Prévisions pour le 22 Septembre 2018

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DISC-JOCKEY, BAROUD ET FUMIGÈNES

Le bonheur des uns et ses dégâts

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Cette ambiance festive et trop sonore ne fait pas que des heureux. Le phénomène cause en effet, de grands désagréments aux voisins et même aux plus éloignés.

Les nuits se font plus bruyantes ces dernières semaines de l'été. Les familles profitent de la période des fêtes de mariages et de circoncisions. La joie règne l'espace d'un week-end sur la maison et les alentours. Les voisins et les proches se joignent à l'ambiance jusqu'aux dernières heures de la nuit. Le disc-jockey pour un grand nombre de familles et Idhebbalen (les tambourins) pour d'autres. La liesse est bien partie pour durer jusqu'à l'aube.
Toutefois, cette ambiance festive et très sonore ne fait pas que des heureux. Un phénomène se propage rapidement, causant de grands désagréments aux voisins proches et les plus éloignés. En effet, ces dernières années, le son du mégaphone dont est doté le matériel va jusqu'à des kilomètres à la ronde. Une fête dans un village donné empêche les gens de dormir et même des citoyens de villages voisins éloignés de plusieurs kilomètres. Il faut dire que la pratique est qualifiée d'aberration par les populations.
Le bruit des décibels parvient jusqu'aux maisons éloignées de plus de cinq kilomètres. Le son empêche de dormir et cause des complications même pour les malades. Une prise de conscience est en train de prendre forme mais la pratique existe encore. Voyons ce qu'en pensent les gens.
C'est le week-end et il est presque 22h. La ville de Draâ Ben Khedda s'apprête à dormir. Les habitants rentrent et la ville se vide peu à peu, au rythme de la fermeture des commerces, surtout les cafés. Mais ce serait compter sans les fêtes qui sont célébrées ce jour-là. La joie des familles ne s'exprime pas uniquement pour les présents. Il faut qu'elle soit retentissante. Toute la ville doit le savoir. C'est minuit, le son de la musique est interrompu, laissant place aux coups de fusil et aux fumigènes tellement bruyants que toute la ville reste éveillée, du moins jusqu'à ce que la cérémonie prenne fin.
Ce sera compter sans le réflexe qui prend de façon inquiétante de l'ampleur. Un cortège sort et commence à faire le tour de la ville avec les mêmes sons de coups de fusils au baroud, produisant des explosions invraisemblables. La tournée va durer jusqu'aux environs de 4h du matin. Le lendemain, les gens, stoïques et mis devant le fait accompli, se lèvent avec une gueule de bois, mais ignorant ce qui se passait la nuit. C'est devenu habituel. L'exemple de la ville de Draâ Ben Khedda n'est pas unique car c'est une façon de célébrer les mariages et les circoncisions habituelles dans les villages. «Je ne peux rien vous dire. On sait et on dit tous que ce n'est pas bien de faire ça mais on le fait tous. Alors je préfère ne rien dire pour ne pas dire des bêtises», s'insurge un vieil homme, dans un café.
Dans les villages, la mode est au disc-jockey et la musique non-stop des chanteurs «spécial fête». les gens se plaignent aussi mais personne n'ose faire autrement.
«Pourtant, c'est exactement cela que les pays civilisés appellent le tapage nocturne. On doit tous aller en prison. Mais voyez-vous, on le fait tous.» l'avis est presque général mais personne ne nous explique pourquoi faire la fête doit impérativement se savoir par les voisins.
Dans le temps, la fête était l'occasion de partager sa joie avec les voisins et les proches. La situation est similaire aujourd'hui mais ce sont ces nouveaux réflexes qui causent ces désagréments. «Nos grands-parents aussi faisaient la fête avec les chants et les tambourins. Mais c'était réservé aux présents. Le son des tambourins n'était entendu que par les présents. Et même s'il allait un peu plus loin, il n'avait pas assez de puissance pour empêcher de dormir», raconte un vieil homme. «Aujourd'hui, les gens aussi veulent être heureux et partager leur joie. Mais la manière dont c'est fait dérange ceux qui ne sont pas concernés. Empêcher quelqu'un de dormir est passible de prison dans des pays civilisés. Chez nous on t'empêche de dormir et tu ne peux rien dire, parce qu'ils vont se dire que tu les jalouses. C'est tout. C'est ça le problème réellement», ajoute un jeune.
Enfin, pour parer à l'inadaptation de ce matériel sonore moderne aux villages et aux fêtes locales plusieurs personnes préconisent de généraliser les salles des fêtes. «Pour éviter ces désagréments, il n'y a pas mieux que les salles des fêtes. Elles sont conçues pour ça et les voisins qui ne sont pas invités ne risquent pas de veiller avec ceux qui font la fête», préconise un jeune propriétaire.

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