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LA PETITE BIBLIOTHÈQUE DE L'ÉTÉ 2014 (VII)

La quête du soi spécifique

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La Maison de la culture Ali Zamoum de BouiraLa Maison de la culture Ali Zamoum de Bouira

Quand la musique et la langue s'unissent pour évoquer le même coeur, c'est toute une humanité qui est concernée.

Je souhaite que l'on ne me veuille pas trop de croire, mais je n'y crois pas vraiment, à la petite coquetterie d'écriture vers laquelle m'a poussé ma pauvre plume inexplicablement maladroite et nerveuse... Néanmoins, après réflexion, pourquoi ne pas voir de tous nos yeux grands ouverts la réalité de notre société idéale, à la fois dans la diversité de ses chants d'amour, de fraternité et de solidarité et dans le livre vertueux, intime et multiple de son existence humaine?
En somme, l'héroïsme populaire d'aujourd'hui se lit dans les livres qui ont «un corps et une âme» et qui ont assez d'esprit pour aider chacun de nous à penser.

Titres extraits du Temps de lire (2013-2014)
LE CHANT DU ROSSIGNOL de Hamid Tahri, Beau-Livre, format (31x24) cm, 331 pages, Quipos-Éditions, Alger, 2013: «La Noûba qui nous submerge d'amour. Il y a là un merveilleux secret, celui d'un resplendissant rayon d'humanité dont l'humble vertu est d'adoucir les coeurs barbares. [...] Pour perdre ses soucis, il faut se laisser aller à écouter les chants de l'Andalousie primordiale: musique et paroles possèdent de purs charmes pour nous instruire sur nous-mêmes... Aurions-nous perdu, pourrions-nous retrouver l'expression de l'idéal artistique le plus élevé, celui de la Musique Andalouse qui, en des temps anciens, submergeait d'amour les peuples réunis en terre d'Espagne musulmane puis progressivement, paisiblement, le Sud de la France, ensuite l'Europe et pas seulement? Nul n'oserait refaire l'histoire, - et que sert-il de cacher le soleil avec un tamis, car, de plus, à l'évidence, ce n'est vraiment pas possible? [...] Sid Ahmed Serri a encouragé le projet du diligent journaliste culturel Hamid Tahri qui a conçu l'ouvrage au titre honorablement partisan, poétique et très juste: «Le Chant du Rossignol.» Rompu à une difficile et instructive spécialité, «Portraits», un genre littéraire qu'il nous offre le jeudi dans «El Watan», Tahri a encore réussi à amener délicatement Sid Ahmed Serri à se livrer dans «Le Chant du Rossignol».
Au reste, dans sa contribution à mon ouvrage «À quoi sert le livre?», éd. ENAG, 2013, Hamid Tahri a motivé ainsi l'objet des «Portraits»: «L'expérience m'a démontré que la plupart des personnes interviewées avaient ce besoin de parler, de s'expliquer, de se raconter. Beaucoup plus que de briguer une petite place au soleil. En général, ils avaient beaucoup de choses à dire sans avoir pensé un jour les immortaliser dans l'écriture.» [...] On y lit des textes intelligents retransmettant délicatement la passion de Sid Ahmed Serri pour la musique andalouse, pour ses maîtres, pour ses compagnons dans «les jardins de la musique andalouse», en somme pour sa patrie totale. En annexes, ses lettres adressées «à qui de droit» peuvent être intitulées «Défense et illustration de la musique arabo-andalouse». Des articles de presse et d'auteurs différents dont celui de Kamel Malti donnent l'image authentique d'un Serri qui veut bien dire «secret» et, pour ceux qui savent, «humilité». Les photographies qui jalousent le beau livre, jalonnent aussi toute une aventure humaine, une vie où se mêlent, avec harmonie, l'ancien et le nouveau, le passé et le présent, l'histoire et la culture, le rêve et la réalité, le chant de l'âme et la liberté de l'esprit. Là où Sid Ahmed imagine son trésor, là aussi est son coeur. Il y a en filigrane, une pensée vertueuse pour sa famille, pour son épouse [...]. En ce qui me concerne, j'ajouterais que j'ai été surpris de n'avoir pas trouvé une claire pensée d'hommage d'Ahmed Serri, sinon de Hamid Tahri, au regretté Sî Hemida Kateb - hélas! trop souvent oublié -, un savant justement dans la musique arabo-andalouse et que de grands maîtres de cet art musical n'hésitaient pas à consulter pour encore apprendre de lui... Mais ce n'est peut-être pas le sujet ici.»

