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PRÉSENTATION AU TNA DE LA PIÈCE NATHAN LE SAGE

Dire la religion par le rire

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Dire la religion par le rire

Jeudi et vendredi soir, le Théâtre national algérien Mahieddine Bachetarzi a accueilli une pièce de théâtre pas comme les autres. S'inscrivant comme on nous l'a présenté dans l'esprit du «vivre ensemble en paix» et l'amitié interreligieuse, cette pièce n'a pas démérité. Nathan le sage est son nom. Elle s'est voulue avant tout une oeuvre théâtrale, mais aussi philosophique, qui a su aborder un sujet bien sensible qu'est la religion mais déclinée de façon à la fois drôle, ludique et non dénuée de malice, parvenant à distiller dans le propos des clin d'oeil propres au présent pour toucher encore plus le spectateur. A travers un discours, un dialogue à la fois simple, didactique et un jeu bien amusant, on ne pouvait qu'être captivé. Écrite par le dramaturge allemand Gotthold Ephraim Lessing, cette oeuvre publiée en 1779 a été jouée sur scène pour la première fois en 1783, deux ans après la mort de son auteur. Plus de 200 ans plus tard, elle reste toujours d'actualité. «Nathan le Sage» se déroule à «Jérusalem où, à la fin du XIIème siècle (entre 1187 et 1192), Recha, fille d'un sage commerçant juif, Nathan, vient d'être sauvée des flammes par un Templier, lui-même mystérieusement gracié par le sultan Salah Eddine El Ayoubi (Saladin) (...). Tandis que la révélation de la véritable identité de Recha va menacer de perdre Nathan, Saladin exigera de lui un arbitrage entre les trois monothéismes...». Se pose aussi la question «quelle est la vraie religion?» Entre hypocrisie et dessein inavoué, plan mercantile et entêtement, le puzzle va se recoller pour enfin délier le fil d'une histoire bien singulière, d'une famille recomposée qui scellera le rapport du sang au-delà de la violence promise et ce, par la réconciliation et l'inscription d'une fraternité éternelle, qui remonte en fait à plus que l'on pense. Les langues se délient et des vérités se disent sut les vraies motivations des uns et des autres qui sont parfois mus non pas par le désir de plaire à Dieu, mais de répondre à un désir personnel, humain tout compte fait, celui que certains faux dévots meurtriers pensent maquiller en faveur de leur intérêts. Très belle pièce, où les acteurs amateurs donnent à voir un vrai prêtre et un vrai imam sur scène. De l'impensable qui se termine par un show surréaliste quand tout le monde se met à danser en reprenant cette fameuse scène où Louis de Funès se met à interpréter en chorale une danse traditionnelle juive dans Rabbi Jacob. Avant cela, clin d'oeil à Marseille puisque l'accent chantant, de certains acteurs s'en ressent. Ainsi, une chorégraphie hip hop est donnée à voir sur le fameux titre Côté obscur du groupe de rap, légendaire, Iam. Présentée en effet, par l'association pour «L'Amitié inter-religieuse» d'Istres dans le sud de la France et Brahim Djellouadji de Med Voyages (agence événementielle et de tourisme culturel), sous le haut patronage du ministère de la Culture, cette pièce a été jouée par des comédiens de différentes confessions religieuses. Mise en scène par Alice Bertrand Kaczmarek, l'oeuvre a été portée par Betrand Kaczmarek, comédien et cometteur en scène et Djamel Bedra, comédien et président de la mosquée Errahma d'Istres) qui, au-delà du spectacle, ont su porter le message de la tolérance et de la paix au firmament, et ce, grâce au rire et à la dérision qui ont permis que la magie se fasse.

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