite à la disparition d'une «icône de la musique algérienne». En effet, les témoignages sur les réseaux sociaux n'ont pas cessé de pleuvoir à ce jour. Beaucoup avancent leur peine, tristesse et déception de voir cet immense artiste partir prématurément. Le musicien et producteur Safy Boutella, attristé par cette disparition a fait ses adieux à un «artiste qui va beaucoup manquer à la scène musicale». Kamel El Harrachi, fils du célèbre chanteur et compositeur Dahmane El Harrachi, a qualifié de «prématurée» la disparition de celui qui a revisité l'oeuvre de son père et qu'il a remise au goût du jour. Natif de Sig en 1958, Rachid Taha a développé un répertoire inspiré de différents styles musicaux comme le chaâbi, le raï, la techno, le rock et le punk et sort son album Carte de séjour en 1983 qui sera suivi de Barbés (1990), Olé Olé (1995), Made In Medina (2000), Diwan 1998, Un, deux, trois Soleils (1998) ou encore Zoom (2013). Rachid Taha avait également composé plusieurs musiques de films dont Morituri de Okacha Touita, Beur sur la ville de Djamel Bensalah, Cheba Louisa de Françoise Charpiat dans lequel il a joué en plus d'avoir campé des rôles dans les séries télévisées Ecrire pour un chanteur et Le Lyonnais.
Il s'était engagé, à travers ses chansons notamment, dans le combat contre le racisme et la violence. Il disait croire en une «génération de Maghrébins talentueuse qui avait besoin de musique pour lutter contre la violence.» Un combat qui continue encore eu égard à la politique qui prévaut encore en France et dans le monde. Objecteur de conscience autant qu'une bête de scène confirmée, Rachid Taha laissera un grand vide, mais un trésor musical indéfectible dont la mémoire devra se rappeler autant qu'il aimait qu'on préserve celle de sa génération et ses racines. Un héritage hors des sentiers battus dont il faut saluer l'audace à tout jamais.

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