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UN ALGÉRIEN RACONTE... DE MEZIANE NOUREDDINE

"Maintenant que nous avons gagné la partie!"

Par
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Quand l'Objectif est atteint et que la dignité est sauve, les souffrances cèdent à l'espoir de devenir enfin un être humain libre.

C'est un peu cette réflexion que l'on pourrait avoir après la lecture de l'ouvrage que j'ai en main, intitulé Un Algérien raconte... (*) de Meziane Noureddine. Il s'agit d'une réédition récente et professionnelle du texte intégral réalisée par Barkat éditions, Alger, - la première édition, ayant été assurée par les éditions du Seuil, Paris, en 1960. C'était à une époque difficile et charnière où s'étaient affrontées, d'une part, la politique dite de «pacification en Algérie» introduite par les différents gouvernements de la France et poursuivie avec acharnement et mépris sur le terrain par tant de généraux de l'armée d'occupation, d'autre part, la politique nationaliste indépendantiste menée par le peuple militant algérien. Dès sa parution, l'ouvrage a connu alors un grand succès de librairie et a contribué à éveiller des consciences européennes encore hésitantes à croire à la réalité d'une Algérie combattante pour sa liberté et son indépendance.

De Chemla à Paris
L'auteur, se trouvant à Paris, lui aussi, s'est éveillé à ce qui se passait exactement en Algérie et que dénonçaient la presse progressiste française et même de nombreux intellectuels et simples citoyens dont les fils avaient été «appelés» pour la guerre et, parmi eux, certains jeunes soldats du contingent s'étaient démarqués des massacres d'Algériens organisés au nom de la France républicaine. Il écrit: «Je lis, je lis beaucoup. Le reportage de M.Servan Schreiber, Lieutenant en Algérie, m'émeut et m'ouvre de nouveaux horizons. Contre la torture en Algérie de M.Simon, La Question d'Henri Alleg me bouleverse. J'assiste à une véritable lutte de races, il n'y a aucun doute, pensais-je. [...] Mes lectures et mes entretiens m'ont édifié sur bien des choses qu'il m'était impossible de voir à Chemla en raison de la censure, du manque de communication et d'interlocuteurs objectifs et renseignés. [...] La France se bat pour se maintenir en Algérie, dans mon pays! C'est tout! Ne serait-ce pas plus logique de rejoindre les rangs du F.L.N., de souffrir avec mes frères?»
Le récit Un Algérien raconte... est en même temps étonnant et détonnant, à bien des égards, notamment en raison directe de son auteur-narrateur Meziane Noureddine, inconnu au bataillon de ceux qui écrivent «pour l'Histoire de la Révolution algérienne» et de sa formation initiale. «À l'époque, annonce-t-il dans le texte, j'étais en fonction à la Commune mixte de Chemla»; et c'est plutôt «douar Chemla» qui faisait partie de la commune mixte de Brâz, département d'Alger, en 1879,... aujourd'hui, chef-lieu de la commune de Bouyahia dans la wilaya de Aïn Defla. L'auteur-narrateur est arrivé à Paris et, précisant que «depuis 1945, je désirais ardemment venir passer un mois dans la Métropole», c'est là qu'il a «vu» Hélène «pour la première fois le 14 juillet 1955». Toutes «les choses merveilleuses sur la vie et les plaisirs, les monuments et les sites de France» dont on lui avait tant parlé dans son «douar Chemla», les voici et elles tiennent déjà son destin.
Mais, l'auteur qui est-il vraiment? La question se pose à qui, sans être chercheur ou analyste, s'intéresse à tant d'informations historiques importantes à découvrir et à imaginer dans ce récit rédigé avec un soin et une précision d'homme de lettres rompu aux exercices de l'écriture, de la dramatisation des actions et des dialogues, à la peinture de personnages fictifs ou réels. La narration vive et juste, remet le lecteur constamment dans le parcours du personnage narrateur de sa propre vie depuis Chemla de l'Algérie profonde des années 1950 à Paris de la France régie par le système colonial entrée en guerre contre les militants algériens depuis 1954 qui eux sont au service de leur patrie sous la direction de l'Organisation spéciale du FLN. Cependant, sur l'auteur Meziane Noureddine (est-ce un pseudonyme?), aucun élément biographique n'apparaît où que l'on cherche. L'éditeur Barkat note: «Nous avons entrepris plusieurs démarches pour entrer en contact avec MEZIANE Noureddine, d'abord, auprès des éditions du Seuil, la BNF et enfin l'ONDA, malheureusement, nous n'avons pas pu avoir d'informations sur l'auteur.» De plus, une confusion choquante est portée sur le nom et le prénom: Meziane Noureddine ou Noureddine Meziane? Un registre officiel, mais existerait-il, de la Commune de Chemla aiderait-il à résoudre l'énigme? Certains, rapportant une information fortement erronée, affirment sans ambages sur Internet qu'«En 1960, il (Meziane Noureddine?!) publie aux éditions du Seuil Un Algérien raconte... et, en 1998, l'écrivain Youssef Nacib lui consacre une biographie, Cheikh Noureddine, comédien, poète, chanteur (Éditions El-Ouns). Cheikh Noureddine décède en août 1999.» À mon sens - car le regretté Cheikh Noureddine était mon voisin dans le quartier et nous avions échangé de respectueuses amitiés -, il est sûr que Youssef Nacib, Docteur en Lettres et Sciences Humaines à la Sorbonne, professeur à l'Université d'Alger et professeur associé à l'Université de Tizi-Ouzou, est indubitablement victime de l'ignorance de quelque «fan» zélé du grand chanteur, compositeur, comédien Cheikh Noureddine dont le prénom est Meziane (1908, Aguemoun / 1999, Larbaa Nath Irathen).

