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SALIM ZERROUKI, BÉDÉISTE ALGÉRIEN, À L'EXPRESSION

"je ne suis pas Charlie Hebdo..."

Par
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Il était un des invités du Festival international de la bande dessinée d'Alger où il est venu présenter son album «Cent pour cent. Comment se débarrasser de nous pour un monde meilleur». Affable et souriant, entre une signature et une autre, l'artiste a bien accepté de répondre à nos questions...


L'Expression: Vous êtes bédéiste algérien installé en Tunisie. Vous avez un humour assez caustique. Pourriez-vous tout d'abord, vous présenter à nos lecteurs et nous expliquer comment vous êtes arrivé à la BD?
Salim Zerrouki: J'ai fait l'école des beaux-arts d'Alger. J'ai toujours fait de la bande dessinée depuis mon jeune âge, en amateur et après j'ai fait beaucoup de pub. C'est plutôt facile pour nous les sortants des beaux-arts. On gagnait beaucoup d'argent. Après 10 ans de pub je suis revenu vers le dessin. J'ai tenu deux blogs, un d'actualité en Tunisie et l'autre c'était des illustrations funny, rigolotes et apolitiques. A partir du moment où j'ai repris le dessin, ça commençait à me plaire de plus en plus. J'ai rejoint le collectif tunisien de bédéiste le Lab 619 et après ça j'ai sorti ma première bande dessinée.

On sent la touche algérienne dans votre BD d'autant que l'aspect social du pays est décortiqué de façon assez drôle...
Elle est purement sociale et elle s'adresse au Maghreb (Algérie, Tunisie, Maroc). Il n'y a pas de politique pour que la BD soit comprise dans les trois pays. Il n'y a pas quelque chose qui est spécifique à l'Algérie ou à la Tunisie. J'ai essayé d'aborder des sujets qui s'adressent à tous les Maghrébins. C'est pour cela que je l'ai réalisée dans la langue française pour qu'elle soit comprise dans les trois pays. Il y a des choses qui peuvent sonner algérien effectivement, mais je pense que les situations sont les mêmes qu'en Tunisie ou au Maroc.

Vous vous inspirez de quoi alors?
Pour cette BD je n'ai pas eu besoin d'inspiration. Cette BD est le fruit d'une accumulation, de choses accumulées pendant toutes les années où j'ai vécu au Maghreb. J'ai sorti dans une BD tout ce qui m'a dérangé, tout ce dont on se plaint tous les jours je l'ai mis dans une BD.

Hier vous avez déclaré aimer piquer les gens, quitte à un peu provoquer, mais que vous n'étiez pas Charlie Hebdo car votre démarche dans le dessin est complètement différente...
L'effet recherché par Charlie hebdo est frontal, un dessinateur de Charlie Hebdo ne va pas prendre des pincettes avec quelqu'un de religieux, il va directement se moquer de lui. Si c'est un musulman il va dessiner le prophète (Qsssl), alors qu'il sait que ça va déranger le musulman. Moi je ne ferai pas ça. Je piquerai celui dont je veux parler sans aller frontalement, mais tout en subtilité.

Par respect?
Il y a du respect c'est clair, mais il y a une autre facette à mon humour. C'est que notre société n'est pas entièrement ouverte pour ce genre de choses. Il reste encore des sujets et des choses qu'on ne peut pas toucher. Si on le fait, ça ne servirait à rien car l'interlocuteur deviendra hermétique. Vous imaginez si l'on va dessiner le prophète (Qsssl) en Algérie? Ça ne sert absolument à rien.
On va s'attirer les foudres des gens. Personne ne va écouter ce que l'on dit. Alors que moi je préfère qu'on écoute ce que j'ai à dire. Il y a une planche dans laquelle j'ai parlé de la religion, celle du Code de la route. J'ai fait un parallèle entre le Code de la route et le Coran, mais je n'ai pas voulu choquer pour choquer.

Vivez-vous du dessin aujourd'hui en Tunisie?
J'ai un seul album de BD. J'ai décidé de vivre de mon art depuis 2016. Pour l'instant j'ai la BD qui ne me fait pas vivre, je fais des illustrations, j'essaye de les vendre aussi dans des concepts store ou lors d'événements particuliers, sur le Net aussi quand on me contacte. J'imprime mes illustrations en tableau, carte postale, sur divers supports, aussi j'essaye d'arrondir les fins de mois en travaillant encore dans le graphisme.

Vous vivez aujourd'hui en Tunisie, voyez-vous une certaine différence dans le monde de la BD entre l'Algérie et la Tunisie?
Oui il y a une très grande différence. La Tunisie est encore timide comparée à l'Algérie dans le domaine de la BD. En Algérie il y a beaucoup plus de bédéistes et de maisons d'édition. En Algérie, il y a une maison d'édition qui est spécialisée dans le manga et une autre dans la BD et cela n'existe pas en Tunisie. Je suis édité par la maison d'édition Lala Hadrya en coédition avec une maison d'édition française pour la distribution en France, Suisse, Belgique etc. Je suis le premier bédéiste édité en Tunisie.

Et quel écho avez-vous de votre BD à l'étranger?
Franchement l'écho est positif. Que ça soit au Maghreb ou en Europe. Cela nous a vraiment étonnés. Je ne m'attendais pas du tout à ça. Je pensais qu'il allait y avoir une certaine catégorie de gens qui allaient la détester mais tout le monde a adoré la BD, je suis vraiment étonné!

Des projets et avec quels thèmes de prédilection?
Faire d'autres BD et en faire de plus en plus. Des sujets qui touchent au Maghreb. Je pense que je vais tourner autour de ça. J'essaye aussi de faire des dessins de presse pour aborder l'actualité, mais pas pour la BD, c'est ponctuel je le fais si le sujet me parle. Sinon, oui, tout à fait la femme tient un grand rôle au Maghreb et donc dans ma BD. Les gens pensent que la femme souffre au Maghreb pour différentes raisons. Mais les femmes ne savent pas que les hommes souffrent de ça aussi. Moi j'ai souffert en Algérie parce que les femmes ne pouvaient pas sortir comme elles le voulaient. J'avais, des copines qui devaient rentrer à 17h ça m'emmerdait beaucoup. Comme j'en ai énormément souffert j'en parle beaucoup. J'ai de nombreuses planches qui parlent des femmes.

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