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POUR LE LIVRE ALGÉRIEN, SYMBOLE DE LA CULTURE NATIONALE

Le livre qui pense donne de l'esprit à ceux qui en veulent

Par
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«Les braves gens ne savent pas ce qu'il en coûte de temps et de peine pour apprendre à lire. J'ai travaillé à cela quatre-vingts ans, et je ne peux pas dire encore que j'y sois arrivé» (Goethe, Conversations)

Sur l'étagère, le livre est inerte - je l'ai assez dit et redit, à ceux qui me connaissent, depuis plus de cinquante ans -, le tenir en main et savoir le lire, ah! comme il devient vivant, vivant dans notre esprit, vivant en nous; et ainsi nous revivons notre humanité oubliée chaque jour un peu davantage!
Le présent article est inspiré d'une réflexion, d'un hasard heureux de lecture. J'ai lu la chronique «... Souffles... Souffles... Souffles» de l'écrivain et ami Amin Zaoui, et parue sous le titre «Quand la langue française s'algérianise!» dans Liberté daté 7 mai 2015, page 15. Alors, je suis tenté par l'espérance de la découverte et du plaisir de lire. J'y ai trouvé des idées que beaucoup de mes lecteurs sans doute partagent, et c'est aussi un appel émouvant et éclairant à lire les oeuvres de nos écrivains. Il y a cette belle idée, une sorte de «défense et illustration» du Livre Algérien, des idées qui incitent à la réflexion, car, même au pied levé - et c'est le cas ici, elles vont loin dans la vision générale d'une littérature nationale pour mériter d'être le symbole de la Culture nationale. Voici donc l'article in extenso d'Amin Zaoui. Je le fais suivre de mon message e-mail, qui n'a que peu de prétentions, adressé à ce dernier pour lui exprimer spontanément mon sentiment, avant tout, sur Le Livre Algérien.
 


Amin Zaoui... SOUFFLES... SOUFFLES... SOUFFLES...
«Quand la langue française s'algérianise!»
Amin Zaoui

«La littérature algérienne de langue française se porte bien. Elle est en bonne santé. La preuve est là! Félicitations à l'écrivain et journaliste Kamel Daoud pour le prix Goncourt du premier roman qu'il vient de décrocher cette semaine. Cette distinction est une fierté pour l'Algérie littéraire et culturelle. Même si, en Algérie, les clowns insultent les meilleurs de nos enfants et ces derniers trouveront toujours le chemin de la gloire. Si, avec grande tristesse, nous avions perdu ces derniers mois deux grands écrivains: Assia Djebar et Malek Alloula, la scène littéraire internationale nous confirme que la relève est assurée. Et la distinction de Kamel Daoud en est la preuve.
Une nouvelle génération littéraire, doucement et avec aisance, s'installe dans l'imaginaire international. Dans la lecture universelle! Dans l'attente du lectorat. Si la première génération d'écrivains algériens de langue française, celle des années 1950, a été élevée dans la souffrance coloniale, dans l'humiliation, dans la pauvreté, dans la guerre de Libération, de son côté, la nouvelle génération, celle des années 1980, est née et forgée dans l'amertume nationale. Dans la déception. Dans la guerre des frères. Dans le sang. Dans la résistance au fanatisme islamique. Cette génération, il faut le signaler, n'a fait que le chemin de l'Ecole algérienne. Elle est la victime des retombées d'une arabisation enrhumée et islamisée. Elle a grandi, elle s'est formée sous le règne d'un régime de plomb cimenté d'une culture Jdanovienne. Avec brio, ces diables génies ont brisé le silence complice en profitant d'une langue, la langue française. Cette langue qui depuis plus d'un demi-siècle est maudite dans les discours de la classe politique. Une classe politique qui n'a pas cessé, une seule nuit, un seul jour, de crier sur tous les toits, dans toutes les oreilles, que le français est une langue infecte. Langue de Hizb frança! Et voici, des nouvelles plumes, appartenant à une nouvelle génération qui commence à voyager dans les géographies! À faire voyager l'Algérie. Dire l'amour. Sculpter les blessures. Colorer le rêve avorté. De la génération littéraire des années 1950, il ne reste que l'écrivain Kaddour M'Hamsadji, que je salue, en lui souhaitant bon rétablissement. Dans la nouvelle littérature algérienne d'expression française, chez Kamel Daoud, Mustapha Benfodil, El Mahdi Acherchour, Adlène Meddi, Chawki Amari, Abder Abderrachid, Sabine Challal, Hajar Bali, Sarah Haidar... Eh bien, nous sommes en train d'assister à la naissance d'un phénomène linguistique et littéraire sans précédent. Ces diables génies brisent, de plus en plus, la langue littéraire. Pour rendre cette langue belle et capable d'aller dans plus d'aventures, ils la violent sans la violenter. Ils usent d'une langue française algérianisée. Avec un parfum oranais, bechari, algérois, annabi, constantinois, sétifien, bougiote... Dans la nouvelle écriture littéraire algérienne d'expression française, comme dans les textes accompagnateurs de la caricature algérienne, de même dans la presse quotidienne, le français, de plus en plus, s'algérianise, s'enracine dans les parlers régionaux. La langue française, dans les nouveaux textes algériens, s'ouvre sur des musicalités locales, des nouvelles sonorités, d'autres architectures textuelles, ainsi on la trouve chaude dans la littérature algérienne. Ces enfants génies adorent la littérature, l'aventure linguistique, la liberté et adorent l'Algérie à leur façon.
»

