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LES PRÉSIDENTS ALGÉRIENS À L'ÉPREUVE DU POUVOIR DE BADR'EDDINE MILI

L'Histoire est toujours l'enjeu de toute vie nationale...

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L'Histoire est toujours l'enjeu de toute vie nationale...

L'esprit dans lequel toute contribution à l'écriture de l'Histoire doit participer, doit être aussi conçu pour enseigner plus que pour renseigner.

Sans doute, est-ce aussi valable spécialement pour notre pays qui ne cesse de s'évertuer à établir le juste et libre équilibre de son développement postcolonial. Cet intérêt est perçu dans une sorte d'engouement louable chez nos intellectuels de bonne formation et de bonne foi.
Ainsi, comme tant d'autres ouvrages «sur l'Histoire», déjà présentés dans Le Temps de lire, celui de Badr'Eddine Mili, intitulé Les Présidents algériens à l'épreuve du pouvoir (*), nous propose-t-il, mais différemment, en quelques pages fort suffisantes, des réflexions sereines, assez suggestives et assez perspicaces pour ne pas briser notre plaisir de la découverte (ou de la redécouverte). De même, ce travail animera ou ranimera la conviction de certains qu'ils ont de la notion de gouvernance en action et des «états d'âme» de l'État, stricto sensu. L'ensemble est limité scrupuleusement «aux questions de l'État national, des idéologies, de la démocratie et des politiques développées par les différents dirigeants qui se sont succédé à la tête de la République de 1962 à 2014.»
L'auteur, né à Constantine, formé en Sciences Politiques, rompu à l'exercice de nombreuses fonctions dans le domaine des médias et de la communication, a publié des romans constituant une trilogie: La Brèche et le Rempart (2009), Les Miroirs aux Alouettes (2011) et Les Abysses de la Passion Maudite (sous presse). On devine bien que l'Histoire submerge en vagues successives ces oeuvres imprégnées d'une volonté d'émerveiller l'ardeur nationale du citoyen algérien.

Un État forgé dans le feu
Justement, il est définitivement important, après le Centenaire du Premier novembre 1954, et après le Cinquantenaire de l'Indépendance de l'Algérie, que L'Histoire de la lutte de libération nationale et, à l'évidence, celle de ses dirigeants soient présentées au grand public en attendant - mais jusqu'à quand? - de l'enseigner méthodiquement dans nos établissements scolaires. Il est bien naturel que cela soit à partir d'ouvrages riches en informations, très justes, très objectives en ses analyses afin d'être capables de contribuer à l'élaboration d'une Histoire spéciale où nos pédagogues puiseraient les sujets de leurs leçons éducatives et instructives destinées à la formation du coeur et du caractère du jeune citoyen algérien. Non, ce n'est pas une utopie, il est urgent de former, par là, la conscience de la jeune génération; la génération nouvelle apprendra fièrement les vraies richesses de ses idéaux devant construire sa vraie vie nationale. L'État national - et l'analyse théorique et pratique de ses présidents - est un enseignement capital et indispensable à délivrer à la jeunesse algérienne. Assurément, pour certains ce n'est qu'un point de vue; néanmoins, il est à considérer pour comprendre ou pour faire comprendre le degré de «l'épreuve du pouvoir» chez nous depuis l'indépendance, depuis la solennelle, la difficile et la complexe prise du Pouvoir pour l'instauration d'une République Algérienne Démocratique et Populaire. Dans sa préface à ce livre Les Présidents algériens à l'épreuve du pouvoir, Rédha Malek, l'autre grand homme politique de la Lutte de Libération nationale, le porte-parole de la délégation FLN pendant les Accords d'Évian, l'un des principaux négociateurs lors de la crise des otages américains de Téhéran en 1980, le ministre des Affaires étrangères, le Premier ministre, le fondateur du parti de l'Alliance nationale républicaine (ANR), a pu écrire, évoquant «L'État»: «Cet État qui, chez nous, renoue avec l'État précolonial de 1830 sur le plan intemporel du droit, mais qui en diffère par le contenu, ayant été forgé dans le feu de la lutte et acquis, de ce fait, une légitimité historique incontestable. [...] Cet État, issu de la Révolution armée, porte, en lui, un potentiel d'universalité exceptionnel qu'ignorent nombre d'États nés de la décolonisation.»
Le présent travail de Badr'Eddine Mili a précisément pris cette orientation: rechercher les faits produits par les «présidents» face à l'épreuve du Pouvoir imposée par le devoir d'agir et de résoudre. La complexité des «événements», du tissu social, des aspirations politiques et idéologiques nouvelles,... a constitué des étapes cruciales à franchir avec succès et à dépasser tout en prévenant les étapes suivantes et celles de l'avenir. En somme, ainsi que l'auteur le note: «La Révolution du 1er Novembre 1954 victorieuse d'un colonialisme les plus féroces de l'Histoire de l'Humanité a eu, à l'Indépendance [...] des engagements relatifs à la construction d'un État de droit garanti par des libertés constitutionnelles, d'un développement économique et culturel indépendant et d'un progrès social équitable n'a pas, malheureusement, abouti pour des raisons que le présent essai se propose de cerner.»

