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La télévision publique menacée par la crise

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La télévision publique va-t-elle survivre à la crise financière qui touche le monde. Considérée comme une télévision budgétivore, la télévision publique bénéficie toujours d'aides et de subventions de l'Etat. Plusieurs pays en Europe et en Amérique du Nord ont décidé de réduire les dépenses et les aides aux télévisions publiques. C'est le cas notamment de la France où le nouveau gouvernement, applique la feuille de route du président Macron qui compte beaucoup sur les télévisions privées, a décidé de réduire les finances de la télévision publique.
Ces importantes économies supplémentaires sont demandées, notamment à France Télévisions, Radio France, France Médias Monde (France 24, RFI...). Ce choix est dicté par le contexte budgétaire tendu de la loi de finances 2018, qui s'inscrit dans le cadre des «contrats d'objectifs et de moyens» (COM) que lesdites chaînes ont signés en 2016 ou en 2017, avec l'Etat, pour une durée de cinq ans. Les économies du gouvernement français demandées au service audiovisuel public pour 2018 sont de l'ordre de 80 millions d'euros au total, soit autour de 50 millions d'euros pour France Télévisions, 20 millions environ pour Radio France, 5 millions pour Arte et quelques millions d'euros pour France Médias Monde. Entre 2001 et 2015, l'Etat et France Télévisions ont conclu six COM ou avenants, ce qui confère à chacun de ces documents une durée de vie moyenne de deux ans et demi, insuffisante pour déployer une stratégie et en recueillir les fruits. Depuis l'élection d'Emmanuel Macron, les dirigeants Delphine Ernotte (France Télévisions), Mathieu Gallet (Radio France), Marie-Christine Saragosse (France Médias Monde), Véronique Cayla (Arte) attendaient que l'Etat soutienne davantage les télévisions et radios publiques, ce qui n'est pas le cas. Cette situation vécue par la France est également vécue par la Grande-Bretagne. En effet la BBC, qui était confrontée à une baisse de ses revenus, avait annoncé la suppression de 1 000 emplois. En effet, le financement de la BBC est basé essentiellement sur la redevance qui, comme en France, est acquittée sur les téléviseurs, or d'après l'Ofcom, l'équivalent britannique du CSA, à peine 50% de la tranche d'âge des 16 - 24 ans regardent des programmes sur un poste de télévision. L'augmentation du visionnage sur support mobile a permis de faire baisser les recettes de la redevance, ce qui fait mécaniquement diminuer les ressources du groupe britannique. D'autre part, le montant de la redevance n'a pas été réévaluée depuis 7 ans alors que la BBC a dû faire face aux coûts de développement de ses programmes sur le Web. Pour la BBC, la redevance doit donc être modernisée, une situation similaire qui risque de toucher la télévision publique algérienne, puisque la subvention qui était habituellement accordée tous les six mois n'a pas été envoyée, ce qui a bloqué le financement de certains programmes. La récupération de la publicité par les nouvelles télévisions privées est un sérieux handicap pour les télévisions publiques. Au moment où l'on supprime la publicité pour les chaînes de télévision publiques après le JT de 20h, certaines télévisions privées, comme TF1, obtiennent le droit de diffuser de la publicité durant le journal télévisé.

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