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BEÏT EL QACÎD, LE FIN MOT DE RABAH HAOUCHINE

"Une demande à ma conscience..."

Par
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... car elle est ni une maladie, ni une poltronne, ni même un insigne orgueil; elle est la consolation des désenchantements de la vie.

Il me vient par ce temps qui court, une réflexion d'André Malraux, à propos de la notion de «conscience»: «La conscience grecque du monde était niée par le chrétien parce qu'il en avait une autre; toutes les consciences du passé sont interrogées par nous parce que nous n'en avons pas.»
Étonnant, n'est-ce pas?... Sans doute, faut-il replacer ça dans son contexte, - néanmoins, une vérité première s'y élève. Plus simplement, Mahatma Gandhi disait: «La vie sans religion est une vie sans principe et une vie sans principe est comme un bateau sans gouvernail.» Encore plus simplement, plus modestement, se fondant sur le bon sens paysan - et sur la poésie populaire -, Rabah Haouchine publie une plaquette de poèmes en arabe parlé algérien, la langue pure de tous les jours, sous le titre évocateur et spirituel: Beït el qacîd (*), (Le fin mot), préfacé élégamment par Lounis Aït Aoudia, président de la dynamique et culturelle Association des Amis de la rampe Louni Arezki (Casbah-Alger). Cette publication sympathique mérite l'attention de mes lecteurs, car l'exposé est clair, l'intention aimable et le propos poétique bienvenu.

L'auteur et l'oeuvre
Un mot sur l'auteur. Rabah Haouchine est né le 15 mars 1948 à la Casbah d'Alger dans le quartier, avant 1962, de la rampe Valée (général français et gouverneur général d'Algérie de 1837 à 1840). La rampe porte, aujourd'hui, le nom du chahîd, héros de la lutte de Libération nationale, Louni Arezki et dont s'enorgueillissent l'Algérie, La Casbah et l'Association des Amis de la rampe Louni Arezki (Casbah- Alger).
Dans ce quartier, où les voisins font traditionnellement partie des familles environnantes, Rabah Haouchine a vécu paisiblement dans une fratrie composée de trois garçons, dont il est l'aîné, et quatre filles. Son père, hâdj Saïd, tenait un café maure réputé dans le quartier et désigné par «café de Amar Zahi», car le célèbre chanteur de «chaabi» s'y trouvait souvent.
Malgré les difficultés de la vie quotidienne à l'époque coloniale pendant les années 50, Rabah Haouchine a non seulement fréquenté l'école primaire française de la rampe Valée, mais également, pour apprendre l'arabe, la médersa «El Irchâd», pendant une année, puis «Madrassat eç-Çabâh» à Bâb Djedîd (Porte Neuve). En 1960, il obtient le diplôme de fin d'études primaires en arabe. Dans la même année, il est admis en 6e année scolaire en français ce qui lui a permis d'entrer au lycée bilingue Amara Rachid à Ben Aknoun. Après le baccalauréat, il est étudiant en sciences économiques à l'Université d'Alger.
Après avoir accompli son Service national, il est, pendant plus de quatre ans, chef de département (administration et moyens) au Centre d'études nucléaires de Draria. Puis, il occupe le même poste à la société Cosider jusqu'à sa mise à la retraite en 2010.
Cependant, le goût de la poésie et spécialement celui de la qacîda et de la chanson chaabi, y compris le genre madîh (poésie religieuse et apologies diverses du sacré ou du profane). On sait l'importance du rythme, du mouvement, de la qualité des mots et expressions et de la rime exigés par ces pièces poétiques en arabe parlé, en arabe courant qui s'inspire, à l'évidence, de l'arabe des grands classiques de la poésie chantée - chiîr el melhoun - mais on sait moins combien il faut de connaissance de la langue régionale, de culture de l'époque du pré-islam et de l'après islam, d'imagination et d'esprit prompt à saisir le sens, la nuance de ce qui éveille le sentiment et l'élève au plus haut de l'intelligence sensible, ainsi qu'on en trouve chez nos Sidi Lakhdar Benkhlouf, Ben M'sayeb, Ben Kariou, Ben Guitoun, Khlifi Ahmed, et tant d'autres. Au reste, il serait intéressant, fort opportun, d'examiner ce parler dont les éléments sont parfaitement ancrés chez nous dans la langue usuelle quotidienne...

