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LA PETITE BIBLIOTHÈQUE DE L'ÉTÉ 2016 (VI)

La publicité?... C'est rendre publique!

Par
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La bibliothèque centrale de Bouira (Algérie)La bibliothèque centrale de Bouira (Algérie)

Comment de nos jours faire connaître autrement la parution et donc l'existence, par exemple, de l'oeuvre d'un travailleur de l'esprit ou d'un travailleur manuel, sinon par une annonce audiovisuelle au public?

J'aime bien rappeler de William Hazlitt, écrivain et critique littéraire irlando-britannique (1778-1830), cette réflexion chargée d'humour, extraite de son livre Conversation à table: «Un directeur disait à Mirande d'une pièce qui ne marchait pas: - Le public n'aime pas ça. - Qu'en sais-tu? répondit Yves, il n'est jamais venu. Il n'existe point d'animal plus vil, plus stupide, plus lâche, plus impitoyable, plus égoïste, plus rancunier, plus envieux, plus ingrat que le public.» Cette réflexion mérite réflexion, chez nous, car enfin il faut compter beaucoup plus sur des amis et des très proches, et comme dit encore l'autre «pas beaucoup»... Et l'on se persuade que les livres se vendent peu ou prou parce que beaucoup ne lisent pas, plus franchement les gens ne lisent pas, ne savent pas lire: le culte de la lecture est une pratique qui fait perdre leur temps à ceux qui n'en ont pas. Les prétextes et les conseils naissent, se développent et d'un coup disparaissent dans le flou de l'imaginaire de chacun... Or donc n'allons pas plus loin. Et pas plus loin que la Petite bibliothèque de l'été 2016 qui s'offre quelques lecteurs, malgré tout, et des extraits de présentation de quelques ouvrages de la saison 2015-2016 du Temps de lire.

CONTES KABYLES d'Émile Dermenghem, Éditions Charlot, Alger, 1945, 215 pages: «Que les timouchouha revivent!...les contes, comme activité d'éveil que ce soit à la maison ou surtout à l'école, sont un legs précieux de nos aïeux, mais ils sont presque tous oubliés. Et donc, est oubliée la simple et pure éducation de nos enfants aujourd'hui... [...]
«Que vas-tu nous conter, ce soir, Grand-Mère (Djaddatî ou Oummânî,...)?» Le conte est le miroir de la société, affirme-t-on unanimement. Il dit la société ancienne et il dit la société moderne. Pour certains, c'est un récit, je dirais plutôt, c'est une histoire, une histoire originelle spécifique, et je dirais encore une «simple» narration d'événements réels ou imaginaires. J'ajouterais que c'est un genre bien évidemment littéraire non écrit, car, de fait, sa transmission est naturellement orale. Cependant, avec l'avènement de l'imprimerie et les progrès techniques des arts graphiques, le conte écrit a gagné en souveraineté auprès du public lecteur, le public jeune, et là, je souhaite que l'on parle plutôt de conte pour la jeunesse et de livre pour la jeunesse, - du moment que l'on parle de «lecture», donc de l'écrit et non pas de l' «écoute», donc de l'«oral». Aussi faut-il saluer la récente manifestation culturelle ayant eu pour thème «la lecture et le livre pour enfants» qui a été organisée par la Bibliothèque nationale d'Alger et l'APW d'Alger. [...]
«Le Vieux, la Vieille et l'Ogre»
«Il y avait une fois - lys et basilic, herbes du Prophète, sur lui la prière et le salut - il y avait deux vrais époux qui vivaient seuls dans un gourbi éloigné du village. Ils avaient sept
chèvres, un veau et un âne. Le vieux s'occupait des bêtes et des champs, la vieille faisait la cuisine et le ménage.
Une nuit, ils entendirent des cris terribles à leur porte. C'était un ogre sauvage qui disait:
- Saba's tighten, agendiuz aghioul, tamghart d'amghar, fktii ieouen atettchar. Sept chèvres, un veau, un âne, une vieille et un vieux! Il faut m'en donner un à manger!
Tout tremblants, les deux vieux se cachaient sous leurs couvertures et faisaient semblant de ne pas entendre. Mais l'ouahch insista tellement, poussa des cris si terrifiants et donna de tels coups dans la porte que les malheureux se décidèrent à lui donner une chèvre.
Le lendemain soir, l'ogre revint crier:
- Six chèvres, un veau, un âne, deux vieux! Il faut m'en donner un à manger!
Et il fit tant de tapage, qu'on lui donna encore une chèvre.
Il en fut de même les jours suivants, et tous les animaux furent bientôt dévorés par l'ouahch. Le dixième jour, le vieux dit à la vieille:
- Il va revenir cette nuit et vouloir manger l'un de nous. Je vais mettre une porte grillagée à la zriba et consolider avec des poutres celle de la maison. Toi, fais-nous une bonne soupe de fève; ce sera toujours cela de pris.
Après avoir pris ces précautions, bien dîné et laissé, au milieu de la pièce, le kânoûn plein de braises, le vieux et la vieille allèrent se coucher, non pas dans leur lit, mais, celle-ci dans un couffin (tisnit) suspendu au toit, celui-là dans le berqa, trou creusé dans le sol où l'on écrase les olives avec les pieds.
L'ogre ne tarda pas à venir pousser ses cris lugubres et menaçants, exigeant une victime humaine cette fois, pour son ventre insatiable.
- Le vieux et la vieille! Il faut que j'en mange un! «- Comme on ne lui rendait pas, il cassa la porte de la haie, recommença à hurler devant la porte de la maison, réussit à la défoncer et entra dans la chambre où il ne vit personne. S'approchant du kânoûn, il s'assit pour se chauffer, il resta quelque temps déconcerté par le silence, puis se leva pour partir. Au bruit qu'il fit alors, la vieille se méprit et, croyant que c'était son mari qui avait bougé, eut la bêtise de lui dire:
- Que Dieu te donne une maladie! Tu vas nous faire manger par l'ouahch!
Ce à quoi, il répondit, non moins stupidement:
- Tais-toi malheureuse, et reste couchée: il va nous manger tous les deux!
L'ouahch commença en effet par la vieille et finit par le mari. La bêtise est toujours punie.
Le chacal, qu'Allah le maudisse. Il m'a frappé avec un beignet. J'ai mangé le beignet. J'ai frappé le chacal avec le battoir à laine (ardouz). Je l'ai tué.»

LA DANSE DU JASMIN de Nadia Sebkhi, El Kalima Éditions, Alger, 2015, 156 pages: «L'Autre, la quête infinie... [...] Une poésie chaleureuse couvre ici une âme qui pense «Heureusement que la flamme habite chacun de nous et s'attend à ce que l'autre la ranime pour que le bonheur gagne du terrain». [...] Cette réflexion, Nadia Sebkhi l'a développée dans son nouveau roman intitulé La Danse du Jasmin (*). Là, elle s'est exercée à un art difficile, rarement - sinon jamais- abordé dans notre littérature d'expression française, et c'est l'art épistolaire, l'art d'écrire des lettres ayant un caractère littéraire élevé. On sait, par parenthèse, que la littérature française s'enorgueillit, à raison, des fameuses «Lettres» écrites à sa fille par Madame de Sévigné (1626-1696) qui est devenue une épistolière célèbre. Cette correspondance raconte l'histoire d'une vie; c'est aussi la chronique d'une époque et d'une société. [...]Mais revenons aux cinq sections qui structurent La Danse du Jasmin de Nadia Sebkhi; elles ont pour titre: 1- Le Prophétie du temps. 2- La majuscule de ma vie. 3- La saignée du Moyen Âge. 4- J'ai enlacé ma providence. 5- Irriguée par une encre dansante.
Enfin, il faut apprécier, extraits de la lettre de Dania, la femme écrivain à Isabelle, la femme journaliste, ces fragments de sa confidence égale à son rêve émouvant par son juste éclat: «Je suis découragée par le déroulement de ma vente dédicace. Je rêve que ma nation soit imprégnée de livres, de magazines, romans, nouvelles, poésie. Lire par bonheur, par gourmandise, par satiété. Déchiffrer le monde et ses arcanes. [...] Arrivée à la salle de conférence, je salue mes amis journalistes. Parmi eux, j'aperçois la journaliste française que j'ai rencontrée à la librairie. Sa singularité était cette approche mi-affable mi-réservée. Certainement un bouclier pour une Occidentale en terre d'Afrique. En effet, en surpassant les clichés habituels mon Algérie demeure fascinante par sa complexité. Entre tradition et modernité. Entre détresse et grande fraternité.
Entre espoir et désillusion. [...] D'espoir, de désespoir, d'humanisme, de monstruosité. J'ai évoqué les années 2040 (sic, 2004?) dans mon premier roman. Au commencement même de l'écriture. Mon écriture se révèle surtout quasi soliloque. [...] Cependant l'ossature de mes écrits est cette recherche du beau par un chemin initiatique. Mon encre erre en se mêlant à cette Essence. Elle est la lueur, dans mes écrits pour remettre les choses à leur place, dans leur juste lumière.» Alors ici et maintenant, chacun de nous retrouve l'Algérie et imagine aisément notre Algérie. Et cela est un autre rêve.
En somme, Nadia Sebkhi, dans son roman épistolaire La Danse du Jasmin, fait oeuvre de nouveauté: la femme doit être une quêteuse ineffable de bonheur pour elle-même et, par conséquent, pour tout être humain... Quoi qu'il en soit, Isabelle, l'amie définitive, prise par son travail et éprise de son compagnon Loqman qui «arrive du Liban», retrouve la paix de l'âme.
A tous, çahha Idkoum.

(À suivre La Petite bibliothèque de l'été 2016, mercredi 21 septembre 2016)

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