SYMPOSIUM AUTOUR DU LIVRE AMAZIGH À BOUÏRA (7-8 DÉCEMBRE 2013), sous l'égide de M.le wali de Bouïra. Symposium «Tables rondes de consultations» avec les auteurs, éditeurs et diffuseurs du livre amazigh, Maison de la Culture «Ali Zamoum» à Bouïra (7-8 décembre 2013): «Si la langue est à l'origine de l'existence d'une société intelligente, rien n'est donc contraire ni plus naturel que de l'apprendre et de la faire apprendre. C'est la quête du soi spécifique la plus utile à la nation issue de sa propre histoire de tous les temps.
Vérité première, authentiquement originale et parfaitement saine, que d'inclure dans un système éducatif culturel les pré-requis sociaux d'une réalité historique multiple, inaltérable et prodigieuse, issue de la victoire nationale sur le colonialisme. Partant de cette humaine conviction que toute langue forme l'homme et lui ouvre des voies d'existence, la maîtrise algérienne d'existence doit servir le peuple algérien libre et indépendant à se réapproprier aussi le droit d'exprimer sa nature originelle judicieusement et conformément à la personnalité de l'Algérie composée depuis les temps les plus reculés. Bien sûr, je pense aussi à l'Algérie en évolution, celle d'aujourd'hui, celle de la rationalité et du progrès, de la paix et de la justice, de la fraternité et de la culture,... celle qui sera la Voix exprimée de toutes ses populations, même si le type d'expression auquel celles-ci s'adonnent pourrait sembler différent d'une région à l'autre. Il est certes évident que la répartition des aires des parlers berbères chez nous est inégale, au reste comme dans d'autres pays: Égypte, Libye, Tunisie, Mauritanie, Burkina Faso, et en général en territoires sahéliens. C'est pourquoi, par parenthèse, le mérite du peuple algérien est d'être constant dans son engagement à être uni et de protéger, entre autres richesses, ses richesses culturelles qui constituent sa personnalité. Le peuple algérien, ainsi conscient de sa personnalité profonde et de la solidarité mutuelle entre ses cultures diverses, a le souci d'objectiver la grandeur et la dignité nationales.
Au cours du Symposium - et comme de tradition antique - des orateurs (personnalités de la wilaya de Bouïra, du HCA, des auteurs, des éditeurs et des diffuseurs du livre amazigh) ont librement exposé, tour à tour, leur réflexion avec conviction et professionnalisme.
Après les interventions très attendues particulièrement celle de M.Youcef Merahi, secrétaire général du HCA qui a mis l'accent sur l'importance de l'objet du Symposium et celle du représentant du wali de Bouïra en la personne de son chef de cabinet M.Kamel Berkane qui a précisé l'intérêt élevé porté par M.le Wali à cette manifestation puis il a ouvert officiellement les travaux des participants, le directeur de la Promotion Culturelle du HCA a aménagé une courte séance inaugurale. Il a d'abord invité à prendre la parole, M.Kaddour M'Hamsadji (désigné parrain du Symposium), M.Hassen Bendif, directeur du Centre national du livre, M. Nourredine Lacheb, directeur général de l'OPU, Mme Nouara Hocine, directrice de l'édition de l'ENAG et M. Hocine Mezali, journaliste et écrivain.»

UN COEUR À PRENDRE de Tarik Djerroud, Tafat éditions, Alger, 2013, 159 pages: «Le personnage central - «l'éprouvé» si l'on préfère - fait, à son «Cher Maître et ami», le récit détaillé de sa vie complexe de jeune détective «pris dans une mauvaise étreinte, écrasé par l'enclume de la solitude et le marteau de la nostalgie». Il lui envoie une très longue lettre ou plutôt ce que l'on appellerait - et pour ajouter ici un peu d'étrangeté à ce genre d'écrit formel - une «épistole», un vieux terme issu du latin, oublié par la littérature d'aujourd'hui et ayant désigné une épître, une lettre (au sens de correspondance), un poème, un livre et tout autre travail d'érudition spécialement long. Par exemple, Les Epistulae (Les Épistoles soit Les Épîtres ou Lettres en français) du poète latin Horace (65 av. J.-C. - 8 av. J.-C.). [...] En effet, nous découvrons une âme vigile et, si j'ose dire, «virile».
Pour écrire cette oeuvre, Tarik Djerroud a puisé, en poète, dans l'histoire de l'homme, car si même le village, où se déroulent les faits, est imaginaire, la société qui y évolue ne l'est pas: «À Tizi, tout le monde se connaît. La population se jalouse comme elle respire!», et dans la localité de Sendou, on n'est pas différent. La sorcellerie pratiquée par l'imam et lqabla a tétanisé toute la population. Les personnages sont aussi authentiques que le drame qui les rend à leur naturel, tels les hommes et les femmes: l'imam, «la sacrée lqabla» et son mari Amar, Tina «le bijou» envié et son mari «l'architecte», l'amin et son fils Kamel, Dda Rachid, Nna Tassadit, Belaïd, Nadir, Nassim, Rabah,... et la foule des jeunes désoeuvrés. Qui est l'auteur du double crime? [...] Le drame est saisissant, l'affliction a envahi tout le village: un imam âgé de 78 ans et une sage-femme (lqabla) âgée de 75 ans ont été assassinés à l'arme blanche. L'enquête débute sur la Place de Taslent. Une scène inattendue éveille l'attention du détective: l'arrivée de trois filles.
L'iman l'informe sur celle du milieu: «C'est le fleuron du village. Elle est la fille aux mille et un prétendants. C'est son jour de mariage. Hélas, des voyous ont décidé de faire tomber le diable sur nos têtes en ce jour de fête.» Il est question d'un secret dont tout le village se garde de divulguer. Les deux familles touchées par la tragédie se refusent d'en parler. L'enquête est difficile à mener dans ces conditions.»

(À suivre: La Petite bibliothèque de l'été 2014 dans Le Temps de lire du mercredi 24 septembre prochain.)

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