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LES ÉDITEURS ALGÉRIENS AU SALON DU LIVRE DE PARIS (21 - 24 MARS 2014)

Une image avide de grands événements...

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Kaddour M'Hamsadji, Anys Mezzaour, Hamidou Messaoudi (D.G ENAG) au Salon du Livre de Paris 21.03.2014Kaddour M'Hamsadji, Anys Mezzaour, Hamidou Messaoudi (D.G ENAG) au Salon du Livre de Paris 21.03.2014

LA NATURE algérienne croit fort à la profusion de ses illusions et, pourtant, elle refuse ce que l'esprit appelle l'inaction, le poète «le sommeil, aventure sinistre» et l'homme d'honneur «l'incertitude d'être soi».


À quoi sert le livre? Cette question, posée ailleurs (*), concerne aussi les éditeurs d'une cinquantaine de pays venus séjourner quelques jours (du 20 au 24 mars 2014) au Parc des Expositions (40.000 m2) de la capitale française afin de participer dignement au 34ème Salon du Livre de Paris, ouvert au public à partir de vendredi 21 mars.

La rencontre, coeur de cible de l'échange
Ce grand rendez-vous de l'édition internationale, mettant à l'honneur l'Argentine et la ville de Shanghai, a accueilli, Porte de Versailles, 1200 éditeurs, 3500 auteurs en dédicace, 100.000 livres, 500 conférences et 200.000 visiteurs. Tout en célébrant de grands noms d'auteurs, les organisateurs et les médias (radio, télévision et presse écrite) se sont évertués à promouvoir également les oeuvres de jeunes auteurs, par exemple, Édouard Louis (21 ans, pour son premier roman «En finir avec Eddy Bellegueule») ou Frédéric Verger (55 ans, professeur de français, dédicaçant la première fois de sa vie sa toute première oeuvre «Arden» au Salon du Livre de Paris). De même, il semble se manifester dans le présent Salon une génération d'éditeurs qui entend redynamiser la profession par la conquête de nouveaux lecteurs pour leurs nouveaux auteurs.
Le bilan établi de cette manifestation confirme les prévisions des organisateurs et, tout particulièrement, l'importante fréquentation de scolaires, d'étudiants, d'enseignants, de familles entières et de professionnels étrangers. «Ce succès reflète la passion des Français pour la lecture, la place du livre et de la culture dans la société française, dont beaucoup de pays présents au Salon s'inspirent», a déclaré Vincent Montagne, président du Salon du Livre de Paris et président du Syndicat national de l'édition, organisateur du Salon avec Reed Expositions. On pourrait ajouter, en tant qu'observateur impartial, que le Salon du Livre de Paris a confirmé, grâce à la précision et à la qualité de son organisation, à l'efficacité et à la compétence de ses personnels, à la pertinence du choix du lieu et des dates de sa tenue, l'engouement, voire le plaisir de lire, de toute une génération ainsi formée dès sa plus tendre enfance. La rencontre, coeur de cible de l'échange, du partage et du vivre ensemble entre peuple lecteur et écrivains éducateurs, donc éveilleurs de conscience, a émerveillé tous les visiteurs épris de connaissance et, par conséquent, ouverts au progrès et à l'esprit de l'Autre... Même payante, l'entrée à cette fête du livre, reste une réjouissance éducative et instructive. Et déjà, lundi soir, après le plein succès de cet événement culturel, les organisateurs ont annoncé que le Brésil sera l'invité d'honneur de la prochaine édition du Salon du Livre de Paris, du 20 au 23 mars 2015.

