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CENTRE HOSPITALIER INTERCOMMUNAL (OPHTALMOLOGIE) DE CRÉTEIL

Des yeux mis en musique...

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Des yeux mis en musique...

OUI, tous les yeux du monde méritent une musique comme thérapie pour s'illuminer de beauté.

Sans doute, «la musique adoucit les moeurs», ainsi que l'avait observé Aristote et noté dans Politique, Livre V, il y a près de 2350 ans, mais bien plus, elle adoucit la vie, elle contribue à entretenir la santé psychologique dans le bon sens, c'est-à-dire elle console, détend, apaise, stimule quand la vie quotidienne devient pression ou dépression atteignant la santé du corps et du mental. Pour de nombreux chercheurs en sciences médicales, et en collaboration intelligente avec des artistes, entre autres, les spécialistes en musique, affirment, tout en s'appuyant sur de multiples expériences conjointes, que la musique «soigne» aussi quand elle participe au programme «réussir en santé». En somme, la musique renforce les pensées positives et la confiance en soi. Mais comment, pourquoi? Ces questions, parfaitement pertinentes, appelant des réponses scientifiques de hautes compétences, ne seront pas posées ici. Par contre, je relate brièvement dans ce Temps de lire, exceptionnel par le sujet abordé, un événement visuel qui laisse penser, à raison, que la musique est un bienfait pour la santé. Des expériences diverses dans de nombreux pays et quelques-unes, quoique fort modestes chez nous - réalisées lors des fêtes traditionnelles en milieux hospitaliers - mettent aisément en lumière les indéniables résultats positifs obtenus ici et là.

La macula indispensable à notre vue
Aussi, me plaît-il d'évoquer la sympathique séance musicale dont j'ai été, le mois dernier, spectateur heureux, indirectement volontaire. Elle a eu lieu au Centre hospitalier intercommunal de Créteil (France) dans une salle d'attente réservée aux patients du service universitaire d'ophtalmologie (secteur d'activité DMLA) du Professeur Éric Souied.
Les patients, plus ou moins âgés, souffrant de la DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l'Âge) et déjà suivis en ophtalmologie, ont été amenés à revêtir une blouse propre et à mettre un bonnet sur les cheveux en attendant leur tour d'entrer dans la salle aseptisée où un médecin les accueillera avec son équipe d'assistants. Après cinq minutes environ que dure la préparation médicale du patient à recevoir l'acte thérapeutique, le médecin, d'une main experte, injectera un produit spécifique dans l'oeil à traiter, préalablement anesthésié, sans douleur. C'est une injection directement dans l'humeur vitrée, milieu intra-oculaire en arrière du cristallin et en avant de la rétine. L'injection dite «intravitréenne» (en abrégé IVT) est une technique novatrice qui ne dure que quelques secondes.
Par parenthèse, j'ai appris auprès de plusieurs sources que la DMLA est une maladie de la rétine provoquée par une dégénérescence progressive de la macula, partie centrale de la rétine, qui peut apparaître à partir de l'âge de 50 ans, et plus fréquemment à partir de 65 ans. Des études scientifiques sur la DMLA précisent que cette affection est la première cause de cécité chez les personnes âgées. Les traitements existants permettent seulement de ralentir son évolution, d'où le stress constant auquel sont sujettes les personnes dont la macula est atteinte, - d'où la nécessité d'un dépistage précoce, et donc d'une large campagne d'information.
Ainsi donc, tandis que dans la salle d'attente, on prend son mal en patience en provoquant une causette avec son voisin immédiat, en restant calme, silencieux ou même encore quelque peu inquiet pour sa santé et beaucoup de ce qui va se passer, une jeune personne pleine d'allant vient annoncer d'une voix douce l'installation d'un duo de musiciens bénévoles. Ils sont autorisés à se produire par la direction du service d'ophtalmologie. Néanmoins, si cette représentation n'est pas souhaitée, si elle indispose quelqu'un, si peu soit-il, elle sera annulée. En fait, l'objet de cette initiative est de faire vivre, à la petite assemblée de malades, un moment de plaisir, de détente sans la pression des problèmes de santé: il est par conséquent plutôt proposé une échappée de simple rêverie. La musique ne peut être alors qu'une méditation, un détachement pour un mieux-être; elle est contre toutes les formes de mal-être.
La Voix douce intervient de nouveau pour annoncer le programme musical et sa durée. Deux jeunes violoncellistes, une fille et un garçon, eux aussi revêtus d'une blouse et coiffés d'un bonnet qu'exige la circonstance, sont maintenant face au public. Celui-ci est d'abord surpris, puis curieux, puis assez captivé pour être finalement séduit et complètement ravi, - et sûrement ravi à ses tristes préoccupations. On va écouter de courts morceaux de musique émouvante exécutés par deux musiciens présentés comme élèves du Conservatoire Marcel Dadi de Créteil, un établissement public qui dépend de la Communauté d'agglomération Plaine centrale du Val-de-Marne (France)... Belle initiative, le Conservatoire s'invite même «dans un lieu, me dit-on, où on ne l'attend pas forcément»... On écoute quelques extraits des merveilleuses «Suites pour violoncelle seul» de Johann Sébastian Bach (1685-1750), le prince de la musique baroque, - ces «Suites» sont considérées comme les classiques incontournables du répertoire de cet instrument.

