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L'ASSOCIATION «LE DÉFI» DE BIRKHADEM

Pour une Jeunesse libre et créative

Par
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La bibliothèque municipale de Birkhadem (En médaillon M. Hamza Ould-Mohand)La bibliothèque municipale de Birkhadem (En médaillon M. Hamza Ould-Mohand)

TOUT L'avenir d'un pays dépend de l'intelligence de sa jeunesse. L'idée juste, l'idée efficace est que l'adulte intelligent pense à l'avenir des futurs adultes.

Sans doute, ce raisonnement est-il trop abrupt, et peut-être est-ce a contrario une bonne chose que cela soit ainsi. En accédant dignement à l'indépendance, grâce à sa jeunesse éduquée et instruite par l'intelligence des Nationalistes, l'Algérie a triomphé du colonialisme; elle a avancé favorablement dans la conception de ses projets et leurs réalisations, sitôt que la jeunesse, issue des belles fêtes de l'indépendance, a reçu des «Anciens», de ceux de «la vieille école» une éducation et une instruction suffisantes à sa formation initiale. C'est là que nos cours d'histoire de l'Algérie avaient pu éveiller la conscience de nos premiers enfants scolarisés. Pourtant, il n'y avait pas encore des historiens professionnels; et bien sûr, pour combler les vides, on avait recouru - on n'en pouvait mais - à ceux qui se di-saient historiens en rapportant des contes et légendes et, en langues et lettres, à ceux qui en avaient quelques notions...
Mais, bien vite, ces jeunes - des filles et des garçons - d'âges à cheval des années pré-indépendance et postindépendance, déjà des adolescents, bientôt rejoignirent les lycées et, des vagues de bacheliers, les universités. C'était plus de l'ivraie que de bons grains, affirmaient les défaitistes. Or ce furent ceux-là, les étudiants de ces années-là de disette d enseignants formés, qui relevèrent le défi; ils s'évertuèrent à ériger l'Algérie de l'indépendance. De ces filles et de ces garçons, qui enseignants, qui littérateurs, qui professionnels des mass media, qui médecins, qui avocats, qui pilotes d'avion, qui agriculteurs, qui industriels, qui politiciens, qui sportifs de haut niveau, qui bénévoles pour toute raison sociale,... qui, comme Hamza Ould-Mohand, informaticien et chercheur, talentueux et humble, s'étaient engagés à relever le défi. Lui, Hamza, je l'avais connu adolescent studieux et, plus tard devenu adulte actif, toujours volontaire, disponible et patient. Aujourd'hui, père de famille et grand-père (bien qu'il soit tout légalement à la retraite, depuis 2003!), il reste encore premier à éprouver son savoir-faire, son intelligence et à prendre son temps et son outil de travail que réclame le projet à réaliser... Hamza Ould-Mohand est élu, en 1992, président de l'Association «Le Défi» de Birkhadem. Il nous en parle avec la sincérité dont se nourrissent ses idées et ses engagements. Créer, inventer, être utile à la jeunesse sont pour lui des verbes d'action qui le valorisent et nous constatons, ici ou là dans bien des domaines, que beaucoup comme lui préfigurent quelque peu l'homme algérien qui n'est complet que lorsqu'il sait et qu'il agit là où il doit.

