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EXPO «LA GUERRE» DE OTTI DIX AU MAMA

La laideur apocalyptique en sublimation

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oeuvre de Otto Dixoeuvre de Otto Dix

Sombres, macabres, brutes, ces lithographies en noir et blanc et certaines en couleur disent l'horreur de la guerre, mais aussi le sexe et la débauche qui ont cratérisé cette époque.

Une exposition reprenant une centaine de gravures de l'artiste Otto Dix se tient actuellement au Mama et ce, depuis le 23 mars dernier jusqu' au 30 avril prochain.
Il s'agit essentiellement des pièces ayant constitué sa collection «Der Krieg» (La guerre). Celle-ci remonte aux années 1920 et reprend des scènes de la Grande Guerre. Sombres, macabres, brutes, ces lithographies en noir et blanc et certaines en couleur disent l'horreur de la guerre, mais aussi le sexe et la débauche qui ont cractérisé cette époque. Ce n'est pas pour rien que ses oeuvres furent interdites durant un moment. En effet des scènes des invalides de guerre ou des prostituées, avaient suscité le mécontentement et la protestation de ses contemporains.
Pour autant Otto Dix, cet artiste-peintre et graveur allemand, saura marquer l'histoire de son temps en dressant justement grâce à ces portraits à la fois sociaux et politiques des groupes de marginaux durant la Première Guerre qu'il a vécue de près. Les exemples montrés dans cette exposition de son ouvrage «Kritische Grafik» (Graphique critique) le prouvent. Chef de file de la Nouvelle Objectivité, il a fait partie de toute une génération allemande du début du siècle précédent qui a compris et mis en pratique la nécessité de son engagement politique. En témoigne «Der Krieg» qui va au coeur de la guerre des tranchées.
Certains affirment qu'il est «le grand peintre de l'apocalypse de la Première Guerre mondiale».
La guerre des tranchées aura exacerbé son style et poussé à «exalter la beauté de la laideur, de faire tomber les masques». Le cycle existant en 50 feuilles est souvent comparé aux «Désastres de la guerre» de Goya. Il occupe d'ailleurs, un rang spécial parmi les oeuvres principales de Dix et se place au centre de l'exposition.
Les scènes présentées à travers ses gravures sont horribles qu'on se le dise, le squelette ou crâne humain foisonnent, les scènes de blessés, de visages défigurés par la mort aussi. Sensibles, s'abstenir, sommes-nous tentés de dire! Mais derrière toutes ces esthétiques de l'horreur il y a la maîtrise de la douleur, cette expression tragique qui nourrit l'artiste et l'a amené à produire ces oeuvres d'une rare beauté, d'un infini et insoutenable éclat de brutalité qui sort des convenances pour venir toucher en plein coeur l'âme de l'humanité.

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