FRESQUE HISTORIQUE D'ALGÉRIE DE MASSINISSA AU 5 JUILLET 1962 DE MAHREZ AFROUN
En toute vérité historique

La longue histoire d'un rêve humain formé par une solide tradition face à l'événement procure au peuple l'aise magnifique d'être libre.
On l'aura déjà remarqué, et certainement pas seulement dans notre chronique, depuis quelque temps de nombreux ouvrages aux titres flamboyants s'intéressant aux faits datés et détaillés sont édités chez nous. Je m'en réjouis, comme tous les Algériens, car ce sont des Algériens qui s'évertuent à remettre à l'endroit l'Histoire de leur pays. Cela dit, encore que nous sachions qu'il y a hélas! bien des manières d'écrire l'histoire. Sans doute, toutes ces publications d'auteurs dits «amateurs d'histoire» ne prétendent pas avoir écrit ou réécrit l'Histoire de l'Algérie. À la lumière de ce que délivrent ou pourraient délivrer les archives écrites ou de ce que des «mémoires vivantes» sans excès de subjectivité aiguë, de passion compliquée et de conscience morale qui brideraient l'objet même de l'Histoire et risqueraient de briser l'unité - et donc la valeur - du fait historique, des bonnes volontés s'essaient à l'histoire. Certains sans sourciller s'intitulent historiens et s'incrustent dans les cercles de babillards «à la mode de chez nous». Aussi bien, il faut rendre raison de cette idée qu'une formation d'historien n'est pas suffisante si elle n'est soutenue par une nécessaire vocation.
Pour autant, on constate parfois qu'un matériau important est par ainsi mis à la disposition de l'historien. Et c'est le résultat, vaille que vaille, de nombreuses recherches publiées par des auteurs de bonne volonté, «qui ne se disent pas historiens», mais qui auraient à «révéler», affirment-ils, quelques détails oubliés, méconnus, négligés sur la longue histoire de l'Algérie. Ils se sentent en quelque sorte engagés et pleinement enseignants d'histoire parce qu'ils détiendraient tels documents rares ou exceptionnels ou, tout simplement, occupent-ils délibérément la place qu'ils présument vide ou délaissée par nos institutions. Aussi, dois-je trouver magnifique l'intérêt que porte Mahrez Afroun à l'histoire de son pays, et qui plus est sa vocation est de faire connaître quelque peu aux jeunes algériens - par le livre et la lecture - l'Histoire de leur pays. Avec la même intention, il a produit, dans la série «Mémoires d'outre-tombe» sur l'histoire générale de l'Algérie, trois ouvrages: «Chroniques d'une tragédie annoncée» (tome 1), «Discours sur la société» (tome 2) et «La Résurrection: Si le 1er Novembre 1954 m'était conté» (tome 3). Le présent ouvrage Fresque historique d'Algérie de Massinissa au 5 juillet 1962 (*) «se lit du regard, ainsi qu'il l'écrit lui-même, du premier jusqu'au dernier événement qui s'enchaînent.» Au reste, c'est l'objet de la fresque: celle qu'il nous propose porte sur une longue chaîne de périodes historiques de Massinissa au 5 juillet 1962. Est-ce un album? C'est qu'il y a dans ce volume de format (21x28), cartonné et soigné par l'éditeur, des images connues, rares, inattendues, souvent exceptionnelles, celles des femmes et des hommes illustres de l'Histoire d'Algérie. Cependant, regorgeant de références et d'anecdotes instructives, il y a du texte, une écriture sobre et vive au rythme de l'émotion de l'auteur, né à la Casbah en 1945. J'imagine l'auteur semblable à ces précieux conteurs de nos marchés hebdomadaires d'autrefois: ils avaient quelque chose à dire, leur parole avait de la force, leur parler était simple et nerveux; leur voix avait de la douceur, assez pour enchanter les sensibilités attentives, assez pour conscientiser l'intelligence engourdie du grand cercle de leur public. Mahrez Afroun se comporte, en somme, en personnage éclairant tout au long de son ouvrage, - par parenthèse, à cet ensemble d'informations, je suggère un index et une table des matières, et peut-être un souffle littéraire, celui qui porte le refus de la soumission du peuple algérien au système colonial et glorifie la résistance révolutionnaire culturelle nationale. Mais cela sera, j'en suis sûr, inscrit dans le projet suivant de l'auteur. Pour soutenir son vertueux dessein, Afroun reprend en épigraphe cette merveilleuse réflexion: «Le plaisir de chercher est supérieur à la satisfaction de trouver, car l'espoir demeure». Il l'a trouvée dans «Alger à l'époque ottomane» de Sakina Missoum qu'il cite. Elle est d'Ibn El-Djaouzi (510-597/1116-1200), ce grand esprit réformiste arabe avant la lettre, je l'avais moi-même empruntée et mise dans le corps de texte de mon ouvrage «El Qaçba, zemân, tome 1, Histoire» (p. 12), tant cette réflexion inattendue reflète l'esprit de mes propres recherches.