Pour que vive la culture algérienne
À quelques mètres des stands très animés de la Tunisie, du Maroc, du Liban (Ministère de la Culture), du Sultanat d'Oman (Ambassade), du Royaume d'Arabie Saoudite (Ministère de l'Enseignement supérieur),... accueillant chaleureusement leurs visiteurs, le Pavillon «Algérie», avec enseignes et drapeau national illuminé, a été érigé sur le stand T38. Remarquable dans le Salon, il occupe environ 60 m2 et réunit, sous la sympathique houlette de l'Entreprise Nationale des Arts Graphiques (M.Hamidou Messaoudi, D.G. et son équipe), chargée par le Ministère de la Culture de concrétiser la participation éditoriale algérienne. On a compté 45 maisons d'éditions algériennes: ENAG, Casbah éditions, Chihab, Hibr, Dar El Oumma, Alpha, ANEP, El Outhmaniya, El Maarifa, Dar El Houda, Médias Plus, Édif 2000, OPU, Dalimen, Marsa,... Leurs productions de livres ont été exposées sur des étagères formant un mur en façade, sur des étals disposés tout autour de l'espace utile et sur une vaste table au centre. On y a placé environ 700 titres, toutes disciplines confondues, traitant de littérature générale en ses divers genres: roman, poésie, nouvelle, conte, essai, histoire, sociologie, science, technologie, art graphique, bande dessinée,... et art culinaire traditionnel.
41 auteurs algériens, venus d'Algérie, de passage à Paris ou résidents en France se sont livrés à l'exercice de la dédicace, malheureusement sans grande joie évidente. Car, il faut bien le dire, l'effervescence sur le stand des éditeurs algériens n'a pas gerbé; l'efflorescence de la culture algérienne, pourtant présente - si peu soit-elle -, n'a pas assez attiré vers elle l'agitation studieuse des visiteurs du Salon. Quelques courageux auteurs - sans doute militants absolus de la littérature nationale - ont fourni l'effort d'occuper un temps peu propice à drainer la foule de lecteurs attentifs aux livres algériens, édités en Algérie. Néanmoins, de petits groupes de connaisseurs et de curieux se sont penchés sur les livres et leurs auteurs dans les stands alentour et chez les célèbres maisons d'éditions dont parle inlassablement la presse française et étrangère et la nôtre aussi, - oui, chez nous! Quelques rares visiteurs frôlent les étals de nos livres, posent des questions polies sur nos livres; des éditeurs présents (ENAG, Casbah, Hibr, Dar El Oumma,...) répondent à leurs questions, les orientent, les conseillent. Beaucoup préfèrent les ouvrages sur «La Mémoire algérienne», des essais historiques, - mais point d'envie de pure littérature. Le roman? On n'aime pas. Sans connaître. Pourtant, nous en avons des romanciers, et des jeunes. Il y en a de chez nous, et ici dans notre stand. Par exemple, un tout jeune, il a 17 ans, il s'appelle Anys Mezzaour. Il a publié son premier roman «La Proie des Mondes», une oeuvre d'un prodige dans le genre littéraire dit «fantasy», et il l'a dédicacé le jour même de son anniversaire au Salon International du Livre d'Alger 2013.
Mais il est vrai qu'au Salon du Livre de Paris, le Pavillon «Algérie» n'a pas eu de caméra, de photographes, de journalistes. Il n'a pas connu tout le public qu'il mérite... sauf la caméra de France 3 (région Île-de-France) et un ou deux journalistes Français curieux sans plus. On a vu, un ou deux journalistes «du pays» pour prendre le pouls de notre participation au «Salon du Livre de Paris» et d'en constater l'effet sur le moral de ceux qui ont le feu sacré d'imaginer ou d'espérer toujours un bel exemple de sagesse algérienne afin que, par une sorte de déhiscence, la bonne graine d'intelligence nationale pensée et écrite soit projetée partout chez nous et au-delà! C'est mon point de vue, et il est celui de nombreux écrivains algériens de talent aussi. Je sais que l'on pense que je serais «inusable» (Quel beau compliment fait à mon âge!), mais qui ne le serait pas s'il éprouvait parfaitement, sincèrement, le sentiment qu'il y a toujours quelque chose à faire pour que vive la culture algérienne en quelque lieu qu'elle se développe et s'épanouisse?

Utopie?
Lançons encore, nous tous, quelques autres idées. Les causes de ce manque de volonté pour rêver et agir dans le bon sens, sont nombreuses. Des questions se posent naturellement à propos de tant de problèmes qui nous sont familiers, aux problèmes de l'écriture, de la fabrication, de la production, de la diffusion, du coût du livre, et en même temps des lecteurs, de la qualité du livre et de la qualité du lecteur, du rôle de l'école, des lycées, des universités, de la qualité du critique littéraire et des instances officielles de l'information et de la culture. On parle du prix élevé du m2 d'exposition chez nous et à juste raison à l'étranger. Mais on ne devrait pas penser d'abord au coût de l'installation du Stand digne de l'Algérie, mais à la qualité des oeuvres pour mettre en relief les progrès constants, s'il en est, de la splendeur culturelle de notre pays, pourtant historiquement phare de la pensée authentique nationale et maghrébine. On doit pouvoir concevoir des stratégies idéologiques pour constituer un lectorat pour tout Salon du Livre et l'organiser. Par exemple, en France, on pourrait faire appel aux Algériens qui y résident par l'intermédiaire des associations culturelles existantes et reconnues auprès de nos consulats et de nos Centres culturels dont celui de Paris.
La connaissance par le livre algérien est infiniment essentielle à notre société qui, consciente et pleine d'espoir malgré toutes les avanies du passé, imagine - et le construit progressivement - le bonheur des générations prochaines. Utopie?... Tout rêve intelligent est productif, il illumine et c'est déjà une conquête sur le repli sur soi, sur son propre obscurantisme. Ah! qu'il serait bien agréable à écrire, ce rêve-là!

(*) À QUOI SERT LE LIVRE? Essai de Kaddour M'Hamsadji (Avec la contribution de 34 auteurs) Éditions ENAG, Alger, 2013, 214 pages.

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