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AGORA DU LIVRE

Nadir Assari, un plaidoyer pour "Alger, d'azur et de lumière"

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Nadir Assari, un plaidoyer pour

Nous avons, Nadir Assari et moi, énormément de points communs. Le fait d'être d'Alger, d'accorder une place importante à la citadinité et aux expressions artistiques et culturelles, mais aussi d'avoir fréquenté le même lycée, Bugeaud en l'occurrence, devenu, en septembre 1963, Emir Abdelkader. J'allais oublier l'aviron, cette discipline sportive que nous pratiquions au Sport nautique d'Alger, à l'Amirauté plus précisément. C'est sur les bancs du prestigieux lycée que vont naître ses vocations dans les domaines du dessin, de la littérature et de la musique. Le métier du père, artisan-bijoutier épris d'histoire, va l'aider à affirmer ses passions. Plus tard, c'est grâce au fonds documentaire légué par celui-ci qu'il va puiser les premières connaissances nécessaires à la réalisation de son métier d'auteur. Ce qui n'est pas peu dire, surtout pour un être dont la formation universitaire, intimement liée aux sciences économiques, ne le prédestinait pas à embrasser une carrière d'auteur. A plus forte raison lorsqu'il quittera l'université d'Alger en 1971 avec une licence en Sciences économiques et entamera une carrière professionnelle entièrement consacrée, en tant que directeur, à la finance dans de grandes entreprises publiques. Mais les faits sont têtus et son amour pour l'histoire et la peinture le mèneront le plus naturellement du monde à opter pour une vie bicéphale. Dans le domaine littéraire, il est l'auteur de deux beaux-livres sur l'histoire d'Alger, le premier «Alger des origines à la Régence turque» aux éditions Alpha en 2007 qui illustre Alger depuis la période de sa naissance jusqu'à la fin de la Régence turque et le second «Alger, un passé à la carte» aux éditions Dalimen en 2011 qui relate à travers la carte postale la période coloniale. Insatiable, l'écriture deviendra vite sa raison d'être ainsi que la photographie, son autre passion. C'est de cette merveilleuse alchimie que va naître un troisième beau-livre «Alger, d'azur et de lumière» qui clôture ainsi sa trilogie. Entièrement illustré de ses mains, cet ouvrage édité par l'Enag, a le mérite singulier de réconcilier la ville d'Alger avec elle-même. Dans la photo illustrant la page de couverture, la cité chère à Sidi Abderrahmane Et-Thaâlibi est résolument tournée vers le Bassin méditerranéen d'où elle puise son pluralisme, ses richesses identitaires et culturelles. C'est une façon pour Nadir Assari de remettre les pendules à l'heure et de suggérer que la citoyenneté méditerranéenne de la ville chère au poète Momo, injustement mise en cage par la crise de 1962, se doit d'être libérée à jamais.

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