Un rêve citoyen
À cet effet, Badr'Eddine Mili accorde à son travail deux parties distinctes, mais complémentaires en vue d'essayer de répondre au questionnement général pertinent que suscite l'intitulé de l'ouvrage Les Présidents algériens à l'épreuve du Pouvoir, période 1962-2014:
La première partie s'oblige à poser quelques pré-requis et à faire quelques rappels:
1- L'État national entre révolution et contre-révolution.
2- Gauche, islamisme et démocratie. 3- Les élites algériennes d'hier à aujourd'hui. 4- La genèse des capitalismes algériens.
La seconde partie s'attache à présenter, à travers des analyses de principe afin d'en dégager la personnalité, les profils des intervenants, en l'occurrence «les présidents algériens à l'épreuve du Pouvoir» et leurs actions; il s'agit par conséquent «Du pouvoir et des hommes», et les vocables utilisés dans les intitulés suivants sont très significatifs des intentions de l'auteur: 1- Ferhat Abbas, l'antihéros. 2- Ahmed Ben Bella, «le frère militant». 3- Houari Boumediene ou l'oeuvre inachevée. 4- Chadli Bendjedid: sujet ou objet de l'histoire? 5- Les trois morts de Mohamed Boudiaf. 6- Ali Kafi dans la tourmente des années noires. 7- Ce que l'Algérie doit à Liamine Zeroual. 8- Abdelaziz Bouteflika: le règne le plus long.
Il est évident que dans ce travail de recherche et d'analyse, l'auteur n'est pas absent: son point de vue apparaît ici et là, mais il n'empêche pas l'opinion libre du lecteur de s'exercer. On remarquera qu'aucun avertissement n'y paraît. Par contre, l'information est claire. La logique suivie mérite d'être partagée, et de la saisir et de la discuter. Une question remet en place toute réponse hâtive.
L'auteur conclut: «Il y a une question qui revient, de façon cyclique, à chaque fois que l'idée est posée sur la table: existe-t-il au sein du pouvoir des forces qui peuvent exprimer une volonté réelle de prendre en considération cette perspective [Une nouvelle Constitution habilitant la citoyenneté] et de travailler à sa réalisation, sachant que sans la volonté politique du pouvoir ou d'une partie influente de celui-ci et sans la réunion d'un minimum de préalables rien ne sera possible?»
Une grande question - un rêve! - qui attend une réponse ou plutôt qui se donne une réponse humaine, citoyenne, patriotique: «La relation pacifique entre l'État et la société politique est en train de gagner des espaces», estime Badr'Eddine Mili dans sa conclusion à son ouvrage Les Présidents algériens à l'épreuve du Pouvoir. Il n'est Algérien qui n'y pense sérieusement, gravement, ardemment. Et il est vrai que l'Algérien a du coeur et de la raison.
Ce Centenaire du 1er Novembre 1954 rappelle que l'Algérie a connu de graves moments historiques, de grandes et belles victoires sur ses ennemis et, les combattants et militants algériens sur eux-mêmes, - nos chouhadâ en témoignent tout au fond de nos pensées. Leur sacrifice est une empreinte en nous et nous prédispose au respect de notre patrie. Je retiens cette excellente résolution de Badr'Eddine Mili: «Un refus par vanité, orgueil ou intérêt étroit ouvrirait les portes de l'inconnu.» Il est temps pour nous d'organiser une grande rencontre avec nous-mêmes.

(*) Les Présidents algériens à l'épreuve du pouvoir de Badr'Eddine Mili, Casbah Éditions, Alger, 2014, 158 pages.

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