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FESTIVAL DU FILM AMAZIGH DE TIZI OUZOU

Un événement dédié à Djamel Allam

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Un événement dédié à Djamel Allam

Cette édition qui se tiendra à partir du 23 février a gagné en maturité et s'impose désormais comme un rendez-vous incontournable.

La 17e édition du Festival culturel national du film d'expression amazighe sera dédiée, cette année, au chanteur kabyle mais aussi comédien et réalisateur Djamel Allam, qui nous a quittés récemment après une longue maladie. Le regretté Djamel Allam, pour rappel, avait déjà participé au même festival en tant que réalisateur et avait été même récipiendaire du Prix de l'Olivier d'or du meilleur film. D'ailleurs, les organisateurs du Festival du film amazigh ont décidé d'entamer cet événement avec la projection du film de Djamel Allam intitulé «Banc public», a-t-on appris. C'est une manière de rendre hommage à Djamel Allam à cette occasion, en présence de plusieurs hommes de culture, dont des écrivains, des réalisateurs et des comédiens. Le coup d'envoi de cette nouvelle édition aura lieu le 28 février prochain au niveau de la grande salle de spectacle du théâtre régional Kateb-Yacine de la ville de Tizi Ouzou. Le festival s'étalera jusqu'au 4 mars, journée durant laquelle seront annoncés les noms des lauréats des différents prix décernés lors de cet événement culturel. La nouveauté très importante cette année, c'est le fait que pour la première fois depuis le lancement de ce festival, le commissaire soit un homme de métier, c'est-à-dire un cinéaste, de renom de surcroît. Il s'agit du célèbre et prolifique réalisateur Amar Tribèche. Le ministère de la Culture a décidé de nommer Amar Tribèche, ayant derrière lui un parcours des plus riches dans le domaine, à la tête de ce festival, afin de tenter de lui insuffler un nouveau souffle. Ce qui est très attendu, car le festival du film amazigh, qui avait connu un immense engouement pendant quelques années, a commencé à péricliter depuis au moins cinq années pour au moins deux raisons. La première, qui en est la principale, n'est autre que la baisse, voire l'absence de production cinématographique, ces derniers temps. D'ailleurs, la tenue de la 17e édition a été reportée, plusieurs fois, à cause justement de cet écueil. En effet, la commission chargée de la réception des produits en lice n'a réceptionné aucun long métrage jusqu'au mois de décembre dernier. Puis elle en a reçu seulement un seul. Il a fallu donc prolonger les délais de clôture du dépôt des candidatures. Aux dernières nouvelles et en dépit de plusieurs reports, il n'a été enregistré le dépôt que de deux longs métrages qui entreront en compétition à partir du 28 février prochain à Tizi Ouzou. La deuxième raison qui explique le déclin du festival du film amazigh a trait bien sûr aux mesures d'austérité, ayant vu le budget octroyé à cet événement baisser de manière sensible.
Mais en dépit de tous ces problèmes, le ministère de la Culture a décidé de le maintenir et d'en faire une priorité dans le but d'encourager la production cinématographique en langue amazighe surtout à la faveur de la reconnaissance de tamazight comme langue officielle dans la Constitution algérienne en février 2016. Lors de l'une de ses récentes visites dans la wilaya de Tizi Ouzou, Azeddine Mihoubi, ministre de la Culture, a affirmé que le Festival du film amazigh sera maintenu quoi qu'il en soit car l'Etat a décidé de promouvoir l'amazighité dans tous les secteurs et celui du cinéma est l'un des plus névralgiques. De son côté, le réalisateur et commissaire de ce festival, Amar Tribèche, a indiqué récemment que le manque de production cinématographique n'est pas propre à la langue amazighe, mais il reflète la vraie situation de ce secteur culturel en Algérie.
Amar Tribèche, lors de ses différentes sorties médiatiques depuis son installation à la tête de ce festival, a affirmé que le manque de moyens financiers a poussé la majorité des producteurs et réalisateurs à se tourner résolument vers les courts métrages qui nécessitent moins de moyens financiers. Le même responsable a indiqué que le prochain festival du film amazigh verra d'ailleurs la participation de 10 courts métrages, huit documentaires ainsi que deux films d'animation. Il y a lieu de souligner qu'en plus de la projection de toutes les productions en compétition pour l'Olivier d'or du meilleur film en tamazight, le festival sera ponctué par l'animation de plusieurs conférences-débat sur le 7e art. Notons enfin qu'en plus de la baisse du budget du festival du film amazigh, les sponsors privés ou publics ne se bousculent pas au portillon d'un événement qui aurait pu être le fer de lance du cinéma algérien d'expression amazighe.

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