Le Maghreb soumis aux magnats de l'audiovisuel français

Depuis quelque trois ans, le Maghreb a cessé de lancer des chaînes de télévision, en raison de la saturation du paysage audiovisuel maghrébin. L'Algérie possède plus d'une cinquantaine de chaînes, alors que la Tunisie regroupe plus d'une vingtaine de chaînes de télévisions privées. Seul le Maroc a renforcé son champ audiovisuel public et réduit l'ouverture à la télévision privée. En Algérie par exemple, la dernière télévision à faire son entrée dans le paysage satellitaire arabe, est la chaîne Alanis TV qui avait été lancée le 22 août 2017 sur le satellite Badr. Cette chaîne n'est pas captée par les Algériens qui sont concentré sur une vingtaine de télévisions seulement, dont une dizaine possède une audience quotidienne convenable. En Tunisie, une nouvelle chaîne de télévision généraliste sera bientôt lancée: Carthage +. Rien à voir avec Canal+. La nouvelle chaîne a achevé sa période de diffusion expérimentale, qui a commencé en août 2017, sur la 11393 verticale (symbole rate 27500-polarisation VC) du satellite Nilesat, ancienne fréquence de la chaîne Attessiâa. Selon certaines informations, le lancement officiel de la chaîne, créée par l'homme d'affaires tunisien Lassaâd Kheder, est imminent. Les locaux du média sont entièrement achevés, le matériel disponible et le personnel prêt à démarrer les activités. A titre de rappel, le lancement de Carthage + entre dans le cadre de la mise en oeuvre d'un projet global comprenant également la création, à Tunis, d'une université spécialisée en audiovisuel et d'une «Mediacity», une zone franche construite afin d'encourager l'implantation des organisations de médias, les agences de presse, les agences de publicité et autres entreprises du secteur des médias. Au Royaume du Maroc, même si les choses sont fermées sur le plan audiovisuel, on évoque avec insistance l'arrivée dans le capital de sa première chaîne, la 2M, de l'homme d'affaires franco-israélien d'origine marocaine, Patrick Drahi. Ce qui est sûr en revanche c'est le projet de lancement de BFM TV Africa qui aura comme siège Casablanca. La chaîne va se concentrer sur la politique africaine du royaume, mais également sur la publicité, véritable nerf de la guerre des médias en Afrique actuellement. Il faut dire que Drahi veut rattraper son retard sur l'autre grand magnat des médias, Bolloré et son groupe Vivendi et surtout Lagardère qui sont très présents en Afrique et notamment au Maroc. Si les trois hommes d'affaires français arrivent à s'installer au Maroc, c'est un grand danger pour la stabilité du Maghreb et notamment de l'Algérie, en raison des liens que possèdent la Tunisie et l'homme d'affaires Tarek Ben Ammar avec ces trois personnalités du show biz.