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26ÈME ÉDITION DU FESPACO

L'Algérie apporte son soutien...

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Rien ne pouvait venir déranger le déroulement de sa cérémonie d'ouvertureRien ne pouvait venir déranger le déroulement de sa cérémonie d'ouverture

L'Algérie pourra apporter de l'aide, notamment dans le cadre de la formation et autres des échanges entre les deux pays. ceci s'inscrit d'abord et avant tout, dans un «rapport de fraternité» qui n'est plus à démontrer.

Depuis 2013, nous n'avons plus remis les pieds à Ouagadougou. Entre-temps, des événements se sont succédé dans cette belle capitale du Burkina Faso. Sur le plan politique, le président a changé. Entre heurts, soulèvements populaires, et autres problèmes sécuritaires, Ouagadougou vit sous haute tension maintenant et pour cause, aujourd'hui elle est la cible de nombreux attentats terroristes, le dernier en date remonte à il y a à peine une semaine. Mais qu'à cela ne tienne!

160 films
Les 50 ans du Fespaco sont un événement éminemment politique avec lequel on ne joue pas! Rien ne pouvait venir déranger le déroulement de sa cérémonie d'ouverture. En effet, c'est avec des snipers postés sur les toits, tout autour du périmètre aménagé pour le festival, que la 26ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) a été inaugurée samedi, par le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré devant des milliers de festivaliers. «Mémoire et avenir des cinémas africains» est le thème de cette édition bien particulière. «Nous avons pris l'engagement de franchir une autre étape, car 50 ans, c'est l'âge de la maturité», a déclaré le président du Burtkina Faso dans son allocution de bienvenue. Il exhortera les cinéphiles à aller voir les 160 films, toutes catégories confondues, entre compétition, panorama, films restaurés etc., promettant le franc succès pour cette édition tout en assurant que «toutes les dispositions sécuritaires ont été prises» pour veiller et pour ce faire. Aussi, un nombre record, lit -on quelque part, près de 4500 professionnels du 7e art sont là, pour fêter le jubilé d'or du premier festival africain au monde. Plusieurs officiels se sont succédé à la tribune pour exprimer le grand enjeu politique et culturel que revêt ce grand festival qui est devenu une vraie référence aujourd'hui dans le monde. Crise financière, recherche de source de financement à l'international, faire appel au privé, professionnalisme et solidarité
panafricaine ont été les quelques mots qui revenaient souvent. En effet, le président Kaboré a sollicité les réalisateurs à «promouvoir le vivre ensemble face à ce contexte de terrorisme», tout en saluant la mise en place par l'Union africaine de la Commission africaine pour le cinéma et l'audiovisuel qui, bientôt «va participer au financement du cinéma africain, à la promotion du 7e art». Aussi, en s'adressant aux invités du Fespaco, le ministre de la Culture burkinabée fera remarquer, «quelles que soient les lacunes d'organisation rencontrées, 'je vous dis: je vous aime!'' car on aime le Burkina et on aime l'Afrique!» s'est-il exclamé devant les salves d'applaudissements du stade. Un des moments forts d'ailleurs, à saluer, aura été le passage du Ballet national du Rwanda, pays invité d'honneur de la 26ème édition du Fespaco. Une troupe de danseurs et de chanteurs-interprètes qui a subjugué la forte assistance du stade. Le président de l'Union africaine a souligné pour sa part, l'importance de la culture comme richesse à sauvegarder pour contrer ce fléau contemporain qu'est le terrorisme. Il annoncera la tenue du Prix de l'Union africaine qui sera décerné au courant du Fespaco, afin de redonner «à la culture toute sa place dans son développement dans le continent» et en parlant de la position de l'Afrique dans le monde, il dira qu'«il ne s'agit pas de se lamenter», mais de pousser à un vrai «sursaut intellectuel, sur ce que nous devons faire, en nous-mêmes et sur nous» des mots forts qui résonnent également pour nous Algériens, présents aussi à cette 26e édition du Fespaco. En effet, une forte délégation a fait le déplacement à Ouagadougou.

Hommages aux pionniers
On citera d'abord le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi qui se félicitera de la place de l'Algérie ici, tout en affirmant son réel désir de poursuivre les relations bilatérales avec le Burkina Faso qui se sont un peu mis en veille depuis 2014. Il dira qu'en ce sens, l'Algérie pourra apporter de l'aide, notamment dans le cadre de la formation et autre dans le cadre des échanges entre les deux pays et ceci s'inscrit d'abord et avant tout, dans un «rapport de fraternité» qui n'est plus à démontrer. Une unité africaine saluée en effet par la majorité des officiels présents durant cette cérémonie d'ouverture de la 26ème édition du Fespaco. Outre la présence de Ahmed Bejdaoui, comme président du jury long métrage, Yasmine Chouikh en compétition avec son long métrage Jusqu'à la fin des temps, Nadjib Lamraoui avec son court métrage La feuille blanche entre autres, on notera aussi la présence du directeur de l'Onda Sami Bencheikh et Zhira Yahi, commissaire du festival du film engagé d'Alger. Parlant de l'Algérie, il est bon de noter que ce sont 13 Algériens au total (des techniciens pour la plupart), qui ont débarqué à Ouagadougou avec 17 tonnes de matériel de son et lumière, afin d'assurer le son et la lumière pour les cérémonies d'ouverture et de clôture de la 26e édition du Fespaco. Un geste fort de l'Etat algérien, afin d'apporter sa main à l'édifice, en contribuant comme il peut, à renforcer les rapports bilatéraux entre les deux pays sur le plan culturel, bien entendu. Aussi, avec le riche programme tracé pour la cérémonie d'ouverture, le stade municipal Issouf Joseph-Konombo fut illuminé, dès l'après-midi jusqu'à la tombée de la nuit où la soirée fut clôturée par un gigantesque feu d'artifice comme c'est de coutume ici. De la musique, de la danse, mais aussi des processions de chevaux, des militaires, la cérémonie d'ouverture s'est déclinée sous forme d'un spectacle bien étudié et agencé qui a su allier l'art du show et des festivités des grands jours aux interventions solennelles des grandes personnalités officielles qui se sont succédé sur scène. Notons que c'est le célèbre groupe ivoirien Magic Système qui a eu le dernier mot en clôturant en beauté, samedi soir, cette cérémonie d'ouverture
Aujourd'hui en 2019, nous sommes loin de la création du festival en 1969 sous la dénomination ordinaire de «semaine du cinéma africain». Le festival s'est agrandi et ses ambitions aussi. Des images d'archives retraçant son ouverture et sa clôture en 1969 ont été projetées également. Autre moment fort du cinquantenaire du Fespaco est cet hommage appuyé qui a été rendu aux pionniers du Fespaco et dont la majorité est présente cette année. Parmi eux, on citera le Malien Souleymane Cissé, le Camerounais Jean-Pierre Dikongué-Pipa, le Guinéen Moussa Diakité, etc. La première présidente de l'organisation du Fespaco en 1969, la Burkinabée Alimata Salembéré a cité dans cette liste d'hommages les Sénégalais Sembène Ousmane, Djibril Diop Mambety, Ababacar Samb Marrarah, etc. Aussi, le comité d'organisation a également tenu à honorer et inviter tous les lauréats de l'Etalon d'or de Yennega de 1969 à nos jours. Du Nigérien Oumarou Ganda à Alain Gomis, premier de la cuvée 2017, en passant par les références que sont Sembène Ousmane, Djibril Diop Mambéty, ou Dikongué Pipa et Abderahmane Sissoko... De plus, deux hommages ont été rendus, également à deux grands cinéastes disparus l'année dernière, à savoir Idrissa Ouédraogo, Missa Hébié.

450 projections prévues
Des petits films ont été projetés à leur adresse. Notons que cette année, le Fespaco a voulu faire grand en invitant beaucoup de monde à telle enseigne que certains hôtels ont dû ouvrir à peine à «J»-10 jours de la tenue du festival. Certains ont dû accélérer la machine, alors que l'ouverture de leurs hôtels respectifs n'était programmée que dans plusieurs mois.
Les festivaliers ont ainsi souffert de ce désagrément des premiers jours, mais gageons qu'aux jours à venir l'adaptation saura prendre le dessus pour pouvoir apprécier un festival déjà très riche de par une programmation des plus denses et ce, grâce notamment à plus de 450 projections prévues dans neuf salles de cinéma de la capitale burkinabèe, mais aussi à Bobo Dioulasso et à Ouahigouya, les deux autres principales villes du pays, des rétrospectives des films du Fespaco 1969, projection en plein air dans les quartiers, écoles, cathédrale, écrans géants dans la rue des cinéastes, des tables rondes avec des thèmes: cinéma, langues africaines et mémoires, soirées cinéma de Djibouti et de Guadeloupe, conférences, débats, expositions...
Outre le beau spectacle donné par le ballet rwandais à la cérémonie d'ouverture et la présence d'une délégation composée d'une quarantaine de personnes, le cinéma rwandais a donné, hier, le «la» du Fespaco par la projection du film d'ouverture qui fut projeté à la presse en matinée à la salle de cinéma Burkina. Il s'agit de The Mercy of the Jungle, (la miséricorde de la jungle) du cinéaste rwandais Joël Karekezi.
Film franco-belge, sorti en 2018, il nous plonge dans le début de la deuxième guerre du Congo, en l'année 1998, conséquence du génocide rwandais commis 4 ans plus tôt. C'est l'histoire du Sergent Xavier, héros de guerre rwandais, qui est envoyé sur le front congolais pour continuer à traquer ceux qui ont perpétré le génocide dans son pays. Faustin, jeune recrue, inexpérimenté, vit sa première guerre et compte bien venger les siens. Mais lorsque les deux soldats perdent leur troupe, ils se retrouvent seuls livrés à eux-mêmes obligés d'affronter les obstacles de cette jungle du Kivu du (Congo), la plus meurtrière du continent africain. Et sans ressources dans la jungle congolaise, la plus grande et la plus meurtrière du continent africain. Sans ressources, deux hommes aux tempéraments différents vont s'affronter comme deux animaux dans une cage, à la dure réalité du terrain et se transformer en chasseurs à leur tour, dans une ambiance des plus suffocantes et oppressantes, soutenue par ces plans caméras et cette lumière serrée qui donne l'illusion du sentiment d'enfermement.

Le Rwanda ouvre le bal
La jungle sera leur espace de combat et d'acclimatation paradoxalement pour eux, les envoyer, pour se faire la guerre et prouver leur amour pour leur pays. En quête d'eau, de nourriture, dans un lieu hostile, seuls ils doivent surtout faire face à leur propre folie intérieure. Un film aux relents psychologiques, fort intéressants à voir, à ressentir... Un film sensitif qui renvoie à l'émotion que procure le cinéma, ce à quoi le public est invité à apprécier dans les différentes salles de Ouagadougou et ce jusqu'au 2 mars.

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