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Les télévisions prudentes dans le traitement des événements de Béjaïa

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Les événements de Béjaïa, qui ont fait trembler l'Algérie durant 48 heures, ont été traités avec prudence par les télévisions publiques et privées. Dès les premières heures des émeutes de Béjaïa, les télévisions algériennes ont dans un seul élan refusé de relayer la propagande des réseaux sociaux et alimenter encore plus la haine et la violence. Au moment où certains journaux électroniques ont commencé à diffuser les premières images des émeutes avec notamment les attaques contre le showroom de Condor, les rédactions des différentes télévisions se sont illustrées par leur pragmatisme et leur prise de conscience. Contre toute attente, la chaîne Ennahar qui avait l'habitude de diffuser en direct et en exclusivité les images les plus marquantes de l'Algérie, s'est autocensurée et n'a diffusé aucune image des événements de Béjaîa. Mieux encore, la chaîne d'Anis Rahmani a totalement zappé ce qui se passe à Béjaïa faisant un non-événement. Même attitude développée par les autres chaînes privées comme Dzair News, Dzaïr TV ou encore Echourouk News qui a tout de même fait de l'info tout en dénonçant les émeutiers et les saccages de la ville et des biens publics. A l'Entv c'était le black-out total. Au JT de minuit, on s'est contenté de diffuser la déclaration du ministre de l'Intérieur Bedoui, avertissant contre toute manipulation ou tentative de déstabilisation extérieure. Conscientes de l'urgence de la situation, les télévisions privées n'ont pas voulu prendre le risque de jeter de l'huile sur le feu, dans cette conjoncture difficile. A l'Arav on est resté aux aguets contre tout dérapage des télévisions privées, surtout que l'autorisation venait d'expirer et tout dérapage pouvait amener à des sanctions rapides avec le non-renouvellement de l'autorisation. Les chaînes privées ont joué les cartes de la paix et l'apaisement. Même le journaliste et animateur vedette de la chaîne anti-pouvoir El Magharibya TV, Ghani Mehdi, a diffusé sur les réseaux sociaux un message anti-violence dénonçant les émeutiers. Il a été suivi dans son élan par le chanteur de rap Lotfi Double Kanon qui a fustigé les émeutiers et les casseurs tout en gardant son discours très virulent contre le gouvernement. De son côté, Rachid Nekkaz, très habitué aux campagnes sur le Web, a lancé également son message anti-émeutiers et pacifique. Néanmoins, certains utilisateurs sur les réseaux sociaux ont sévèrement critiqué l'opportunisme de ces trois vedettes du Web. D'ailleurs, aucune chaîne n'a repris leurs discours, laissant leur audience dépérir sur le Web. Dans cette affaire, c'est une véritable guerre de communication entre partisans des émeutes et anti-émeute qui s'est installé sur les réseaux sociaux. Certains ont joué aux trouble-fêtes en diffusant des informations erronées et parfois tendancieuses. Au final, l'opinion a su tirer son épingle du jeu, en préférant les discours de la paix aux discours de la haine.

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