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PETIT DICTIONNAIRE DU THÉÂTRE ALGÉRIEN DE ACHOUR CHEURFI

Le théâtre flatte l'esprit en friche

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Le théâtre flatte l'esprit en friche

La vie telle qu'elle existe n'est donc ni songe ni immédiateté, un art dramatique fait d'ombre et de lumière mêlées et où le comédien n'est qu'un homme simple.

C'est aussi un lieu où l'on observe une action en jeu reproduite ou totalement créée, et devant illustrer du «sens» aux spectateurs. Ainsi, le théâtre est éducateur et, sans doute faut-il ajouter, il est éveilleur de conscience. En tout cas, si l'on faisait l'histoire du théâtre algérien, depuis 1920 à nos jours, on en sera convaincu aisément. Achour Cheurfi, journaliste, chercheur et encyclopédiste, vient justement de nous le rappeler et de le souligner en publiant Petit dictionnaire du théâtre algérien de 1920 à nos jours (*) aux Éditions Dalimen.

Une oeuvre totale
Cet ouvrage est le résultat de longues recherches pleines de références, d'informations et de précisions, aussi faut-il le dire, il est volumineux, - 557 pages, toutes couvertes d'une écriture dense à très petits caractères et agrémentées d'illustrations en noir et blanc et en couleurs. Une liminaire situe le sujet développé; une introduction porte un regard juste sur le théâtre algérien; une notice de A à Z présente des pièces, des auteurs dramatiques, des metteurs en scène, des comédiens et des résumés de pièces; une riche bibliographie suivie d'annexes comprenant une chronique sur le théâtre algérien par Rachid Mimouni, un article sur l'organisation de l'institution théâtrale et une réflexion sur les métiers des arts du spectacle et de l'audiovisuel. «Un petit glossaire» suffisant propose des définitions de quelques vocables se rapportant à l'art dramatique et, par conséquent, à l'activité théâtrale. Il y a de quoi émerveiller le curieux lecteur et le lecteur curieux, l'étudiant et même son professeur!
Je n'entrerai pas dans le détail de l'édition pour évoquer le pourquoi et le comment de la fabrication et de ce qui a conduit à un tel labeur. Comme le travail est là et fait par un auteur estimé et compétent (n'oublions pas la dizaine de dictionnaires qu'il a déjà produite), le document important que voici l'emporte sur toute autre raison de coût ou de goût! Pourtant, il reste que les yeux de chacun seront mis à l'épreuve d'une police de caractères trop minuscules pour ne pas être tenté d'user d'une loupe... Vraiment, oui vraiment!
Quoi qu'il en soit, Achour Cheurfi nous donne à apprendre et à comprendre la création et l'évolution du 4e art dans notre pays, de 1920 à nos jours, c'est-à-dire d'un théâtre né et développé à l'époque coloniale et pleinement enrichi et revigoré dès le début de l'indépendance à nos jours. Il s'agit d'une oeuvre totale qui tente d'expliquer, grâce à des références sûres et solides (sources, études, articles, illustrations, déclarations de spécialistes du théâtre,...), les objectifs premiers du théâtre algérien, son évolution et ses résultats. En somme, l'auteur, analysant longuement un défrichage soigneux et complexe, «se propose de faire le point sur la question théâtrale algérienne, depuis le début du xxe siècle jusqu'à nos jours». Sans doute, est-ce une gageure, néanmoins, «ce travail de collecte d'informations, de recension et d'une certaine manière d'évaluation aussi de la pratique d'un art majeur, trois sources principales ont été sollicitées»: ses travaux précédents, la documentation médiatique et les études à caractère universitaire, ainsi que quelques rares témoignages, par exemple, ceux de Allalou et de Mahieddine Bachetarzi. C'est pourquoi, il faut reconnaître à Achour Cheurfi le mérite du militant algérien de la recherche dans ce domaine déjà si difficile par son ampleur et par, hélas, ses disparités aussi, le manque d'archivage et où la passion de «réveiller» la mémoire s'ajoute au devoir de révéler le patrimoine de l'art dramatique algérien.

Un théâtre national algérien
Voilà donc une aventure culturelle à vivre de nouveau dans nos sociétés, par et dans l'action se déroulant, comme autrefois, dans une «halqa» (cercle) puis dans un théâtre à la «version résolument moderne» dont la première pièce, publiée en 1847 et non jouée, a pour titre Nouzhat El Mouchtaq due à Brahim Daninous (1798-1872), une oeuvre pionnière dans le monde arabe, affirme Cheurfi, dans sa très instructive Introduction: Regard sur le théâtre algérien.
Il est vain de «raconter» ici le brillant travail de Achour Cheurfi dont les qualités de journaliste, de poète, d'auteur de «La Maison maudite» («texte théâtral») transparaissent tout au long des pages de ce Petit dictionnaire du théâtre algérien, de 1920 à nos jours. Nous découvrirons un très grand nombre d'auteurs dramatiques, de metteurs en scène, de comédiens, de pièces de théâtre et leur résumé, des drames, des tragédies, des comédies, des opérettes,... Émergent de notre mémoire personnelle des noms célèbres: Allalou, Ksentini, Dahmoune, Bachetarzi, Keltoum, Touri, Sidali, Abderrahmane Aziz, Djelloul Bachdjarrah, Mustapha Kateb, Farida Saboundji, Hadj Omar, Allel El Mouhib, Ahmed Agoumi, Larbi Zekkal, Latifa, Boudia, Hadj Smaïn Mohamed Seghir, Chafia Boudraa, Habib Réda, Abdelhalim Raïs, Abdelkader Safiri, Nouria, Kateb Yacine, Mohamed et Saïd Hilmi, Hassan El Hassani,... et les plus modernes, si j'ose dire, et les contemporains, - la liste est heureusement bien longue, découvrez-la.
Toutefois, dans l'histoire du théâtre algérien, il est un monument matériel, le Théâtre National Algérien témoin perpétuel, et le nom qu'il porte, celui de l'homme de théâtre émérite incontournable, Mohieddine Bachetarzi dont l'immense écrivain français et dramaturge Emmanuel Roblès (4 mai 1914, Oran, Algérie - 22 février 1995, Boulogne-Billancourt [Hauts-de-Seine], France), auteur de Montserrat, évoquant le théâtre algérien, a écrit dans sa préface à ma toute première oeuvre dramatique La Dévoilée (éd. Subervie, France, 1959, rééd. Barkat, Algérie, 2012): «Ce théâtre plein de sève, riche en couleurs, a commencé par des farces et des comédies moralisatrices. [...] Et dans les années qui ont précédé immédiatement la guerre actuelle d'Algérie, les compagnies théâtrales de professionnels et d'amateurs ont connu un épanouissement remarquable, ont créé des oeuvres plus ambitieuses. C'est là un phénomène de notre temps, car ce théâtre maghrébin est tout jeune et il a eu pour animateur Mahieddine, qu'on peut appeler le Molière algérien sans que cette comparaison l'écrase le moins du monde. De Molière, il a la verve satirique, la finesse d'observation, la truculence et aussi l'ardeur et la générosité.»

(*) Petit dictionnaire du théâtre algérien de 1920 à nos jours de Achour Cheurfi, Éditions Dalimen, Alger, 2013, 557 pages.

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