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Pourquoi la série The State est-elle critiquée par les médias français

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S'il y a une série qui fait parler d'elle cette semaine c'est bien la production britannique The State, (l'Etat), qui raconte l'histoire de djihadistes venus de Grande- Bretagne pour s'enrôler dans Daesh, en Syrie. On découvre l'histoire d'Ushna, radicalisée sur Internet ou encore Jalal, étudiant doué dont le frère est mort au combat. Diffusée depuis hier sur Canal+, les médias français ont sévèrement critiqué cette série qui humanise certains djihadistes européens. C'est le cas de Mariane, Les Inrocks ou encore Le Figaro qui s'interrogent pourquoi il faut regarder cette série, présentée comme une propagande pour l'organisation terroriste Etat islamique. Pour justifier ses critiques, la presse française présente les rapports de la presse britannique hostiles à cette série. A commencer par le tabloïd Daily Mail qui a écrit que l'organisation terroriste apparaît dans la série comme «un club supercool» autour duquel gravitent «des femmes élégantes (...), fortes» et «des hommes tous sensibles, à la voix douce et ridiculement beaux». «The State n'est pas une série réaliste. C'est un film de propagande digne de ceux réalisés par les nazis dans les années 1930», commente le Daily Mail. Ce n'est pas le cas du très sérieux The Guardian qui décrypte d'une manière très sérieuse la série indiquant que celle-ci pourrait très bien servir de «vidéo convaincante» pour précisément dissuader les jeunes de rejoindre Daesh. Une analyse partagée par The Sun qui va même jusqu'à prendre l'avis d'un ex-colonel de l'armée britannique, Richard Kemp, qui doute que le réalisateur puisse carrément «servir de recruteur pour l'Etat islamique». Il est vrai que Peter Kosminsky, le réalisateur de la série The State, qui a été reporter de guerre et réalisateur de documentaires consacrés a proposé une immersion en compagnie des recrues occidentales de l'Etat islamique. Il sait de quoi il parle, puisque c'est un spécialiste du Monde arabe, il a déjà produit et réalisé Le Serment en 2011, sur le conflit israélo-palestinien. Sur le plan audiovisuel la série, qui a été tournée au Maroc, est techniquement bien faite. C'est la première série occidentale qui pénètre intramuros dans les quartiers de l'EI. Si le réalisateur ne s'attarde pas sur les raisons qui ont poussé ces quatre citoyens de Sa Majesté à quitter l'Angleterre; pour la Syrie, il explique en revanche en images et en dialogues les causes de leurs regrets. On découvre des exactions de Daesh, en massacrant les Pechmergas, en vendant comme du bétail et en violant les filles chrétiennes. L'univers de Daesh est un univers glauque où l'on vient à minuit vous féliciter pour la mort de votre mari au djihad et vous offrir une liasse de billets comme dédommagement. Contrairement à ce que veulent faire croire certains médias, la série The State est un excellent remède audiovisuel contre le radicalisme religieux. Si le réalisateur a présenté les héros de la série (djihadistes) comme humains, il décrit en opposition la haine et la violence de leurs recruteurs.

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