Kaddour M’HAMSADJIE-mail de Kaddour M'Hamsadji à Amin Zaoui
«La qualité du Livre Algérien»

«Ô loyal ami en littérature algérienne, je te laisse imaginer combien, du fond de la solitude que m'infligent des problèmes de santé, je tiens à ajouter foi à tes justes réflexions exprimées sous le thème général «Quand la langue française s'algérianise!» et publiées dans ta chronique hebdomadaire «... Souffles» (in LIBERTÉ du 07.05.2015).
Tu sais combien est, pour moi, sacré Le Livre Algérien et ses auteurs et aussi que j'essaie inlassablement d'oeuvrer pour le faire connaître chez nous et ailleurs, depuis maintenant près de soixante ans, depuis La Dévoilée (drame écrit en 1951 [j'avais 18 ans], publié en France, en 1959 avec une préface d'Emmanuel Roblès et un jugement d'Albert Camus, réédité, augmenté d'une postface de Jean Pelegri, en 2012, en Algérie).
J'ai à te confier, ici, ma pensée bien triste en ce moment, mais aussi bien pleine d'espérance têtue. Le livre, comme toute oeuvre artistique, comme généralement tout acte culturel, reste le symbole, la référence essentielle de la vie d'un peuple et pour l'esprit des hommes. Et c'est particulièrement très vrai en ce qui concerne la vie du peuple algérien, lui, toujours généreux, toujours paisible, toujours hardi quand la nécessité l'exige, lui, longtemps confronté à de multiples fortunes de l'Histoire.
Aussi, est-il important de veiller à la qualité du Livre Algérien et de tout livre qui prétend illustrer l'Algérie de tous les temps. Nous savons tous qu'il n'est rien de pire qu'un ignorant vaniteux placé à la gestion du livre algérien et donc qui engage l'avenir de notre littérature nationale, déjà, hélas, lamentablement malmenée depuis quelque temps.
Faut-il mentionner combien de grands noms de notre littérature ont été négligés, ignorés, jalousés, victimes du «copinage», réinsérés, de nouveau oubliés, effacés de la Mémoire Nationale, alors qu'ils ont fait la fierté des Algériens cultivés de conscience? Pourquoi? Comment? Parce que quoi?... Or l'humanisme de l'écrivain, la fraternité de l'écrivain, l'amour de sa patrie, l'immense chantier culturel que constitue l'Algérie est toujours intact, ouvert et réclame toujours des bras et des cerveaux et des plumes intelligentes et expressives!
Cependant, il me plaît, cher ami, de reconnaître que, tout comme on le constate chez quelques-uns de nos intellectuels, tes activités d'écrivain, de professeur d'université et de conférencier, ainsi que tes interventions hebdomadaires dans le journal Liberté, me font penser à autant de «tuteurs» fichés verticalement aux pieds des arbres si mal formés. Vous essayez de les redresser ou les soutenir et par ainsi leur assurer un bon développement qui donnera bientôt des fruits abondants et variés et, si j'ose dire, «intelligents».
Il s'agit pour nous tous, humblement, patiemment, chacun dans son domaine, d'éduquer et d'instruire... Cela vaut pour tout Algérien qui pense et qui produit.
Merci de toute ma raison et de tout mon coeur de ce que tu consacres d'intelligence, de passion artistique et de remise à l'endroit du fait littéraire national algérien.
À bientôt, frère Amin... Âmîne!»


La publication de l'article d'Amin Zaoui et de mon «message» que je lui ai envoyé, a été précédée par les deux e-mails échangés entre lui et moi, et que voici:

  • «Très cher ami Kaddour. Bonsoir. J'espère que tu vas mieux. Je viens de lire les deux messages. Je suis ému, très touché. Merci pour tes mots, pour ta belle plume et pour ton coeur de grand humaniste. Je suis d'accord, et avec grand plaisir, de voir mon texte publié à côté du tien. De mon côté, après lecture de ta lettre, j'ai eu, et tout de suite, l'idée de la publier accompagnée d'une présentation, dans ma chronique SOUFFLES du jeudi prochain, si tu me le permets, bien sûr. Amin Zaoui.»
  • «Bonsoir, mon cher ami Amin. Je ne m'attendais pas à moins. D'accord, évidemment, pour que tu publies mon «message» dans ta rubrique «... Souffles». Quel bel échange d'idées culturelles en cette triste époque que même, si coûteuses qu'elles soient, les lumières de «Constantine, capitale de la Culture arabe en 2015» ne semblent pas faire assez briller le Livre Algérien. Encore merci pour tout. K. M'Hamsadji.»

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