Ouvre un livre et lis
Rabah Haouchine nous propose un recueil de poèmes populaires, florilège de ses envies et de ses essais. Il n'y a aucune prétention mais un bonheur simple et émouvant qui nous saisit. Il nous est offert par quelqu'un qui a en lui une douceur de rêver et de dire son rêve, en toute sympathie, sans grandiloquence, - avec joie. Il explique que «le recueil de poésie Beït el Qacîd (Le fin mot) est composé de plusieurs thèmes quasiment du registre de la chanson chaabi. Certains textes peuvent être considérés comme qacîdâtes de par leur dimension ou leur structure, tandis que d'autres sont considérés comme chansons (Mechmoum dans le langage chaabi), et enfin des chansonnettes qui sont de petits textes.»
Ces thèmes sont variés: religieux et spirituels «mad-h», Allah, éloges du Prophète (QSSSL),... et des Élus; sociaux, amour de la patrie, art et culture, traditions, l'émigration, souvenirs de Hâdj M'rizek, H'Sisen, nostalgie et Mouloudia et USMA, Soûr Stara et Bâb el-Oued,... et «Ouvre un livre et lis!» injonction pédagogique incitant à la lecture utile pour savoir et comprendre.
Ce sont aussi autant de textes de prose rimée, suivant le haut chant d'une grande fécondité des poètes inspirés, nos meddâd-ha des marchés et des fêtes populaires, les aèdes de nos régions qui chantent les exploits et les aventures de nos héros en s'accompagnant presque toujours d'un bendîr ou d'un tabal.
Beït el Qacîd (Le fin mot) comprend huit sections, ainsi distribuées: 1- Tawba liIl-Allah (Venir à résipiscence envers Dieu), cinq poèmes. 2- Lâ qouwwa illâ bill-Allah (Il n'est de puissance que par Dieu), deux poèmes. 3- Al ouaqt çaîb (Les temps sont difficiles), quatre poèmes. 4- Badî el djamâl, moudann âdâte wa taqâlîd (Créatrices de beauté: les cités des traditions et des coutumes), trois poèmes. 5- Koull wâhad ouhâlou fid-dounia (À chacun sa condition dans la vie), quatre poèmes. 6- El ghorba: el boud wa l-frâq (L'exil: l'éloignement et la séparation), deux poèmes.7- Mâ yadoûm en-nas-yâne (L'oubli ne dure pas lontemps), deux poèmes. 8- Er-riyâdha wa çhhate labdân wa l-qirâa wa çcihhate labdâne (Le sport, la gymnastique, la lecture et la santé mentale), trois poèmes.
Voici, traduit par Rabah Haouchine, un extrait de son long poème faisant l'éloge de la lecture. Intitulé «Ouvre un livre et lis», je pense qu'il «élève l'esprit», «ouvre une porte sur un monde enchanté», aide à comprendre ce que sont les autres et à comprendre ce que nous sommes.
«Quand tu ouvres un livre, tu contemples et tu lis / Tu ne ressens plus jamais ni faim ni mépris / Tu découvres des merveilles et tu te dis / Que le savoir n'a de limites qu'à l'infini / Tu le dégustes dans une coupe plein remplie / Pour arroser le cerveau qui pense et réfléchit / Tu en recherches le sens tu comprends et saisis / Entre les lignes sur une feuille, à la lueur d'une bougie. /
Le savoir et la science cultivent la pensée / Pour découvrir l'univers à travers leur fenêtre / Suivre l'histoire des nations très civilisées / Auxquelles tu te compares pour mieux te connaître / La légende des grands hommes qui bâtissent la paix / Contre les dictateurs qui se prennent pour les maîtres / Ceux qui pour la culture ont révolutionné / Des générations entières, assurant leur bien-être/
Tu découvres les créatures de Dieu Tout-Puissant / Le ciel, la terre, l'air, la mer et tout l'univers / Ce qu'il a créé chez l'homme cet être pensant / Ce que contient son corps et tous ses mystères / Ce qui pousse sur terre, chaque année, chaque saison / Ce qui naît à l'ombre ou sous la lumière / Le soleil et la lune qui règlent le temps / Le secret des planètes, de Mars à Jupiter./...[...] Accompagne-toi d'un livre comme meilleur ami / Tu vivras dans le bonheur et tu seras comblé.»
Maintenant, une conscience s'éveille aux constantes essentielles à l'intérêt de lire pour nos enfants, pour nous tous. Il n'y a pas d'inaptitude à la lecture, il y a absence de formateurs à la lecture. Un peuple qui ne lit pas, dit cette vérité universelle, est un peuple sans avenir. L'école - et sa bibliothèque, s'il en existe - peut-elle donner à nos enfants le goût de la lecture? Oui?... Allons-y donc!

(*) Beït el qacîd (Le fin mot) de Rabah Haouchine, Publication de l'AARLA-Casbah, Alger, 2015, 81 pages.

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