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CLANDIO BUREI EXPOSE «RIEN DE PERSONNEL» AUX ATELIERS SAUVAGES

Regard transversal

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Sur initiative de l'Institut italien, cette expo qui s'inscrit dans le cadre de la Journée du contemporain est visible jusqu'au 16 décembre.

Nous l'avions découvert en 2016 au Musée du Bardo lors de l'exposition collective Al Tibaq où il s'était fait remarquer avec ses oeuvres originales sous le thème générique de la transgression, nous le retrouvons ce jeudi 29 novembre, aux Ateliers sauvages cette fois pour une exposition individuelle rétrospective de ses cinq années de travaux. Lui, c'est l'artiste italien Calaudio Burei, dont 32 oeuvres de son cru ornent les cimaises de cet antre des arts dans l'Algérois. L'artiste expose à l'occasion de la première édition des journées de l'Art contemporain. Une initiative organisée, cette année pour la première fois, par le ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (Maeci), dans le cadre de la XIe édition de la «Journée du contemporain» réalisée par l'Association des Musées d'art contemporain italiens (Amaci) et par le ministère des Biens et Activités culturels avec l'objectif de célébrer et diffuser l'art italien contemporain en Italie et à l'étranger. A Alger et via l'institut culturel italien, c'est Caludio Burei qui est ainsi mis à l'honneur, à travers, souligne la directrice de ce centre, Maria Battaglia «une mise en scène originale et polymorphe où l'emploi des techniques mixtes, comme les incisions, les griffures et le digital painting, exprime parfaitement la pluralité des significations et des symboles des images et des sujets». En effet, prolixe et généreux, aussi bien dans la déclinaison des idées, que dans l'emploi des matières, l'artiste nous introduit dans son univers dès l'entrée des Ateliers sauvages. D'abord sur du carton commercial, l'artiste peint puis découpe et crée des effets de reliefs pour faire naître deux portraits, celui de Che Guevara qui fait face à Mao. Au milieu, lorsqu'on lève la tête nous apercevons le mot clin d'oeil ou l'acte lui -même écrit en langue arabe. Tout au long du parcours que l'on sillonnera à travers ce grand espace que sont les Ateliers sauvages, nous sommes happés notamment par le mot ogle. D'emblée, notre esprit nous renvoie au mot «google». «Dans le projet ogle, Caludio Burei s'inspirant de l'héritage culturel du pop art italien, propose ce qu'aujourd'hui nous pouvons légitiment considérer comme la continuation naturelle de «Propaganda Coca-Cola» de Mario Shifano. A travers la dissolution et la déconstruction de l'image, Burei participe activement au processus destructif-constructif en proposant son idée de la mondialisation», affirme la commissaire d'expo, Viviana Vannucci. Ainsi, l'icône médiatique tel que nous le connaissons à savoir google n'est autre que ogle qui signifie en anglais cligner des yeux avec «concupiscence». L'artiste qui remet en question avec dérision ce phénomène de consommation rapide de l'information et de son pendant voyeur parfois et malveillant, noie et associe ce terme à différents tableaux où l'on perçoit tantôt le drapeau algérien, celui des Etats-Unis ou encore en s'inspirant des tapis orientaux comme décorum. Sur différents supports (toile, bois, digital painting etc) le mot ogle revient souvent comme une obsession qui unit le monde dans ce qu'il a d'incongru et de symptomatique, d'une société qui se distingue de plus en plus par la force des apparences. Une belle métaphore qu'il réussit à nous faire passer, en faisant sauter en éclats l'image première qui se dessine dans notre esprit lorsqu'on aperçoit le mot en question dont la typographie elle -même rappelle celle de «google». Autres éléments que l'artiste tente de créer en faisant appel à l'affect de la mémoire, est ce grand tableau qui évoque les gravures du Tassili des Ajjer, mais où l'on voit des hommes noyés dans un flux de magmas de couleurs, et de peinture à l'huile bien sèche, insufflant ainsi cet aspect rugueux au tableau tel des montagnes rocheuses qui remonte à des temps ancestraux. Ainsi du passé jusqu'au présent, l'artiste évoque la trace de l'homme, y compris ces spectres humains suspendus par un fil au plafond de cet espace que sont les Ateliers sauvages. Rien de personnel est une belle exposition de cet artiste plein de créativité et d'humour qui n'en a pas fini d'explorer les travers et failles de notre humanité...

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