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LE 16 AVRIL: YAOUM EL ILM

La Connaissance révèle le Savoir

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La Connaissance révèle le Savoir

le 16 avril, à travers la pensée significative de l'imâm Ben Badis institue la Journée nationale du Savoir en Algérie et, plus encore, cette commémoration nous oblige à la considérer comme une construction selon les normes universelles.

Pour la nation algérienne, le mois d'avril, tout autant que les autres mois de l'année, est riche en souvenirs historiques et culturels, - chacun de nous en est conscient. J'en retiens deux, à titre d'exemple: le 16 avril (L'Esprit de la Connaissance) et le 26 avril 1901 (Les Insurgés de Margueritte). Dans le présent Temps de lire, je me propose d'évoquer le sens de la première date citée.

L'Esprit de la Connaissance
Hier, mardi 16 avril 2013, a été célébrée, en Algérie, la traditionnelle Journée du Savoir, Yaoum el Ilm, coïncidant avec le soixante-treizième anniversaire de la mort de l'homme politique, penseur et réformateur religieux, fondateur et président de l'Association des Oulémas d'Algérie, l'illustre imam Abdelhamid Ben Badis (Constantine: 05.12.1889-16.04.1940). Professeur vénéré, il a formé une génération d'étudiants à l'amour du savoir et à l'exigence de le transmettre à leur tour. Aussi, le 16 avril est-il une journée nationale de commémoration de l'oeuvre multiple de la grande figure du savant, âlam, algérien qui a lutté, coeur et âme, contre le système colonial et spécialement d'éveil permanent de la jeunesse à la Connaissance, celle qui tend vers un objet essentiel, celui d'un pur idéal algérien d'éducation, de formation, de progrès, de vérité, d'authenticité.
Évidemment, nos institutions et, tout particulièrement, nos structures éducatives, culturelles et artistiques se réclament fortement de «l'esprit de la Connaissance» et s'estiment implicitement engagées dans la voie de la connaissance scientifique. Alors, des manifestations dites culturelles de toute sorte sont produites, ici et là, dans nos établissements scolaires, dans nos maisons de la Culture et sur nos terrains de sport. Cependant, trop souvent éloignées du noble concept originel (éducatif, civique, moral, philosophique, scientifique,...) de la Journée nationale du Savoir, ces manifestations prennent parfois la forme proche d'un exhibitionnisme qualifié de «culturel» tout en proposant inconsidérément pourtant des spectacles dénaturés, inintéressants, pauvres, manquant d'élévation et parfois même d'innocence juvénile, notamment dans le choix des programmes, de la technique artistique, des participants,... et le toutim. La culture supportée par des excitations houleuses, la déclamation arrogante et le vacarme assourdissant est un travestissement déplorable. Or, il devrait y avoir là des exemples, sinon des modèles, à suivre. Des grincheux diraient, la Journée du Savoir, chez nous, tourne fréquemment au «chtîh wa r'dîh» (à la danse et à l'agitation): point de véritable initiation à la culture, - que des niaiseries dont nos enfants sont les victimes et qui, à l'évidence, ne préparent pas une génération en prévision des grands rendez-vous nationaux!
Que faudrait-il faire? Concevoir des activités d'éveil. Donner à lire, à comprendre, à dire la langue. Aider à apprendre à réfléchir, à produire... J'ai, en vue d'une utilisation différente dans un ouvrage à paraître sous le titre À quoi sert le livre?, obtenu de M.Rachid Hocine Sahnouni (inspecteur général de français), la traduction du tamazight vers le français, la préface de notre ami et regretté Mouloud Mammeri, publiée dans Poèmes kabyles anciens, éd. Maspéro, Paris, 1980, pp. 59-60. Grâce à cette Préface, on retrouve d'une part, les caractéristiques essentielles de l'esprit humaniste de Mouloud Mammeri, le romancier, le dramaturge, l'anthropologue, «le déchiffreur de signes», d'autre part, l'illustre écrivain élucidant l'intérêt de fixer par le livre le Savoir et le Message. En ce 16 avril, Journée nationale du Savoir, cette Préface mérite d'être reproduite dans Le Temps de lire d'aujourd'hui. Merci Mouloud Mammeri; j'en remercie vivement M. Rachid Hocine Sahnouni.

