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Liberté de création contre financement des films par l'état

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Le cinéma algérien va connaître de gros problèmes dans les années à venir en raison des difficultés financières que connaît le pays. Pour sortir de cette crise, certains réalisateurs tentent un montage financier en souscrivant aux aides étrangères, notamment européennes et arabes pour faire leurs films. La politique cinématographique algérienne qui a été adoptée depuis quelques années n'a pas apporté grand-chose à l'Etat. A quoi sert de dépenser des milliards dans des films qui ne rapportent pas un kopeck à la caisse de l'Etat et qui n'améliorent pas l'image du pays? Aujourd'hui, de nombreux jeunes réalisateurs choisissent de suivre un parcours cinématographique international en faisant l'impasse sur les aides et les subventions de l'Etat et du ministère de la Culture. Cette stratégie qui a été appliquée par certains jeunes producteurs a été choisie pour échapper notamment à la censure et surtout garder une indépendance dans leurs scénarios. C'est le cas de la jeune équipe Thala film de Yacine Bouaziz et Faycal Hammoum, qui sont nés de l'Ansej et qui ont choisi le pari difficile de zapper le Fdatic et les différentes aides de l'Etat depuis une dizaine d'années. La jeune équipe a commencé en 2010, avec un court métrage sur les prémices du 5 octobre et sont en train de passer au long-métrage après avoir bénéficié des aides européennes et notamment de la cinéfondation à Cannes. C'est le même procédé d'aides similaires qu'ont suivi également de nombreux autres jeunes réalisateurs, à l'image de Karim Moussaoui, Hassan Ferhani pour son documentaire Fi rassi rond-point et plus récemment Sofia Djama avec son film Les Bienheureux qui vient d'atterrir à la Mostra de Venise dans une section parallèle certes, mais qui marque sa présence dans le paysage cinématographique mondial. Depuis quelques années l'Etat a injecté des milliards dans des films à manifestation, qui n'ont pas voyagé dans les festivals et surtout qui n'ont pas été vendus à des télévisions arabes ou étrangères. L'absence d'un cinéma commercial en Algérie a tué la qualité des films et les rares films qui sont produits sont soit des réflexions indépendantes de jeunes cinéastes ou de films testaments d'anciens cinéastes qui ont perdu le goût du bon cinéma. Cette politique de l'autoproduction a été adoptée également pour le court-métrage, puisque Nassim Boumaïza qui a produit ses derniers sitcoms avec des sponsors a décidé de lancer son court-métrage avec le même procédé. Aujourd'hui, Merzak Allouache, qui montait le tapis rouge des festivals de Dubai, Venise ou Cannes, a cédé sa place à la jeune génération: Karim Moussaoui, Sofia Djama et Yasmine Chouikh. Le ministère de la Culture, qui a réduit ses aides pour le cinéma, a décidé d'aider la nouvelle génération, en l'accompagnant, mais cette nouvelle génération a plus besoin de liberté de penser que d'un financement dirigé.

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