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Karim Sayad sur les traces de Merzak Allouache

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Le documentaire a de beaux jours devant lui en Algérie, contrairement à la fiction où la majorité des anciens ont déposé la caméra et la jeune génération vit sous d'autres cieux axant tout son savoir-faire sur le documentaire. Mais le plus étonnant, c'est l'amour que portent pour l'Algérie certains jeunes qui vivent à l'étranger. Le plus édifiant, c'est le jeune Karim Sayad qui, même vivant dans la ville calme de Lausaune, en Suisse, s'intéresse toujours à sa ville, Alger, et surtout à son quartier mythique Bab El Oued. Après son dernier succès Babor Casanova sur le parcours d'un jeune Algérois partagé entre le parking de son quartier au Sacré-Coeur et son club de coeur, le MCA. Le héros du doc était tellement convaincant qu'il a été recruté par Merzak Allouache pour son film Madame courage. Mais le comédien fuguera après la présentation du film au festival de Venise et se trouve aujourd'hui à Barbès. Un bon sujet de documentaire sur le parcours atypique d'un jeune et talentueux comédien qui devient harrag et vendeur de cigarettes à Barbès. Mais ce qui retient le plus notre regard de critique, c'est surtout l'aspect visuel et filmique qui occupe aujourd'hui le jeune Algéro-Suisse Karim Sayad, sur sa ville du coeur, Alger. Dans son dernier film documentaire, Des moutons et des hommes, il va plus loin dans cette introspection. Il décrypte la société algéroise oubliée sur les hauteurs de la Carrière (le plan du début est magnifique et nous rappelle un certain film: Omar Gatlato). L'enfant de Lausanne ne veut pas présenter l'image lisse d'une capitale construite par les colons, mais veut suivre à travers la passion de deux jeunes Algérois: Habib et Samir, deux personnages principaux séparés d'une vingtaine d'années, mais qui restent attachés par une passion, le mouton. L'un les vend, l'autre les utilise au combat... en cachette de son père. La scène finale des deux personnages est simplement grandiose, conclue par une musique de Jean-Sébastien Bach. Le combat de béliers est devenu une tradition qui s'est fortement ancrée dans notre société et plus particulièrement dans l'Algérois. Les béliers sont choyés comme des rois et ont des noms de guerriers et de dictateurs: Hitler, Saddam ou encore Belahmer, Vidal et Lukaku.
Ce qui est sûr, c'est que Karim Sayad (la trentaine) est bien sur les traces de Merzak Allouache (plus de 70 ans). Ce dernier avait tenté de faire de ce sport national le sujet d'un film dans Bab El Web avec Samy Nacery et Faudel. Le film n'a pas eu le succès escompté en France et n'a été pratiquement pas vu en Algérie hormis lors de l'avant-première, à la salle Ibn Zeydoun.
En tout cas, ce dernier documentaire Des moutons et des hommes reste à mon sens le meilleur de Karim Sayad et sans doute pas le dernier.

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