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FRÉDÉRIC MITTERRAND, MINISTRE FRANÇAIS DE LA CULTURE, À L’EXPRESSION

«Mon premier projet en Algérie est de rencontrer Madame Toumi»

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«Mon premier projet en Algérie est de rencontrer Madame Toumi»

Animateur-producteur de télévision, chroniqueur et écrivain, réalisateur de documentaires et de films jadis, mais aussi chevalier de la Légion d´honneur, officier de l´Ordre national du Mérite, grand officier de l´Ordre du 7 Novembre (Tunisie) et désormais ministre de la Culture en France depuis 16 mois, Frédéric Mitterrand évoque avec nous les relations entre l´Algérie et la France.

L´Expression: Quel est le thème central de ces journées audiovisuelles?

Frédéric Mitterrand: Il y a entre autres, la protection des auteurs et des créateurs, qui sera un des aspects importants des conversations qui auront lieu aujourd´hui entre la France et la Tunisie, mais en vérité entre le Nord et le Sud et le tour de la Méditerranée, puisque nous avons beaucoup d´intervenants qui sont autour de nous, aujourd´hui. Je pense que le premier ennui est comment assurer la pratique de plus en plus étendue et, c´est tant mieux, de l´Internet tout en assurant la protection de la création et des auteurs.
L´accord officiel entre la France et la Tunisie dans ces échanges-là, on n´a pas besoin de le sanctifier par un écrit puisque nous sommes dans un dialogue constant et ces journées audiovisuelles sont très importantes, et sont une grande première dans ce domaine et manifestent cette volonté de dialogue constant. Par ailleurs, un certain nombre d´accords particuliers sont soit, en cours d´élaboration soit signés comme celui de ce matin qui remet à la République tunisienne le patrimoine des archives de l´Institut national audiovisuel, c´est-à-dire des films d´actualité qui ont été tournés en Tunisie depuis les années 1940 jusqu´à l´indépendance et c´est bien évidemment un patrimoine historique d´une très grande valeur.

On sait qu´il existe déjà une coopération cinématographique et culturelle entre la France et les pays du Sud. Pourquoi a-t-on encore besoin de ces journées?

Parce que nous sommes dans une révolution qu´est le numérique; les problèmes ne se posaient pas de la même manière il y a 3 ou 5 ans.
Le développement accéléré de la communication en Ligne, que ce soit en France ou aujourd´hui en Tunisie, appelle une réflexion très importante, précisément pour assurer une extension illimitée de la connaissance grâce à ce nouveau média qu´est l´Internet. On est devant un tsunami, car dans dix ans pour nos enfants, tout sera changé. Si nous n´y accordons pas aujourd´hui un intérêt, on sera dépassé et ce sera d´autres cultures et sociétés que nous accueillerions avec respect et qui prendront le pas sur nos préoccupations qui seraient dans ce cas-là le maître d´oeuvre.

Qu´en est-il de la coopération avec la télévision algérienne?

Je ne peux répondre à cette question puisque je suis en Tunisie, mais ce que je peux dire, est qu´on est en train de développer considérablement nos échanges avec le sud de la Méditerranée et là, l´un des exemples que je peux vous donner est l´ouverture prévue, au début 2013, à Marseille, du Museum, le grand musée de la Méditerranée qui sera, non seulement une plate-forme pour mettre en valeur le patrimoine, mais pour assurer une meilleure création audiovisuelle

Quels sont au moins vos projets dans l´immédiat, avec l´Algérie, dans le cadre de la coopération audiovisuelle?

Mon premier projet, c´est de rencontrer enfin la ministre algérienne de la Culture dont tout le monde me parle et je sais, à juste titre, à quel point il est intéressant et fructueux de travailler avec elle.

Que pensez-vous du champ audiovisuel algérien qui reste encore verrouillé, comparé à d´autres pays du Maghreb?

Je ne veux pas intervenir dans ce qui me semble être une affaire intérieure à l´Algérie.

Un accord de coproduction cinématographique a été signé entre l´Algérie et la France en 2007 dont le film Hors-la- loi de Rachid Bouchareb en est le fruit. Qu´en est-il de la poursuite de ce programme concrètement?

Il faut le demander aux autres, aux producteurs et réalisateurs, ce qu´ils envisagent de faire. En tout cas les procédures existent pour leur venir en aide. L´Etat n´a pas à intervenir. Le cinéma n´est pas une affaire d´Etat en France.

Que pensez-vous justement de la polémique que le film Hors-la-loi a suscitée en France?

Je ne souhaite pas me prononcer sur cette question.
J´appelle de mes voeux une pleine réconciliation de la France et de l´Algérie et de l´Algérie et la France, c´est la seule chose que je peux vous dire.

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