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LES HÉROS DE LA FOI - MADRASSET EL FALAH DE LAHCÈNE BELHOUCINE

L'École du Salut par la Connaissance

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L'École du Salut par la Connaissance

Voir en toute chose une bénédiction, c'est l'état de l'homme de foi; accomplir de toute son énergie une action d'homme digne, c'est le don de l'Héroïsme Sacré.

Ce n'est évidemment pas une oeuvre littéraire stricte ni celle d'un historien professionnel, que cette publication Les Héros de la Foi - Madrasset El Falah (*) («L'École du Salut», située à Oran) de Lahcène Belhoucine, c'est plutôt une évocation profondément sincère sur un établissement d'enseignement libre qui a, en des temps difficiles imposés aux Algériens par le système éducatif colonial, forgé de saines consciences ouvertes aux principes idéaux permanents de notre nation.
Ces Héros, nous rappelant ceux de l'école Ech-Chabîba de la rampe Valée (auj. Louni Arezki) d'El Qaçba, zemân, La Casbah d'Alger, autrefois, ont vitalisé l'esprit humain, en quelque lieu qu'il se soit trouvé dans le pays, en lui réapprenant l'idée commune de vie, de culture et d'ordre. On peut dire, avec certitude, que leur «foi», sur le champ de leur mission d'instruire et d'éduquer, a été caractérisée par leur puissant amour spontané de la patrie, par le dynamisme de leur dévouement à servir le peuple en le préservant contre l'ignorance et par leur engagement dans l'ombre à préserver la cause nationale contre la soumission à l'occupant. Tout cela accompli pleinement et en toute autonomie, en dépit de quelques «grands biens» auxquels on voudrait nous faire croire que le peuple aurait tiré de la colonisation.
Voici donc un livre inspirant pour nous tous qui souhaitons le réveil de l'École algérienne, ouverte aux progrès, à la science, à l'universel par une contribution soutenue à l'évolution de nos jeunes intelligences, nos héros de demain.
La Foi ici, sans aucun doute est-elle en Dieu, mais si l'homme n'est pas mû par une conscience formée, expérimentée, vigilante et forte, il ne peut prétendre concrétiser ses espérances, ni les siennes, ni celles de ses proches, ni celles de son peuple.
En effet, responsabilisant la conscience humaine, Dieu Très-Haut dit dans le Coran: «...En vérité, Dieu ne modifie pas ce qui est en un peuple, avant que celui-ci ait modifié ce qui est en lui-même... (Er-Rad, Le Tonnerre, Sourate XIII, verset 11).»
Le travail de Lahcène Belhoucine, né en 1951 à Oran, a pour objet de «rendre hommage à ces héros méconnus de Madrasset El Falah [d'Oran], cet illustre établissement fondé par les Uléma Badissi, ces martyrs qui ont tant donné pour la Révolution et sacrifié leur vie pour que vive l'Algérie libre et indépendante.». Diplômé des universités de France et Auditeur certifié SMQ du CRETA Nice, aujourd'hui cadre retraité et auteur de La Saga du football algérien, il nous propose, à travers un rapide historique, une présentation de la Madrasset El Falah. Il note: «Pour mieux comprendre la genèse du mouvement réformiste salafi ou islahiste dans notre chère Bahia, nous sommes allés à la source du côté des Chorfa d'el Gaada où nous avons tenté d'extraire un pan de vérité de l'histoire du patrimoine oranais quelque part du côté» de la région qui a marqué à sa manière l'histoire de la Révolution algérienne, non loin de la fameuse grotte Ghar Boudjelida.»
Tout l'ouvrage est consacré à faire connaître dans le détail le mouvement Badissi des ulémas tels cheikh Tayeb El Mehadji (né en 1881, premier précurseur du réformisme religieux à Oran) et son neveu cheikh Miloud El Mehadji de l'Association El Falah qui ont fondé, en 1937, affiliée à l'Association des ulémas musulmans algériens (AOMA), la Madrassa éponyme, dans le Hay «M'dina J'dida» à Oran. L'objectif premier a été d'enseigner la langue nationale et des sciences islamiques afin «de lutter contre le colonialisme en Algérie et veiller à la préservation de l'identité nationale face aux pensées colonialistes visant l'effacement de la personnalité du peuple...»
Le livre est aussi, selon Lahcène Belhoucine «un simple rappel à la Mémoire des oubliés de notre histoire contemporaine.» Des photos spécifiques à cette immense Saga des Héros de la Foi - Madrasset El Falah, ponctuent, intégrées aux articles et aux portraits des illustres acteurs vivants ou martyrs ou décédés récemment, le mouvement El Falah des Chouyoûkh, partisans et sympathisants fidèles à l'esprit du cheikh Ben Badis, glorieux fondateur du réformisme musulman en Algérie.
Dans sa conclusion, l'auteur insiste sur le rôle tenu par les femmes et les hommes ancrés dans le mouvement Islahiste, et particulièrement ceux qu'il désigne par «Héros de la Foi» dont la liste est riche de noms connus (cheikh Mohammed Saïd Zemmouchi qui prononça lors de la création du MCO: «El Mouloudia ki nakhla tetlamess'ha tekhla!»), moins connus (Kacem Zeddour-Mohamed-Brahim, premier martyr étudiant) ou inattendus (Dr Mohamed-Seghir Nekkache, le médecin des démunis) ou - hélas! - oubliés (Halima Mehdi, Taous Nour,...). Tout en laissant aux lecteurs le soin de s'émouvoir en découvrant ou en redécouvrant ces noms de héros de la Foi au service de la lutte de libération nationale, je tiens à reproduire quelques lignes d'hommage ultime de Lahcène Belhoucine, consacrées aux Chouyoûkh et, par ainsi, englobant les étudiants et les sympathisants de Madrasset El Falah d'Oran. Les voici: «Comment peut-on oublier ces héros de la Révolution à l'instar de ces trois emblématiques martyrs Kacem Zeddour Mohamed Brahim, Ahmed (H'mida) Zahana [Sic] El Mahadji, Boutlélis Hammou, ou des deux autres survivants postindépendance Soyah et le commandant Moussa? Ils ont harcelé les forces coloniales et défié leur police barbare jusqu'à leur tragique disparition pour devenir des combattants héroïques sans sépulture pour Kacem et Boutlélis, et premier guillotiné pour Zabana.» En effet, Ahmed Zahana, plus connu sous le nom de Zabana, né en 1926 dans le douar d'El Ksar près de Zahana (ex-Saint Lucien à 32 km d'Oran), a été le premier indépendantiste algérien guillotiné, le 19 juin 1956, dans la prison de Barberousse à Alger.

(*) LES HÉROS DE LA FOI - Madresset El Falah - de Lahcène Belhoucine Hibr Éditions, Alger, 2013, 158 pages.

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