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La bataille d'Alger entre Canal+ et l'Eptv

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La guerre d'Algérie n'est pas finie sur le plan audiovisuel. Et cette fois elle se situe entre la télévision française Canal+ et la télévision publique algérienne Eptv. Les deux chaînes ont produit chacune de son côté un documentaire sur les coulisses du film La bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo, réalisé quelques années après l'indépendance en 1966. La télévision française a diffusé le film, suivi du documentaire Un film dans l'histoire hier le 11 septembre à 22h00 sur Ciné+ Classic. En même temps, la télévision algérienne a produit un documentaire sur le même concept: parler des coulisses du film de Pentecorvo, mais avec la vision algérienne. Le film est programmé pour le mois de novembre prochain. Le doc, qui est réalisé par un réalisateur algérien, Salim Aggar, s'intitule Il était une fois le film la bataille d'Alger, en référence au cinéma italien. Le réalisateur s'est chargé de retrouver au bout d'une longue enquête qui a duré deux ans les comédiens et les techniciens qui ont joué dans le film il y a plus de 50 ans. La majorité d'entre eux sont morts, d'autres sont vivants, mais refusent de témoigner car ils ont tourné la page de ce film auquel ils ont participé. Plus qu'un documentaire, le film de l'Eptv est un hommage à tous ces artistes et comédiens qui ont sacralisé l'Algérie à travers ce film. Pour le réalisateur franco-algérien Malek Bensmaïl, qui se chargea de réaliser ce documentaire sur ce film historique pour le côté français, il était plus axé sur le contexte politique que sur le contexte historique du film. Faute d'effectuer une interview avec le principal concerné, Malek Bensmail révèle comment Yacef Saâdi, l'ancien chef de la Zone autonome à la casbah d'Alger, a produit le film. Ainsi il raconte qu'à l'époque, Saâdi, très populaire, avait souhaité prendre le commandement de la Gendarmerie nationale. Mais le ministre de la Défense nationale de l'époque, le colonel Houari Boumediene, il avait mis son veto. Mais, en compensation, met à la disposition du projet de son rival les moyens de l'armée. Le film de Bensmaïl s'attarde beaucoup sur le 19 juin 1965, quand Boumediene a profité de cette confusion de la présence militaire pour le tournage du film La bataille d'Alger afin de faire un coup d'Etat bien réel. La confusion va contribuer au succès du putsch. Dans ce volet, il a créé un conflit entre Boumediene et Yacef. Il révèle également comment aux Etats-Unis, les Black Panthers, en révolte contre le pouvoir blanc, s'identifient au parcours d'Ali la Pointe, en qui ils voient un frère spirituel du leader assassiné, Malcolm X. Une copie de La bataille d'Alger, découverte au domicile de militants noirs radicaux à New York, est même utilisée comme preuve à conviction lors de leur procès. Pour le procureur, les accusés préparaient des attentats inspirés, de ceux du FLN dans le film...Loin de parler du film et de son succès international, Malek Bensmaïl fidèle à son idéal négatif sur la révolution algérienne, (il avait dénigré le FLN dans son documentaire, La Chine est encore trop loin), poursuit son oeuvre de destruction de l'image révolutionnaire véhiculée par le film La bataille d'Alger.

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