L'Expression: Monsieur Hamza OULD-MOHAND, en votre qualité de président de l'Association «Le Défi» de Birkhadem, voulez-vous nous en présenter l'essentiel de ses caractéristiques et de ses objectifs?
Hamza OULD-MOHAND: Je réponds simplement. Dans l'esprit de l'Association, qui est constituée d'hommes et de femmes de grande expérience de la citoyenneté et de jeunes adultes éveillés aux grands principes de vie commune, il fallait au plus tôt commencer à façonner au mieux à la fois la ville de Birkhadem et sa population. Au tout début de l'indépendance, beaucoup de choses devaient être faites, et dans tous les domaines. Nos aînés avaient pris en main l'administration de la Commune. Ce n'était pas facile. À cette époque, l'évidence était de s'occuper de la qualité de vie à Birkhadem et de favoriser les aspects culturels, cultuels, sportifs, etc. De nombreux citoyens très courageux ont accepté l'épreuve exaltante de créer les conditions de développement de la ville et de permettre à sa population d'y vivre normalement. C'était un défi à relever. À cet effet, sous l'égide de l'Assemblée Populaire Communale de Birkhadem, une Association a été créée 1992, et elle a pour appellation «Le Défi» J'en suis le président élu. Le nombre des membres de l'équipe de réflexion et d'action varie en fonction des projets et des exigences de leur suivi. Les objectifs sont clairs. J'en énumère les principaux: - Encourager et valoriser les initiatives des jeunes et révéler leurs capacités créatrices ignorées ou inexploitées. - Sensibiliser les habitants à leur rôle de citoyens. - Aborder les situations collectives ou individuelles. - Créer des échanges, des relations positives entre les citoyens et les autorités locales. En somme, le souci principal était de rendre réel le slogan «L'APC proche de vous». Pour ce faire, de nombreux espaces d'animation ont été prévus avec possibilité de monter des projets par et pour les jeunes. En fait, ce sont autant de lieux d'accueil et d'activités. Parmi ces lieux, c'est l'édification d'une bibliothèque qui a été le plus attendu. Là, plusieurs ateliers ont été créés. Ils servent les jeunes et aussi l'APC. Chose qui aura permis de découvrir des talents qui n'auraient pas été repérés sans mettre en place une démarche volontaire et dynamique. Alors ces ateliers intéressent les écoliers de 6 à 14 ans, rassemblés autour de l'imaginaire (lecture d'un conte et débat) en présence de parents d'élèves. Les écoliers plus âgés sont réunis pour aborder des thèmes de l'histoire de Birkhadem, leur ville. Évidemment, l'ensemble de la communication est appuyé de documents divers: photos, ouvrages, cartes ou autres archives. De même, on favorise la communication active des jeunes au ser-
vice de la sauvegarde de la mémoire de nos valeureux martyrs et de nos Moudjâhidîne à travers leur participation à des activités d'utilité collective. Les adultes n'avaient pas été oubliés. On devait organiser des concours: animation de spectacle, groupe de musique, meilleur comédien, meilleur décorateur de scène, etc. J'ajoute la formation en audiovisuel et l'organisation de soirées à caractère traditionnels en impliquant les différentes régions du pays: les Hauts-Plateaux, la Kabylie, le Mzab, le Sud, etc. On inviterait également les troupes de spectacle de passage en Algérie. Évidemment, toutes les fêtes ou événements ayant un caractère national étaient tout naturellement célébrés.
Un peu d'histoire de la ville de Birkhadem:
Je me réfère à quelques archives. Créé par arrêté du 22 avril 1833, le Centre de colonisation de Birkhadem (Le Puits de la Négresse) est organisé par l'arrêté du 16 novembre 1842. Un grand nombre de cultivateurs, d'origine européenne ainsi que des autochtones, se sont installés à Birkhadem, généralement sans le concours de l'administration, attirés par une terre fertile, une eau abondante et de bonne qualité. Dans les années cinquante, Birkhadem est un gros bourg dont la vocation arboricole et maraîchère s'est affirmée et consolidée. Vocation qui n'a pas empêché le village d'absorber le progrès technique, économique et social. Jusqu'en 1962, l'activité économique était prospère, évidemment pour les Européens, avec une importante cave coopérative agricole, de nombreuses exploitations maraîchères et fruitières, des entreprises de transport, conserveries et d'import-export. En 1955 la population de Birkhadem comptait 5 671 habitants dont 1877 Français et 226 étrangers. En 1962, elle était de 8402 habitants. En 2008, la population comptait 77.749 habitants. Le défi était surtout de subvenir aux besoins multiples d'une population qui avait enfin droit à une véritable citoyenneté.
La bibliothèque: «La Maison du Savoir». Qu'en est-il de «la sauvegarde des biens culturels»?
Le projet de la bibliothèque communale a été très soutenu par M.Berbiche, l'ancien président de l'APC. La bibliothèque a été inaugurée, en 2008, par son successeur M.Sadoune. Elle a été conçue dans un style moderne. Elle accueille des jeunes des établissements scolaires pour des activités complémentaires. Les équipements, pourtant prévus, n'ont pas été installés. Ils faciliteraient des animations culturelles diverses grâce à des ordinateurs, des documents de multimédias, des conférences, des expositions d'oeuvres d'art, de photographies, de gravures et d'ouvrages de l'artisanat. Néanmoins, actuellement, toutes les activités scolaires et parascolaires sont possibles dans les grands espaces qu'offrent le hall et le premier étage. Une salle de lecture est réservée à ceux qui s'intéressent à la lecture d'ouvrages, de revues, etc. On a connu un temps où la bibliothèque ne désemplissait pas, particulièrement à l'approche des examens. Comme vous dites, c'est la Maison du Savoir. Dans ce cadre agréable, les jeunes et les moins jeunes s'y trouvent bien pour apprendre, se former ou s'informer. Je peux dire que depuis 1962 les responsables successifs à l'administration de la commune ont tenté de réaliser de grands projets, mais qui, il faut bien le dire, n'ont pas eu la même bonne fortune.
Une conclusion?
Il faut se rappeler le charme de Birkhadem, ses lieux historiques, sa mosquée et sa fontaine, ses jardins verdoyants, ses vergers, la richesse de ses cultures diversifiées, ses ahouâch, tel haouch Ben Siam, l'architecture de ses diâr, ses belles et grandes maisons de campagne, dâr Khaznadar, dâr Ben Negro, etc. Et surtout, on ne doit pas oublier l'héroïsme de ses populations à travers les siècles face à des envahisseurs étrangers et particulièrement pendant la lutte de Libération nationale (1954-1962).
Certains estiment que le charme et l'intérêt de la ville de Birkhadem ont régressé. Il faut que les bonnes idées soient concrétisées. Notre ville doit se régénérer afin de briller davantage dans tous les domaines. Chose possible, car il y a dans la commune de jeunes capacités humaines et des volontaires en grand nombre; pour les mettre à l'oeuvre, il suffit de les réunir autour de projets attrayants et utiles qui profitent nettement à tous les citoyens.
Enfin, je me dois de saluer l'oeuvre de nos enseignants et de souhaiter de tout coeur que nos jeunes assurent la relève.

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