On feuillette et on lit l'ouvrage de Mahrez Afroun avec impatience et patience quand l'intérêt pointe ici et là, et davantage ici que là. L'émotion est dense à chaque page de texte ou d'images. La fresque historique s'anime: la haute histoire, la sublime histoire, la fière histoire, la grave histoire, celle qui aurait pu être commencée par «il était une fois» - il s'agissait de Massinissa, de Jugurtha, de Juba II; celle qui répandait la splendeur de la civilisation musulmane - les bruyantes et belles dynasties réunies et puis celle de la période ottomane; celle qui, mettant l'Algérie sous le joug colonial, massacrait les populations - le serment des Hachem claqua cinglant à la face de Bugeaud. Le conteur impeccable évoque ensuite l'histoire moderne, le refus armé des nationalistes algériens contre la machine infernale du système colonial englobant son administration injuste, sa police «ce bras séculier du pouvoir» comme disait De Gaulle, et son armée criminelle. La «civilisation conquérante» portait un masque immuable, moulé parfaitement, montrant une face atroce, une face criminelle, comme l'écrivait Pierre Vidal-Naquet dans son livre Les crimes de l'armée française, Algérie 1954-1962, éd. La Découverte/Poche, Paris, 2001.
Alors continuons de feuilleter l'album aux sublimes souvenirs, regardons les photos douloureuses, les cartes parlantes, les tableaux fort déconcertants et lisons, parcourons avec le regard de notre esprit la Fresque historique d'Algérie de Massinissa au 5 juillet 1962 réalisée par Mahrez Afroun.
Une «Rétrospective» montre que «Les Algériens se sont battus jusqu'à l'ultime limite de la capacité humaine». De bonnes feuilles sont réservées à «L'Algérie dans le Temps et dans le Monde», faisant resurgir le passé le plus lointain: «De grands royaumes ont existé en Numidie», «Des dynasties musulmanes du Maghreb», «Le corps expéditionnaire français», «La guerre de colonisation», «Langage, méthodes et horreurs du colonialisme», «Le nationalisme dans le processus intellectuel et politique...», «La guerre de libération nationale»,... Le sens de notre Histoire est là et il nous ouvre d'autres chemins de l'honneur ceux déjà parcourus, ceux à parcourir... L'Histoire de l'Algérie est infinie, revoyons, pour continuer de reconstruire notre patrimoine général et de construire l'architecture nouvelle de la patrie algérienne, les visages des femmes, les jeunes et les anciennes, les chouhadate, les moudjahidate et les militantes - les visages des hommes, les jeunes et les anciens, les chouhada, les moudjahidine et les militants. Nous sommes à quelques mois du cinquantième anniversaire de l'Algérie indépendante (1962-2012) et, pour rester dans le ton de l'auteur Mahrez Afroun, souhaitons que nos jeunes s'éveillent à l'honneur d'être Algériens et contribuent à faire de l'Algérie une nation, une patrie, un État moderne.
(*) Fresque historique d'Algérie de Massinissa au 5 juillet 1962 de Mahrez Afroun, Éditions Houma, Alger, 2011, 308 pages.

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Un Algérien va planter le drapeau Algérien sur la plus haute montagne d'Amérique du nord (ALASKA) pour le cinquantiéme anniversaire de l'Algerie ! Ned Bouadjar grand alpiniste Algérien né en 1962 a été abandonné par le gouvernement Algerien pour son projet internationnal, malgrés les difficultés que rencontre Ned sur le plan financier ,Ned c'est endetté pour mener a bien son projet de porter le drapeau Algerien sur les plus hautes montagnes du monde..... u grand bravo a lui.et une fiérté pour l'Algerie qui oubli que nous sommes la vitrine de notre pays.
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