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LE MONDE ENCENSE AZIZ CHOUAKI

"Cette manière si personnelle de faire danser les mots..."

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De Paris, il observait avec «admiration» et «fierté» la révolte des Algériens...

L'écrivain et dramaturge Aziz Chouaki, mort mardi dernier à Paris d'un arrêt cardiaque, à l'âge de 67 ans, observait avec «admiration» et «fierté» la révolte des Algériens qui a éclaté le 22 février, a relevé Le Monde dans son édition de samedi. «Depuis le 22 février, date du début des manifestations en Algérie, il vibrait au présent en suivant l'actualité de son pays, l'Algérie, qu'il a dû quitter en 1991 pour que des terroristes n'aient pas à rayer son nom sur leur liste des hommes à abattre», a écrit le journal dans un hommage à l'auteur de Baya. «De Paris et sa banlieue nord, l'exilé observait avec admiration et fierté cette rue algérienne, la dignité de ses personnages qui, dans un sursaut extraordinaire, écrivent eux-mêmes l'Histoire», a-t-il ajouté sur cet auteur prolifique qui, «sous sa plume, leurs mots virevoltent, leurs métaphores deviennent de la poésie et leurs aventures migratoires des odyssées extraordinaires».
Le journal reprend à son compte la déclaration faite par Jean-Louis Martinelli, ancien directeur du théâtre des Amandiers, à Nanterre (Hauts-de- Seine), qui a adapté trois des textes de Chouaki, dont Une virée (Editions Théâtrales, 2005), génial road trip statique et «destroy», dans une Algérie imaginaire. «Cette manière si personnelle de faire danser les mots, chavirer la syntaxe. Cette dextérité à créer de l'image avec ses mots, à s'imprégner de la violence du monde et à nous secouer de rire. Il y a chez lui quelque chose de Rabelais ou de Céline. Sa langue dynamite le réel», a-t-il dit.
Pour Le Monde, «auteur prolifique, l'artiste exilé était aussi un solitaire, fuyant les mondanités, abhorrant les clichés réducteurs sur les 'écrivains arabes'», indiquant qu'à son arrivée en France, «il avait d'ailleurs décliné des propositions de grands éditeurs parisiens, se refusant à jouer l'Algérien rescapé du terrorisme prompt à vilipender l'islamisme».
«Il pensait, à tort ou à raison, qu'il ne rentrait pas dans le moule, trop punk, trop libre, trop diffèrent. En Algérie, il reste encore plutôt méconnu, parfois incompris.
Il est pourtant l'un des plus grands écrivains algériens contemporains», écrit le journal.

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