Son seul et vrai pays: l'Algérie
Les éditeurs (en premier Le Seuil, Paris, 1960, en second Barkat, Alger, 2013) ne semblent avoir aucune autre information à donner aux lecteurs du livre «Un Algérien raconte...» que celle-ci: «Cet employé zélé, qui se veut français, qui se croit français, sera arrêté en 1958 comme membre de l'Organisation Spéciale du FLN.» Les éditions Barkat ajoutent avec peut-être une pointe d'humour sans couleur franche: «C'est en prison qu'il rédigera les cahiers que nous rééditons aujourd'hui. Pas un mot n'a été changé dans ce document étonnant où un Algérien nous raconte comment il est devenu Algérien.»
Quoi qu'il en soit, nonobstant la certification des nom et prénom de l'auteur et la véracité des événements relatés, l'authenticité du «document» Un Algérien raconte... est exhibée à la page 387: «L'auteur du présent ouvrage a été jugé par le tribunal permanent des Forces Armées de Paris le 16 avril 1960 dans l'affaire dite de l'O.S. (Organisation Spéciale du F.L.N). Au cours de l'audience il a adopté la même attitude que celle qu'il explique tout au long de ses cahiers, et il a donné les raisons de son évolution, ainsi que le détail de ses contacts avec l'organisation F.L.N. L'ouvrage qui existait sous la forme de cahiers, a été utilisé par son défenseur. L'auteur a été condamné à un an de prison avec sursis et amnistie.»
Le récit est évidemment à lire intégralement. En donner quelques indications serait détruire le rythme de l'aventure héroïque. Cependant, disons que dans sa cellule de la prison «La Santé», à Paris, partagée avec ses compagnons, des garçons à la parole sobre et sincère, l'auteur-narrateur, Meziane Noureddine, fait le récit de son parcours de vie point par point. Il leur annonce qu'il a «été arrêté pour atteinte à la sécurité extérieure de l'État. [...] Dans la nuit du 4 octobre». Des regards pleins de sympathie se tournent vers lui. D'autres questions fusent, celles de Cherif, de Bachir, d'Abdallah, de Saïd, d'Ahmed... Ils sont originaires de Bône, de Sidi-Aïch, de Tizi-Ouzou. Meziane Noureddine en conclut: «De toute évidence mes camarades sont des militants du F.L.N.» Ses camarades l'écoutent, à leur tour, ils sont émerveillés par les exploits de leur camarade militant, lui, dont autrefois les yeux brillaient de fausses lumières et dont la tête grossissait d'abrutissement sous les étranges bienfaits de la colonisation. Son évolution, de l'état de soumis à celui de combattant pour la liberté et l'indépendance de son seul et vrai pays l'Algérie, va se concrétiser par son courage et son audace à affronter, étape après étape, au cours de son incarcération, les ruses de la politique «Algérie-française» et les exactions de sa police armée. Une lumière vraie, sincère, jaillissante, vient heureusement aussi d'Hélène, celle qu'il a vue «pour la première fois le 14 juillet 1955»...
Un Algérien raconte... est incontestablement un document dont la portée historique, sociologique et psychologique aide à la formation de nos jeunes d'aujourd'hui qui doivent comprendre et apprendre l'amour de la patrie, la citoyenneté et la fraternité humaine.
Bel aboutissement auquel veille l'Algérie éternelle, et justement comme dit l'auteur-narrateur: «Maintenant que nous avons gagné la partie!».

(*) UN ALGÉRIEN RACONTE... de Meziane Noureddine Éditions Barkat, 2013, 388 pages.

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