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IL AVAIT ÉTÉ L'AUTEUR DU GRAND DICTIONNAIRE FRANÇAIS-TAMAZIGHT

Da Hafid tire sa révérence

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Da Hafid tire sa révérence

Il y a une année, le Haut Commissariat à l'amazighité rendait hommage à Béjaïa, à cet auteur du Grand dictionnaire français-tamazight, à l'occasion du dernier Salon international du livre d'Alger (Sila).

La culture amazighe et la région de Béjaïa sont en deuil. Elles perdent l'un de leurs illustres enfants. Le chercheur en tamazight et auteur du Grand dictionnaire amazigh-français et français-amazigh, Abdelhafid Idress, n'est plus de ce monde. Il est décédé dans la soirée de lundi dernier à Béjaïa à l'âge de 73 ans. Abdelhafid Idres est né en 1946 à Djoua, arch d'Aït Bimoune dans la wilaya de Béjaïa.
Le défunt était connu dans le combat identitaire, mais aussi et surtout après avoir réussi à confectionner le plus grand dictionnaire Amawal Amoqran, le grand dictionnaire bilingue (amazigh-français et français-amazigh), qui compte plus de 65 700 mots, qu'il avait édité de son vivant en juin de l'année dernière.
Cette oeuvre constitue l'aboutissement de longues recherches qui auront duré près de 13 ans et la consultation d'une centaine d'ouvrages de référence issus de 14 variétés linguistiques avant d'aboutir à une oeuvre de 2000 pages. Cette oeuvre a été coéditée par le Haut-Commissariat à l'amazighité (HCA) et l'Entreprise nationale des arts graphiques (Enag), à l'occasion de la célébration du centenaire de la naissance de Mouloud Mammeri.
Cet ouvrage est considéré comme l'oeuvre «la plus aboutie et la plus complète du genre».
Da Hafid comme aime-t-on l'appeler était âgé de 72 ans. Il avait consacré plus de 13 années de sa vie pour des recherches. Une période qui n'a pas été de tout repos, puis de nombreuses embûches se sont dressées sur le chemin. Aux ennuis de santé, faits de plusieurs hospitalisations, cinq interventions chirurgicales, un alitement de plusieurs mois, deux années de rééducation, une acuité visuelle et une ouïe en baisse, deux paralysies faciales, se sont ajoutés ceux relevant du technique, l'auteur n'a pas plié. Sa détermination a fini par balayer d'un revers de la main tous les problèmes. Avec abnégation, il s'est penché sur des centaines d'ouvrages de référence et des glossaires issus des 14 variétés linguistiques en tamazight, consignant à chaque fois remarques et notes avec amour et patience. Tenant coûte que coûte à son ouvrage, qui restera d'ailleurs dans l'histoire, Abdelhafid Idres aura été celui qui a vu juste en s'investissant dans la production. Contrairement à beaucoup d'autres qui ont fait de tamazight un fonds de commerce politique, lui a versé dans les recherches pour aboutir à une oeuvre qui vaut mille discours politiques.
Au cours de la cérémonie organisée par le HCA, l'année dernière en son honneur, on avait découvert un homme humble et surtout fier d'avoir réussi à accoucher d'une oeuvre, qui devait servir de base pour la génération future, d'un support valable pour tous les travaux littéraires et linguistiques dans le domaine amazigh.
Dans ses projets, le défunt voulait se consacrer aux cent fables du monument de la chanson kabyle, Slimane Azem, à travers l'écriture et l'édition.

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