Accueil |Culture | Le temps de lire |

LA PETITE BIBLIOTHÈQUE DE L'ÉTÉ 2016 (IV)

Faisons l'éloge de la lecture!

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
Faisons l'éloge de la lecture!

La lecture construit l'être humain, et même la relecture le reconstruit sûrement et bellement, - l'être humain, cela s'entend, est celui qui veut être soi avec honneur et gloire, sans être dans la détestation de l'Autre soi-même.

C'est là une culture que tout être doué de raison doit acquérir, se l'assimiler et la faire apprendre à son semblable. Ce défi peut être gagné et continué sans fin en développant le goût de la lecture à toutes les intelligences, jeunes ou moins jeunes, dans les établissements scolaires, dans les universités, dans les centres de formation professionnelle, et avant tout ce défi valorise la juste conscience des responsables chargés de l'éducation, de l'instruction et de l'art de la communication. En vérité, comment pourrait-on donner le goût de la lecture, si l'on ne maîtrise pas la lecture, si l'«on ne sait pas lire», et surtout si l'environnement - pourtant peuplé d'acteurs et de chefs de structures techniques diverses étatiques ou privées, tous voués semble-t-il au Livre, au Livre Algérien - ne s'efforce pas à donner envie de lire, de lire intelligemment, d'apprendre pour comprendre et d'agir?
Des idées existent. Mais hélas, elles sont éparses, souvent mal initiées, trop souvent gelées en plein chaud désert où les grains de sable sont parfois des rochers entiers de malentendus et où germent des semences de querelles fatales au progrès dont nous avons besoin dans tous les domaines de la vie active... On se rappelle vaguement aujourd'hui - car le temps a passé - le pertinent projet conçu par l'«Association des Amis de la Rampe Louni Arezki (Casbah-Alger)» et dont l'intitulé «Assises du Livre et de la Lecture» porte de vives espérances, mais quid?...
Or donc, continuons la lecture de quelques extraits des présentations parues d'ouvrages dans la chronique hebdomadaire Le Temps de lire (saison 2015-2016):

LA DERNIÈRE NUIT DU RAÏS de Yasmina Khadra, Casbah Éditions, Alger, 2015, 207 pages: «La Nuit de toutes les nuits... Justice? Justice! Il faut la lui rendre, elle prête à tout homme le rêve qu'il mérite, c'est-à-dire celui qu'il laisse derrière lui. [...] Je dirai d'emblée heureux sont ceux qui ont lu au moins un ouvrage de Yasmina Khadra, et plus heureux seront ceux qui liront son nouveau roman La Dernière nuit du Raïs dans l'édition algérienne sortie en même temps que celle de Julliard en France.
C'est du grand Yasmina Khadra. L'écrivain y révèle la plénitude de son art qui lui donne le pouvoir de jouer le rôle d'un personnage de roman, très difficile et très inconfortable: jouer le personnage Mouammar Kadhafi, le terrible! À cet effet, il n'a, semble-t-il, négligé aucune source, témoignage vivant ou écrit, aucune étude de psychologie ou de sociologie, aucune règle ou tendance de genre littéraire. Sa lucidité, dans ce rôle, est aussi lucide que celle de son «héros» qui, racontant ou se racontant son aventureuse existence, nous effraie, nous exaspère, nous étonne, nous indispose, nous torture l'esprit, et attise monstrueusement notre curiosité... Or, après tout ce qui a été dit ou écrit sur le tyran de Libye, qu'aucun qualificatif n'honore, mort en 2011 à Syrte, quoi d'autre resterait-il encore à éclairer, à débattre, à compléter? Mais si! Justement! Par son style d'écriture et modifiant la structure et le mouvement de la langue pour l'adapter aux besoins de communication, l'écrivain développe une pensée caractéristique, car elle est souvent «arabe» et même «bédouine» au sens physique et spirituel. Avec ses mots apaisants ou brûlants, sa fantaisie ou sa hardiesse d'observation des événements, Yasmina Khadra a autre chose à ajouter finement et que lui souffle, continuellement page après page, son personnage pervers, oublieux du véritable islam et se prétendant aimer son peuple, pour montrer que la tragédie de l'homme produit l'homme tragique. Au reste, le quatrain de Omar Khayyâm, placé judicieusement par Yasmina Khadra en tête de son roman, nous avertit assez sur le genre «fantasy» du récit phénoménal qui va suivre.»

