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PRÉSENTATION DE ARLEQUIN, VALET DE DEUX MAÎTRES AU TNA

La satire au bout du rire

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Arlequin, valet de deux maîtresArlequin, valet de deux maîtres

Saluons quand même l'effort consenti par toute la troupe qui a su retenir l'attention du public et lui faire passer un moment agréable

Le Théâtre national Mahiedine Bachtarzi accueilli, mercredi dernier, une présentation de la pièce théâtrale Arlequin, valet de deux maîtres de Carlo Goldoni (1745), laquelle fut traduite en arabe libre par feu Abdelkader Alloula en 1993. Il s'agit d'une nouvelle mouture dont l'arrangement a été signé par Mohamed Bourahla et mise en scène par le metteur en scène algérien que l'on ne présente plus, Ziani Cherif Ayad. Une coproduction en fait entre le TNA et le TRO. En effet, après avoir été présentée la semaine dernière à Oran dans le cadre d'une semaine en hommage au dramaturge Abdelkader Alloula, cette pièce s'est vue présentée à Alger devant une salle pleine et conquise. «la pièce de Carlo Goldoni (le Molière italien), explique le metteur en scène, reprend à sa façon l'imbroglio créé par la compromission du mariage de Clarisse et de Silvio- les enfants du marchand Pantalon et du docteur Lombar, di-par l'annonce par Arlequin de la présence de son maître Feferico, initialement promis à Clarisse et considéré comme mort.»

Intrigues amoureuses
«Frederico, par ailleurs, est sa soeur Béatraice déguisée en homme et à la recherche de son amant Florindo, accusé du meurtre de Frederico. Cette situation se compliquera du fait qu'Arlequin, serviteur de Béatrice, entrera au service de Florindo. Il s'ensuivra une série de quiproquos et de revirements qui provoquent le rire et font l'essence du théâtre comique. Cette pièce est également une page de critique sociale qui évoque le sort des femmes et des domestiques, dont la thématique demeure d'actualité. Reprise dans le cadre du théâtre de répertoire, le défi pour l'équipe artistique était, à partir d'une approche de l'universalité et du devoir de mémoire, de réaliser une pièce ouverte sur la création et la contemporanéité, qui soit un divertissement, ayant du sens, c'est-à-dire qui ne soit ni trivial, ni une distraction.»

Faire sens
Derrière un décor sobre, accompagné de musiciens sur scène, l'équipe de la pièce, une dizaine d'acteurs, a su en effet, mener cette pièce de bout en bout, en alternant humour et intrigue, à la sauce algérienne. L'actualité oblige certaines tirades collées aux situations déjà entendues ou présumées entendues ici et là. Les répliques dites par les acteurs en relation encore une fois avec le politique, poussaient par moment le public à s'esclaffer. Toutefois, le rire facile imputé à des gestes et comportements puérils sur scène, dédramatisait l'intensité du message, voire même atténuait de sa superbe par-delà du fait qu'il peut agacer par certains endroits. Dans un langage arabe très fluide les comédiens se sont approprié néanmoins, cette pièce de théâtre en l'adaptant à l'algérien populaire, avec un trait d'humour caustique, qui frise parfois la pudeur et le maniérisme. Saluons quand même l'effort consenti par toute la troupe qui a su retenir l'attention du public et lui faire passer un moment agréable, fait de drôleries, de coquetterie, saupoudrée un peu de mièvrerie certes, mais délassant sans s'éloigner de la réflexion socio-politique et des exigences de l'heure...

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