L'arbre coupé de ses racines
Voici la «Lettre à Moh'd Azwaw à propos de la Connaissance»:
«À toi Moh'd Azwaw et aux jeunes de ton âge, ce livre. Il te donnera une image de la Connaissance. Il demeurera pour toi comme un socle. Il te rapportera ce qu'ont fait et dit tes prédécesseurs.
Quand d`aucuns l'auront entre les mains, il se peut qu'ils te disent:
«Eh! Celles-là sont des histoires de jadis, des contes de fées qui amusent les enfants. À quoi nous servent les histoires anciennes, nous, gens du temps présent? Laissons les histoires anciennes aux anciens. Nous, nous sommes les enfants d'aujourd'hui. Aujourd'hui où les hommes vont sur la Lune et en reviennent. Aujourd'hui où les avions relient un pays à un autre, où qu'il se trouve, en un rien de temps. Aujourd'hui où une bombe peut détruire une grande ville en un clin d'oeil!»
Dis-leur: «La Connaissance se situe au-dessus du temps. Ne soyez pas, follets, des enfants que la moindre brise affole et qui préfèrent le verre qui scintille à l'or couvert de poussière.»
Dis-leur: «L'or est mieux que le verre. Il n`y a aucun point commun entre eux. L'or, il suffit de le dépoussiérer et il retrouve son éclat naturel. Quant au verre, un rien l'effleure et il se brise en menus morceaux phosphorescents!»
Dis-leur: «Dieu fasse que vous ne subissiez pas le sort de l'arbre dont on a coupé les racines. Dans un premier temps son feuillage reste vert. Peu après, il se fane et tombe. Le destin d'un arbre sans racines c'est la hache (la destruction). Dieu fasse que vous ne soyez pas des arbres sans racines!»
Dis-leur: «Le conte est un voile qui cache la Connaissance. Soulève le voile pour qu'apparaisse la leçon sous-jacente, parce que...»
Parce que, la Connaissance, même si elle suit le temps, elle ne lui est pas attachée avec des cordes que des ciseaux ne puissent couper. D'une époque à l'autre, la Science fluctue, la Connaissance ne change pas. D'une époque à l'autre, ce qui change dans la Connaissance, c'est son enveloppe externe, non sa substance interne.
Mais, deuxième point, ô Azwaw, la Connaissance, ce n'est pas un simple héritage, ce n'est pas une aire entourée de remparts.
Le propre (le génie) de la Connaissance, c'est le bond et la marche en avant. Si tu la brides, tu la tues. Ô Azwaw, ne mets pas de mors à la Connaissance. Là où ses forces peuvent la faire arriver, laisse-la aller. Si c'est vers la Lune, laisse la Connaissance aller vers la Lune. Si c'est vers les étoiles, fais-lui un chemin vers les étoiles. Si son génie c'est d'embrasser le Monde et tout ce qui s'y trouve, laisse la Connaissance embrasser le Monde!
Troisième point: la Connaissance, ô Azwaw, est un tison. Un tison de lumière! Laisse le tison agir et pulvériser les limites. La Connaissance est un tison ardent. Laisse le tison brûler ce qui est abîmé, ce qui est avarié, ce qui n'a pas de racines. Dispose un paravent pour épargner ce qui est utile ainsi que celui qui va son chemin, voyageur volontaire et non vagabond! La Connaissance, c'est un flambeau que l'on se passe de main en main pour qu'il soit toujours très haut placé, sans jamais être avili, ni altéré, ni gisant dans un recoin comme une peau de bête ratatinée!»
J'ai assisté à l'enterrement du dernier des sages qui empruntait le chemin de la Connaissance. Nous avons porté sa dépouille dans la tombe. Quand nous l'avons recouverte de terre, nous sommes repartis, échangeant des regards d'hommes assommés qui se réveillent. Le tison d'où nous puisions la lumière s'est éteint! Ce jour-là, Azwaw, j'ai pensé à toi et j'ai dit: «Ô endeuillés d'un jour, ne vous sentez pas privés pour toujours de la Connaissance, de la vue à longue portée, de l'ouverture du coeur et de l'esprit. J'ai pensé à toi et à toutes les générations à venir. Nous avons enterré le dernier des amusnaw (sages), devons-nous enterrer la Connaissance avec lui? Finis les djemâas et les rassemblements où vous pourriez vous frotter à la Connaissance comme l'ont fait vos prédécesseurs.
De nos jours, la Connaissance est dans les livres. C'est pourquoi j'ai écrit ce livre pour qu'il demeure pour toi, ô Azwaw et les jeunes de ton âge, un pilier qui te serve d`appui et t'aide à bâtir!»
Après quoi, ému, j'ajouterais: Wal hadîth, qiyâs! Le dit est à la mesure de l'intention.

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