La musique comme thérapie
Le duo de musiciens s'est humblement appliqué à exprimer avec succès ce que les spécialistes appellent la qualité d'instrument soliste et concertant du violoncelle et à rappeler ainsi la constante perfection formelle de ces «Suites» qui restent comme une étude exceptionnelle en raison de leurs qualités musicales et pour leur intérêt pédagogique et théorique, - Bach ayant mis en valeur toutes les possibilités polyphoniques du violoncelle. Ici, dans la salle où nous nous trouvons, la mélancolie et la joie font musique, à juger les fréquents applaudissements de cet auditoire inhabituel... Quelle délectation même pour ceux qui, n'ayant peut-être aucune connaissance particulière dans la musique classique, ont su déceler que le violoncelle, produisant un son extrêmement rugueux, est l'instrument le plus proche de la voix humaine!...
Je suis sorti de ce service, enchanté, persuadé que l'anxiété des patients s'est émoussée au contact de celle aussi subtile, révélée par la musique jouée par les deux exécutants, et dont on ne se lasse pas d'entendre la douceur éducative dans la profondeur des rapports des sons et la fraîcheur d'un style personnel naissant des deux élèves artistes.
Il faut donc reconnaître la qualité de la formation assurée par le Conservatoire de Créteil qui participe d'un réseau d'établissements avec les conservatoires à rayonnement intercommunaux d'Alfortville et de Limeil-Brévannes et partage avec eux de nombreuses missions générales, par exemple: - La sensibilisation artistique pour démocratiser l'accès aux arts vivants. - L'éducation artistique au service de projets pédagogiques innovants et de l'épanouissement des publics. - L'enseignement artistique spécialisé permettant le développement de la pratique artistique autonome et l'orientation professionnelle. - L'action culturelle par la participation active à la vie du territoire par la mise en oeuvre de projets partenariaux. - Développement de démarches de coopérations avec les acteurs culturels de proximité et sont par là-même des équipements dynamiques au coeur des politiques culturelles locales,...
Il est encore une action importante, car elle est pédagogique et humaine, à laquelle s'attache ce Conservatoire: «Porter l'art auprès des personnes qui ont des difficultés à se déplacer ou auprès de ceux dont l'accès à la culture est difficile. Au-delà de la démarche citoyenne de ces initiatives, ces échanges avec nos partenaires permettent aux élèves de roder leurs acquis, de se préparer aux examens, dans des lieux qu'ils ne connaissent pas, devant un public à chaque fois différent, sans préparation et sans échauffement.» Et c'est justement, à l'occasion d'une de ces «sorties citoyennes» organisées conjointement par le Conservatoire de Créteil et le Centre hospitalier intercommunal de la même ville que j'ai eu le plaisir d'entendre et de rencontrer deux grands élèves violoncellistes engagés dans une action tant artistique qu'humaine. Je dis bravo à tous ceux qui y ont contribué
J'en arrive enfin à ce qui devrait maintenir éveillée toute conscience modèle qui a la volonté de se révéler à elle-même face à la complexe souffrance pensée, cachée ou visible de l'Autre. La DMLA est certainement l'une des maladies du siècle dont déjà souffre la génération humaine d'aujourd'hui. À l'instar de celles des pays modernes, la médecine chez nous, particulièrement en ophtalmologie, est sans doute capable d'exploiter les nouvelles techniques de thérapie. À quand donc une diffusion de la connaissance de la DMLA auprès de nos populations? À quand des soins préventifs courants et généralisés dans un cadre sanitaire reconnu et obligé?... À quand un livre algérien sur la DMLA pour instruire mes lecteurs?

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