La Terreur des mondes d'Anys Mezzaour, ENAG Éditions, Alger, 2015, 247 pages; «Quand la lumière vaincra... La puissance des ténèbres ne sera plus la vérité universelle, mais l'infamie trop longtemps infligée à l'Humanité. [... ] Aussi, n'est-ce pas peu dire que, dans le roman La Terreur des Mondes d'Anys Mezzaour et dont c'est le deuxième volet de sa trilogie intitulée Le Lien des Temps, la réalité dépasse allègrement la plus délirante et gigantesque fiction dont jamais la nature a produit un modèle complet. [...] La «fantasy», un art complet. En effet, l'imagination tranquille de cet écrivain, âgé maintenant tout juste de dix-neuf ans, qui a déjà publié un livre La Proie des Mondes (tome 1 de la trilogie Le Lien des Mondes) [...], procure au lecteur un immense bonheur de rêve et d'espérance. De fait, cette création imaginaire construite, plutôt consciente qu'inconsciente et selon un code de lecture entre l'écrivain et celui qui le lit, aide ce dernier à s'évader des platitudes de la vie que lui proposent les pauvres récits du quotidien sans hardiesse d'invention et donc sans l'espérance de penser à la liberté, la sienne, celle de s'étendre aussi loin que le porte son oeuvre vigoureuse et éternelle. Je constate qu'il n'écrit pas pour plaire, ni pour concourir, ni pour vivre ou exceller dans la pensée de ses lecteurs, - il veut être, je l'espère, celui qui illumine, avec tant d'autres de sa génération, l'esprit algérien qui, lui seul, éclairera l'Algérie entière.
Et puis, faut-il le souligner, dans La Terreur des Mondes, il n'y a aucun regard insolent porté sur ce qui existe autour de nous; il y a un regard audacieux porté sur le magma figé de peuples grégaires en régression constante, du fait de l'exploitation de leurs imbéciles respectifs. Et les victimes, durant ce temps, tirent gloire de leur héroïsme à vouloir résister aux ténèbres tout comme ce coq qui, englué dans la citadinité que lui impose notre voisin de quartier et pareillement au coq vaniteux dont George Eliot (alias Mary Ann Evans, anglaise, 1819-1880) parlait dans son premier roman Adam Bede, croyait que le soleil se levait pour l'entendre chanter!
Anys Mezzaour n'est pas un auteur ordinaire, non pas par son jeune âge, mais essentiellement par sa vision du monde cosmopolite, de l'univers à la multiple splendeur, des existences parallèles et tellement diversifiées et d'autant que chacune d'elles ambitionne de dominer l'autre. Le Monde parallèle a ses exigences, ses ambitions, ses gloires, ses défaites, sa fortune et sa misère. Le genre littéraire qui favorise l'osmose «imagination créative et écriture audacieuse» est la fantaisie, plus précisément la fantasy, en français, la fantaisie, évoquant spécialement «l'imagination très librement débordante» où l'élément surnaturel prend son énergie, voire sa forme, toute son existence, dans le mythe historique des âges anciens et dans la pratique de la magie. Ainsi s'y mêlent extraordinairement les effets du «merveilleux» et du «surnaturel» qui ne sont pas forcément l'illustration de l'horreur qui suscite peur et angoisse. Le genre fantasy ne relève pas d'une littérature de la monstruosité. À ce genre littéraire, on donne généralement cette définition: «Genre situé à la croisée du merveilleux et du fantastique, qui prend ses sources dans l'histoire, les mythes, les contes et la science-fiction.» Une autre définition est proposée en usage fréquent: «La fantasy est une littérature fantastique incorporant dans son récit un élément d'irrationnel qui n'est pas traité seulement de manière horrifique, présente généralement un aspect mythique et est souvent incarné par l'irruption ou l'utilisation de la magie.» Néanmoins, il est à remarquer que l'appellation anglaise «fantasy» est assez courante. Mais les lecteurs de l'inoubliable tome 1 «La Proie des Monde» de la trilogie «Le Lien des Temps» sont maintenant parfaitement habitués à la «fantasy» d'Anys Mezzaour dont le signe astrologique de Novembre, correspond bien à sa nature actuelle «une personne magnétique dotée d'une grande force de caractère» ce qui influence ses personnages conçus pour agir sur la planète du Pouvoir! Devant le succès de son premier roman La Proie des Mondes, il faut croire que la «fantasy» est clairement et «merveilleusement» introduite dans notre littérature. La fantasy est un art complet. [...]
La Passion, un remède à la Terreur. Ceux qui ont aimé La Proie des Mondes, aimeront sûrement La Terreur des Mondes, un tome 2, fascinant par un développement littéraire énergique et des personnages dotés d'une puissante volonté de combattre et de vaincre que ce soit ceux du côté de la lumière ou de ceux qui fourbissent leurs armes terrifiantes dans les ténèbres. Le tome 2 n'est pas une suite du premier, c'est exactement un développement attendu du récit précédent, - et l'on retrouve les personnages que l'on a bien connus certains que l'on a aimés ou admirés, d'autres que l'on a abhorrés. Un personnage que l'on a apprécié et dont nous gardons la vivacité de son intelligence et de son allant: l'Algérien Symias. Son nom résonne dans l'espace et dans son pays comme une douce symphonie prometteuse de Pouvoir, de Victoire et de Bonheur.»
Le dernier tome de la trilogie «Le Lien des Temps» est sur le point de paraître à l'ENAG-Éditions. Il a pour titre «L'Espérance des Mondes». Quelle belle et ferme promesse faite à la fois par Anys Mezzaour et par son éditeur!

À suivre «La Petite bibliothèque de l'été 2016» dans L'Expression du mercredi 7 septembre 2016

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha