Les rumeurs sur les sélectionnés algériens au Festival de Cannes
«Une grande sélection c'est grâce aux films, mais une mauvaise sélection c'est de la faute du sélectionneur.» Thierry Frémaux, sélectionneur officiel du Festival
C'est aujourd'hui à partir de 11h que le comité de sélection du Festival international de Cannes rendra public la liste des sélectionnés à la 65e édition du Festival le plus prestigieux du monde. Et comme pour le cinéma français, plusieurs rumeurs circulent sur l'éventualité d'une sélection d'un film algérien à Cannes. Le plus attendu des sélectionnés demeure le film de Saïd Ould Khelifa «Zabana», dont l'équipe vient de présenter quelques images à la presse nationale. Le film, d'une grande qualité cinématographique, est proche du film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb. Il a toutes les chances pour être sélectionné, mais l'aspect politique du film risque d'influer sur le comité de sélection, qui pourrait alors ne pas souhaiter une autre polémique à Cannes après celle soulevée par le film du réalisateur de Indigènes en 2010. Son avantage, l'Algérie tout comme la France fêtent le 50e Anniversaire de la fin de la guerre d'Algérie. Ce film vient donc à point nommé pour célébrer cet anniversaire. Déposé pour la sélection officielle, le film de Saïd Ould Khelifa demeure le seul représentant du cinéma algérien à Cannes; il pourrait néanmoins se retrouver dans la sélection dans la Quinzaine des réalisateurs. D'autres films, associés à des auteurs algériens ou à des producteurs algériens sont pressentis également pour figurer dans la liste des sélections de Cannes. C'est le cas du film «L'Attentat» de Ziad Diouri, qui est produit par l'entreprise française de Rachid Bouchareb 3B d'après le scénario de Yasmina Khadra. Le film concourt avec le drapeau libanais, pays d'origine du réalisateur. L'auteur, Yasmina Khadra, est également en lice avec un autre film réalisé par Alexandre Arcady Ce que le jour doit à la nuit. Ce réalisateur français, connu pour ses films sur les pieds noirs Coup de Sirocco ou encore Le Grand Pardon, n'est pas apprécié sur la Croisette. Il a acquis les droits du film à travers sa société Alexandre Films pour un long métrage et un feuilleton de trois épisodes pour la télévision algérienne. Cette production franco-algérienne de 17 millions d'euros, qui a été tournée en janvier 2010 à Oran, El Malleh (ex-Rio Salado), dans la wilaya d'Aïn Témouchent, mais aussi en Tunisie, a été inscrite sous le pavillon tunisien, car les producteurs ont estimé qu'ils n'ont aucune chance de la faire passer sous le pavillon français ou même algérien. Enfin un autre film algérien risque d'atterrir à Cannes et créer la surprise: c'est le dernier né de Merzak Allaouche: Le temps de la concorde, avec presque les mêmes acteurs de son petit film Normal, Nabil Asli et Adila Bendimerad, le film qui évoque l'histoire d'un terroriste repenti de retour chez lui a été tourné en HD durant trois semaines avec une équipe réduite de 10 personnes, à El Bayadh durant la période des grands froids en Algérie. La polémique née de son film Normal, lui a beaucoup servi pour récolter quelques petits financements pour ce film. Ainsi, le CNC lui a accordé 110.000 euros, suivi du Doha Institut, qui continue de suivre le parcours du cinéaste algérien le plus controversé. Merzak Allaouche a déposé une copie de travail de son film au comité de sélection et vise la Quinzaine des réalisateurs, une étape qui lui servira à trouver d'autres fonds pour ses prochains fantasmes cinématographiques.

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