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DÉCÉDÉ LE 3 JANVIER 2005

Une fresque à l'effigie de Brahim Izri à Ath Yanni

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Une fresque à l'effigie de Brahim Izri à Ath Yanni

Afin de marquer le quatorzième anniversaire de son décès, deux journées commémoratives sont prévues cette semaine dans sa région natale Ath Yani.

Ya-t-il un mélomane qui peut prétendre sérieusement ne pas connaître Brahim Izri? Si c'est le cas, le concerné devrait sans doute s'adonner à des cours de rattrapage en musique car Brahim Izri est incontestablement l'un des artistes kabyles qui ont donné les plus belles mélodies à la chanson kabyle au chapitre du style appelé communément moderne. Brahim Izri a composé, non seulement, pour lui-même, mais également pour de nombreux autres chanteurs célèbres.
Brahim Izri est malheureusement décédé prématurément, à l'âge de cinquante ans, le 3 janvier 2005 en pleine maturité artistique. Bien évidemment si la mort n'avait pas freiné son élan créateur, Brahim Izri aurait encore enrichi énormément le répertoire de la chanson kabyle. Mais ce qu'il a fait déjà en si peu de temps (un peu plus de trente ans de carrière) est désormais gravé éternellement dans l'esprit des amoureux de la chanson kabyle.
Afin de marquer le quatorzième anniversaire de son décès, deux journées commémoratives sont prévues cette semaine dans sa région natale Ath Yani et plus exactement dans le village qui l'a vu naître, à savoir Ath Lahcène. Comme chaque année donc depuis sa disparition, l'Assemblée populaire communale d'Ath Yanni et le mouvement associatif local ont préparé un programme de commémoration, certes modeste, mais qui a le mérite d'extirper de l'oubli ne serait-ce qu'une fois chaque année ce grand artiste reconnu de tous ses pairs.
Les organisateurs comptent se recueillir sur la tombe du regretté et tenir une table ronde-témoignages d'anciens compagnons de Brahim Izri.
Ils rappelleront, à cette occasion, avec moult détails les différentes étapes ayant ponctué le parcours riche de cet artiste talentueux, mais aussi, apprend-on, raconteront des anecdotes au sujet de l'auteur de la célèbre chanson: «Anelhou». Brahim Izri a permis à la chanson kabyle longtemps «cloisonnée» soit dans le style chaâbi, soit dans le style folklorique, d'accéder par la grande porte à la modernité, voire à l'universalité.
Depuis Slimane Azem jusqu'au milieu des années soixante-dix, la chanson kabyle était basée essentiellement sur les textes.
C'était une obsession chez les grands artistes d'expression kabyle de faire d'abord de la poésie élaborée et raffinée avant de penser à la musique qui a constitué souvent un support, pas plus. Mais après l'ouverture sur le monde du début des années soixante-dix, il était évident que les chanteurs kabyles, du moins ceux qui étaient en début de carrière, devaient impérativement changer le fusil d'épaule et songer à améliorer l'aspect musical de leurs oeuvres. C'est la voie qui a été choisie sciemment par Brahim Izri ainsi que par tant d'autres groupes de chants kabyles à l'instar du mythique groupe les Abranis.
Brahim Izri a compris donc cet enjeu car les mélomanes kabyles commençaient à devenir de plus en plus fans des artistes d'outre-mer.
La chanson française et occidentale de manière générale séduisait de plus en plus les jeunes Kabyles qui ne pouvaient rester en marge du temps qui avançait implacablement. C'est alors que plusieurs artistes dont Brahim Izri ont vite répondu aux attentes, voire aux exigences des auditeurs kabyles qui ne tardèrent pas à revenir au bercail, partiellement s'entend.
A côté de Idir dont il a été guitariste pendant longtemps, Brahim Izri se distingua surtout lorsqu'il composa plusieurs musiques chantées par le célèbre chanteur kabyle qui est de la même région que lui (Ath Yanni). Toute la vie de Brahim Izri, depuis l'enfance, a été marquée par la musique et le chant. En effet, il accompagnait alors son grand-père à la zaouïa de Sidi Belkacem (Ath Yanni) où il baignait fréquemment dans le chant religieux aux sonorités traditionnelles.
Parallèlement, il s'initiait aux instruments de musique avant de lancer un groupe de chant dénommé «Igudar» dès l'adolescence.
A l'époque, pour rappel, la mode était aux groupes de chants modernes qui étaient foncièrement et résolument engagés dans le combat identitaire amazigh qui signait ses premiers balbutiements. C'était la période de l'éclosion de groupes comme «Isulas», «Imazighen Imoula», «Inasliyen» ainsi que les «Abranis» bien sûr.
C'était la fin des années soixante. Après quoi, la rencontre entre Brahim Izri et Idir au début des années soixante-dix poussent les deux hommes à travailler ensemble et à faire cause commune. Ils créèrent un véritable groupe de «choc».
La conjugaison des efforts et des talents des deux chanteurs donna ses fruits puisque le travail de groupe, surtout sur l'aspect musical, allait écrire l'une des plus belles pages de la chanson kabyle dite moderne. Puis, la vie étant ce qu'elle est, Brahim Izri et Idir se quittèrent. Ce qui conduisit Brahim Izri à voler de ses propres ailes en produisant d'excellents albums en solo durant plusieurs années. Jusqu'à 1999.
Les deux anciens compagnons de scène renouèrent le contact. Ils produisirent ensemble (avec la compagnie de Maxime Le Forestier) la célèbre chanson «Tizi Ouzou».
Il s'agit d'une reprise de la musique du célèbre tube «San Francisco». Ce titre, repris en kabyle, avait fait un tabac dans toute la Kabylie.
Après cette glorieuse parenthèse, Brahim Izri s'éloigna de nouveau de Idir pour des raisons personnelles. Mais pas de l'art dont il est resté passionnément féru jusqu'à ce qu'il tomba gravement malade.
Hospitalisé, Brahim Izri dit adieu à ses fans le 3 janvier 2005.

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