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CHIBAH EDITIONS AU SILA 2018

Un catalogue bien éclectique

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Un catalogue bien éclectique

Des romans, des livres sur l'histoire, le cinéma, l'économie, la politique, des essais, des traductions vers l'arabe et un livre en tamazight, autant de nouveautés qui feront votre bonheur...

Le Salon international du livre d'Alger qui se tiendra jusqu'au 10 novembre voit cette année la publication de nombreux ouvrages chez de nombreuses maisons d'édition. Parmi elles Chihab qui marque sa rentrée avec de nombreuses nouveautés, que ce soit en littérature, essai ou autre catégorie. Dans la première citée, on notera la venue du dernier-né de Nassira Belloula intitulé Aimer Maria (1200 DA). Une histoire de famille qui a comme héroïne Nora et ses soeurs. Ces dernières apprennent, incrédules, que leur mère a décidé de quitter le domicile conjugal après 30 ans de vie commune avec leur père sans qu'aucun signe avant-coureur n'ait annoncé ce départ qui semble irrévocable. Ainsi commence ce roman décapant qui va, tout au long de ses pages, tenter de forcer les portes cadenassées d'une vie d'épouse, longtemps gardée secrète. Construit sur l'alternance de deux récits, celui des filles qui s'échinent à décrypter les non-dits des relations entre leurs parents et celui, rétrospectif, de la mère, la seule à pouvoir éclairer la révolte subite qu'elle vient de décréter contre sa soumission. Intimiste et psychologiquement violent, Aimer Maria s'en va disséquer, au scalpel, toute l'idéologie que la société traditionnelle algérienne et musulmane, en général, met en avant pour faire accréditer la suprématie de l'homme sur la femme. Ameziane Ferhani pour sa part, publie un nouveau recueil de nouvelles baptisé Les couffins de l'équinoxe (1000 DA). Un livre bien intéressant qui va nous mener dans un labyrinthe de voyages fait de nombreux visages et de lieux. Par crainte d'une prédiction, un village du Dahra est privé de boulangerie. A Mexico, un mystérieux personnage se déguise et s'enfuit de chez lui. Quelque part, un homme prépare sa valise pour un improbable voyage. Dans les années vingt, une fille de colon et son palefrenier nouent une relation plus que sulfureuse. De Beyrouth en feu, parvient le message nocturne d'une Libanaise inconnue. Dans un restaurant chic de Londres, le corsaire Mourad Raïs s'invite à un dîner. Dans une petite ville de l'Est, une «guezzana» vient troubler un bel amour. Dans le métro de Paris, un avocat comprend tout le sens du mot «étranger». A Goa, en Inde, le décès d'un touriste révèle une terrible piste constantinoise. A Toulouse. Dans un village de Kabylie. Au bord d'un oued saharien en furie... Des histoires de partout où l'humour, la haine, l'amour et le désir convoquent l'étonnement. L'Année miraculeuse de Mohamed Magani (1100 DA) nous emporte quant à lui, sur trois vis sans fin qui donnent le tournis dès les premières pages. La première vis concerne la rencontre, très mal entamée, entre Lotfia et Smaïl, femme au plus mal et homme mal en point: la trame du roman semble tracée; la deuxième, non moins motrice, nous fait découvrir assez vite Smaïl, ex-haut fonctionnaire précipité au bas de l'échelle sociale dans le sillage de la chasse aux cadres déclenchée en 1996, et Lotfia qui se trouve à Amsterdam dans un seul but, une quête désespérée; la troisième vient de manière subreptice, puis de plus en plus insistante, s'imbriquer aux deux premières, elle définit les contours d'un procès «Camus contre Camus». A l'image de ces trois spirales qui s'imbriquent, l'auteur nous fait passer d'une vis sans fin à une autre en douceur, jusqu'à épouser leur mouvement. Avec Sentiments irradiés (1100 DA), Djamel Mati nous plonge avec son nouveau roman au jour funeste du samedi 13 février 1960, à 7 heures 5 où le firmament s'éclaira brusquement d'un flash jaune orangé. La quiétude du désert du Tanezrouft se transforma en horreur changeant à jamais la flore, la faune et les hommes. Deux pays, deux peuples, deux cultures différents, séparés par un immense bassin au milieu des terres, traînent le boulet d'un passé, lourd, ombrageux, douloureux, litigieux et toujours revanchard. Pourraient-ils un jour transcender leurs différends, leurs rancoeurs, exploiter leurs convergences et se tourner vers l'avenir qui tend les bras?.Difficile quand les sentiments de l'un et de l'autre demeurent encore irradiés. Que de questions que pose l'auteur dans ce passionnant livre. Dans Pluie d'or, livre écrit en tamazight, Mohamed Sari nous invite à un voyage dans les méandres inextricables de la nouvelle société algérienne, à travers le personnage d'El Mahdi et les «compagnons de la chamelle», dans des scènes mêlant réalisme et fantasmagorie. Un roman fait de bruit et de fureur, une plongée abyssale dans les profondeurs d'une réalité fantasmagorique, où s'entrechoquent les rêves les plus fous et les destinées les plus tragiques. Rachid Mokhtari pour sa part publie deux livres de recherches. Le premier tome est intitulé La guerre d'Algérie dans le roman français (tome 1-Esthétique du bourreau) et le second est baptisé La guerre d'Algérie dans le roman français (Tome 2 -Élégie pour une terre perdue). Le catalogue de Chihab Editions ne s'arrête pas là mais comporte d'autres livres dont certains en langue arabe et d'autres en langue française relatifs à l'économie, au cinéma comme celui de Ahmed Bjedjaoui qui retrace les 50 ans d'écriture au service du septième art ou encore Les Mémoires du général Khaled Nezzar, des livres d'histoire à l'instar de Histoire de l'Algérie, De la résilience à la quête de la modernité de Chems Eddine Chitour. Cet ouvrage évoque avec minutie la lutte du peuple algérien qui s'insère dans l'histoire de la résistance plus large du Grand Maghreb. Cet ouvrage décrit l'épopée de ce peuple depuis trois mille ans jusqu'à la colonisation française. Tout au long de cette nuit coloniale selon Ferhat Abbas, l'Algérie a connu aussi une tentative d'éradication de son identité. Après plusieurs révoltes durant près d'un siècle, les Algériens tentèrent aussi la lutte politique, mais c'est la Révolution de Novembre qui a permis l'indépendance et montré que les peuples sont nés pour être libres. D'autres livres sont à découvrir au stand Chihab durant le Sila.

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